#WorldWatchDay : nos lieux coups de cœur pour célébrer le temps

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World Watch Day logo © World Watch Day
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À l’occasion du World Watch Day, notre équipe vous emmène à travers Genève pour découvrir les lieux qui, à nos yeux, incarnent le mieux l’esprit du temps et l’excellence horlogère. Musées, monuments, cadrans solaires et symboles culturels : chacun de ces endroits raconte à sa façon le lien profond qui unit la ville à la mesure du temps. Une promenade sensible et passionnée au rythme des aiguilles genevoises.

Hortense de Witt – Le musée Patek Philippe

Véritable écrin du savoir-faire horloger genevois, le musée Patek Philippe célèbre près de cinq siècles d’histoire du temps. Derrière ses vitrines, automates poétiques, montres de poche et chefs-d’œuvre émaillés retracent la naissance d’un art devenu symbole d’excellence. On y découvre la minutie des artisans, l’ingéniosité des mécanismes et la beauté d’une tradition que Genève a su préserver. Loin d’un simple musée, c’est un lieu de transmission : un hommage vibrant à la main, à la précision et à l’émotion que renferme chaque tic-tac. On se laisse volontiers happer par la magie du lieu. Le cliquetis délicat d’un oiseau automate, le scintillement d’un cadran peint à la main : tout y respire la vie. C’est une mémoire vivante, un souffle d’histoire qui palpite à chaque étage. Deux heures s’écoulent sans qu’on s’en aperçoive, enchanté par ce dialogue silencieux entre art, technique et poésie du temps.

Le musée Patek Philippe ©WorldTempus

Marie de Pimodan – Le Bâtiment des Forces Motrices

Dans un mois, presque jour pour jour, c’est entre les murs du Bâtiment des Forces Motrices qui se dresse dans mon dos que se tiendra la 25e cérémonie du Grand Prix d’Horlogerie de Genève. Mais ce n’est évidemment pas la seule raison pour laquelle j’ai choisi de lever les bras au ciel, à 10 h 10, devant ce lieu incontournable de la scène culturelle genevoise, construit dans le lit du Rhône entre 1883 et 1892 par l’ingénieur et politicien Théodore Turrettini. À l’époque, le bâtiment alimentait les fontaines, les maisons et les usines de Genève grâce à l’eau du Rhône. Et c’est justement grâce au courant de notre si beau fleuve, une fois pressurisé, que quelques milliers de cabinotiers, ces horlogers qui travaillaient dans des cabinets sur les rives du Rhône au XVIIIe siècle, trouvaient l’énergie nécessaire à la mécanisation d’opérations dans la fabrication des mouvements et des boîtes de montres. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, mais le temps n’a pas effacé leur souvenir.

Le Bâtiment des Forces Motrices © Worldtempus

Marine Kieffer – Horloge Fleurie

J’ai choisi l’Horloge Fleurie de Genève parce qu’elle est pour moi un symbole iconique qui rend hommage à l'industrie horlogère de la ville. Son cadran massif, l'un des plus grands au monde, incarne la précision et le savoir-faire mécanique qui ont établi la réputation de Genève depuis le XVIe siècle. Le choix des fleurs et leur changement au fil des mois symbolisent le temps cyclique et naturel des saisons. En opposition, le mécanisme sous-jacent représente le temps mesuré et industriel, dompté par l'ingéniosité humaine. L'Horloge incarne ainsi la fusion parfaite entre l'art, la nature et la maîtrise technique du temps, pilier de l'identité genevoise et témoignage vivant de son héritage horloger.

Horloge Fleurie © Worldtempus

Mathilde Teyssaire – Cadran solaire

À l’occasion de la Journée mondiale de l’horlogerie, j’ai choisi de mettre en lumière le cadran solaire de Genève, situé près du lac, quai du Général-Guisan. Ce lieu, discret, rappelle les origines mêmes de la mesure du temps, bien avant l’essor de l’horlogerie mécanique. Sa présence dans la ville incarne le lien entre la tradition ancestrale du temps solaire et l’excellence horlogère pour laquelle Genève est reconnue dans le monde entier. J’apprécie particulièrement ce cadran car il est à la fois esthétique, pédagogique et entouré de sites emblématiques de la ville. Ce site contribue à nourrir l’identité horlogère et culturelle de Genève.

Cadran solaire © Amaury Thomas

Pauline Estival – Le carillon de Malbuisson

S’il existe un élément qui illustre à merveille le lien historique entre l’horlogerie et la ville de Genève, c’est bien le carillon de Malbuisson. Créé en 1962 par l’horloger Édouard Wirth, il est installé au cœur du passage éponyme. Véritable chef-d’œuvre mécanique, il combine heures, minutes, calendrier à triple quantième, phases de lune, carillon et cortège animé. Chaque heure, ses automates rejouent l’affrontement de l’Escalade de 1602, quand les Genevois repoussèrent l’armée du duc de Savoie, tandis que 16 cloches font résonner une mélodie traditionnelle. Un symbole parfait du temps, de la mémoire et du savoir-faire genevois.

Le carillon de Malbuisson © Worldtempus

Yannick Nardin – Le mur des Réformateurs

Se promener sous l’œil des géants… Au parc des Bastions, Calvin, Farel, Knox et Bèze veillent, monumentaux. Pour moi, le mur des Réformateurs symbolise à merveille l’influence du protestantisme sur l’essor de l’horlogerie. En effet, dès le XVIe siècle, Genève accueille des réfugiés protestants ; conjugué aux restrictions somptuaires – les bijoux auraient alors cédé la place aux montres, plus utiles – cet afflux contribue à l’essor d’une horlogerie locale qui se structure en 1601. Un second apport majeur d’horlogers venus de France suit la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685. Et l’horlogerie n’a plus quitté Genève !

Le mur des Réformateurs © Worldtempus

Brice Lechevalier – Hôtel Cornavin

La plus grande pendule du monde ? Imaginez une horloge de 30 m de long, avec un balancier de 26 m (pour 350 kg), dont la lentille à l’extrémité oscille dans le lobby de l’hôtel en face des ascenseurs. L’artiste et ingénieur en mécanique genevois Jean Kazès l’a conçue sur mesure pour être installée dans l’ancienne cage d’escalier de l’hôtel Cornavin. Il faut se rendre au 9e étage pour y admirer le mécanisme, habillé de cercles d’acier, son échappement et ses deux poids (de 20 et 40 kg). Un jalon de plus dans l’ADN horloger de Genève !

Hôtel Cornavin © Worldtempus

Mathieu Rotzer – Jet d’eau

Le Jet d’eau de Genève, aujourd’hui symbole emblématique de la ville, trouve en réalité ses origines dans l’industrie horlogère. À la fin du XIXe siècle, il servait de soupape de sécurité pour une station hydraulique alimentant en énergie les ateliers artisanaux, notamment ceux des horlogers genevois. Ce lien discret mais réel entre la précision mécanique et la force maîtrisée de l’eau donne au Jet d’eau une signification particulière. J’ai choisi cet endroit pour sa beauté saisissante, où la nature, la technique et l’histoire se rencontrent dans un équilibre aussi élégant qu’une montre suisse.

Jet d’eau © Amaury Thomas