Concert inestimable à l'Hôtel d'Angleterre

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Montegrappa et Les Ambassadeurs se sont unis pour que se rencontrent trois personnes d'exception: le violoniste Pierre Amoyal, son stradivarius et le stylo «Tributo ad Antonio Stradivari».

Montegrappa et Les Ambassadeurs se sont unis pour que se rencontrent trois personnes d'exception: le violoniste Pierre Amoyal, son stradivarius et le stylo «Tributo ad Antonio Stradivari».

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Pierre Amoyal entouré de Patrick Frischknecht et Alexis Meyer des Ambassadeurs, et de Roberta Braccio, Roderich Hess et Marc Chioléro de Montegrappa

«J'ai cru me vider de mon sang». Ces mots ne sont pas ceux d'un blessé par balle, mais d'un homme à qui l'on vient de kidnapper l'âme soeur. Son stradivarius. Nous sommes le 15 avril 1987, à Saluces en Italie. Piégé à la sortie d'un hôtel, victime d'un hold-up, Pierre Amoyal, l'un des solistes les plus talentueux de notre époque, ne peut que voir s'éloigner le voleur, emportant au volant de sa propre Porsche son bien le plus précieux. C'est qu'un stradivarius, ce n'est pas seulement un violon valant plusieurs millions de francs et dont les plus beaux (une quinzaine) ne se vendent que de gré à gré, entre collectionneurs. C'est une personne, un coeur qui bat sous un habit de bois. «C'est un objet d'art qui chante, vit, partage ma vie, mes moments de solitude à l'hôtel, le stress d'avant concert, mes joies, mes peines», confie Pierre Amoyal. Et à l'entendre, plus que d'un ami fidèle, on a l'impression qu'il nous parle de son épouse. Une femme jalouse des autres, qu'il chérit d'un amour infini. «Cela fait trente ans que nous sommes ensemble. Je connais tous les stradivarius, mais je n'imagine pas en avoir un autre.»
Un tel chef-d'oeuvre capable d'engendrer de telles passions, ne pouvait qu'interpeller la prestigieuse maison Montegrappa, laquelle lui dédie le stylo «Tributo ad Antonio Stradivari». Il appartient à la série limitée «Genio Creativo» créée pour rendre hommage à un génie ayant changé notre style de vie.

Un stylo comme un hommage

Un instrument d'écriture dont les lignes sensuelles rappellent celles du stradivarius et dont la précieuse résine reproduit la couleur et les veines de l'essence d'épicéa qu'Antonio Stradivari utilisait; «uniquement celle où chantent les rossignols», aimait à dire le maestro Niccolò Paganini. Doté d'une plume en or gravée d'un violon et des initiales A. S., la signature du génial luthier, et d'une agrafe inspirée des quatre cordes de l'instrument, il affirme son caractère unique par la topaze «solitaire» venant couronner le bouchon. Quant au violon de Pierre Amoyal, l'histoire se termine bien. Il est revenu à son propriétaire après cinq ans d'absence et une aventure digne des polars les plus poignants. Et il chante toujours aussi bien. Comme a pu le constater la cinquantaine de privilégiés invités par Montegrappa et Les Ambassadeurs au concert qui s'est tenu le 6 mai à l'Hôtel d'Angleterre à Genève.

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Professeur au Conservatoire de Lausanne, Pierre Amoyal est l'un des plus grands solistes de notre époque

 

Il faut dire que son complice est lui-même un génie qui, déjà à l'âge de 4 ans, savait qu'il serait violoniste et à 12 ans, reçut le premier prix de violon du Conservatoire de Paris. Aujourd'hui professeur à celui de Lausanne, il n'a pas son pareil pour transmettre la passion de sa vie.

Sylvie Guerreiro

A lire:
Pierre Amoyal – Pour l'amour d'un stradivarius
aux éditions Robert Laffont.
Stylo disponible
chez Les Ambassadeurs,
39, rue du Rhône à Genève.
Tél. +41 22 318 62 22.
www.lesambassadeurs.ch

Tribune des Arts - No362 - Juin 2008