A l'heure chinoise

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L'horlogerie voit dans l'Empire du Milieu un nouvel Eldorado.

Gold'Or - Septembre 2010 Michel Jeannot

Editorial




La Suisse se mettrait-elle aussi à l'heure chinoise? L'analyse des résultats du premier semestre publiés par les sociétés actives dans le luxe démontre qu'il faut plus que jamais compter avec la Chine. L'horlogerie ne fait pas exception et voit dans l'Empire du Milieu un nouvel Eldorado.

Entrée en 2005 seulement dans le top 10 des marchés d'exportation pour l'horlogerie suisse, la Chine s'est hissée pour la première fois au quatrième rang de ce classement au premier semestre 2010, avec 480 millions de francs, affichant au passage une progression de près de 90 pour cent par rapport à la même période de l'année précédente ! Des résultats époustouflants qui ne prennent pas même en compte les exportations vers Hong Kong, premier débouché de l'horlogerie suisse avec 1,4 milliard de francs, en hausse de 38 pour cent!
Ce qui n'était encore il y a dix ans qu'un marché à fort potentiel est en train de démontrer sa véritable puissance; et la lame de fond qu'il va engendrer pourrait emporter quelques habitudes et certitudes au pays de la mesure du temps. C'est désormais une chose entendue, la République populaire de Chine est le premier marché mondial pour l'horlogerie. Et il ne se passe pas une semaine sans qu'une marque horlogère n'annonce l'ouverture d'une nouvelle boutique à Pékin, à Shanghai ou ailleurs. Or le formidable intérêt de la clientèle chinoise aisée pour les produits horlogers haut de gamme a également – ou surtout ? - des répercussions ailleurs dans le monde, et en particulier en Suisse.

Au-delà d'une clientèle indigène bourgeoise, le marché helvétique s'est très tôt développé avec l'arrivée des premiers touristes fortunés en Suisse. A l'oisiveté ils ajoutaient l'agrément, avec la certitude de ramener dans leurs bagages un pur produit local, estampillé Swiss Made. Ce qui était vrai il y a un siècle pour le tourisme et l'hôtellerie, avec la clientèle anglaise notamment, pourrait se reproduire demain pour l'horlogerie avec la clientèle chinoise. Avec un mot d'ordre qui n'a pas changé: le marché doit s'adapter.  

Les taxes importantes qui font grimper les prix des produits de luxe en Chine continentale ne semblent guère perturber les marques de prestige qui ont pour objectif de faire croître leur notoriété dans l'Empire du Milieu pour que les voyageurs chinois achètent ailleurs les produits dont ils rêvent chez eux. Or quel lieu plus légitime que la Suisse pour acquérir une montre de prestige?  

L'emprise de la Chine ne se borne donc pas à la puissance de son marché intérieur, mais à la manière dont il déteint sur l'extérieur. De fait, si les Chinois sont devenus des acheteurs importants de l'horlogerie en Suisse, ce sont leurs préférences qui dessinent aujourd'hui le paysage de la réussite sur le marché helvétique. Ainsi, une marque forte en Chine le deviendra naturellement aussi en Europe. Par la demande des clients chinois.

BIPH

 

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