Quand la mécanique des fluides rencontre la science du vent et les prouesses sportives de l’équipage suisse Alinghi, tous les ingrédients sont réunis pour développer un partenariat explosif. Le mariage de ces deux univers high-tech, leaders dans leur domaine respectif, s’est concrétisé il y a maintenant un peu plus d’une année. Mais plus qu’un mariage de raison, cette histoire est née d’une belle rencontre. Et pour HYT, marque horlogère indépendante, ce partenariat signifiait également le début d’une belle aventure : le sponsoring sportif.
Créé en 2000 par l’homme d’affaires suisse et grand passionné de voile Ernesto Bertarelli, Alinghi est devenu célèbre dans le monde entier après avoir remporté la Coupe de l’America à deux reprises, en 2003 et 2007. L’équipage suisse compte également à son palmarès plusieurs D35 Trophy (2007, 2008, 2009, 2013 et 2014) en Décision 35, de nombreux Bols d’Or (1997, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2011) et deux saisons d’Extreme Sailing Series (2008 et 2014). C’est dans le cadre de cette compétition internationale que je me suis rendue à Cardiff en compagnie de HYT pour quatre jours de courses intensives.
Les Extreme Sailing Series rassemblent certaines des meilleures équipes du monde lors de huit événements répartis sur dix mois et sur trois continents. Pour la saison 2016, la dixième de ce circuit, les équipages évoluent non plus sur de « vieux » Extreme 40, mais sur des GC32, des catamarans à foils en carbone de 10 mètres pouvant atteindre des vitesses impressionnantes et capables de décoller dès 8 nœuds de vent. Les Extreme, en plus d’être un événement de voile incontournable, est également un show de grande ampleur. En effet, son succès tient au fait que les courses sont visibles depuis les quais, permettant à tout un chacun d’assister au spectacle. Depuis cinq ans que Cardiff accueille les Extreme Sailing Series, jamais le vent n’y a fait défaut, et cette édition 2016 n’a pas fait exception, avec des rafales allant parfois jusqu’à 20 nœuds sur le parcours. Le challenge a été de taille pour les équipages qui ont du apprivoiser leurs puissants GC32. La difficulté première de cette étape galloise est la taille du parcours, relativement petit pour sept bateaux engagés sur la ligne de départ. Autre difficulté, les buildings entourant la baie de Cardiff, à l’origine de bourrasques de vent bombardant les bateaux sur le plan d’eau de manière imprévisible et obligeant les équipages à être constamment sur leurs gardes et prêts à manœuvrer rapidement.

J’ai eu la chance de monter à bord du GC32 Alinghi le temps d’une course, goûtant ainsi à l’intensité des Extreme Sailing Series. Sur le GC32, cinq membres de l’équipe Alinghi : à la barre, Arnaud Psarofaghis, Nicolas Charbonnier, tacticien et régleur de grand-voile, Nils Frei chargé de régler la voile d’avant, Yves Detrey numéro 1, et enfin Timothé Lapauw qui tenait le rôle de flottant. Le bruit très impressionnant généré par la friction des foils dans l’eau et la sensation de voler une fois le bateau perché sur ses foils sont deux souvenirs marquants que je garde de cette expérience unique en son genre.
Actuellement deuxième au classement général de Extreme Sailing Series, Alinghi n’est qu’à trois points du leader Oman Air. L’Act 4 du circuit se déroulera du 28 au 31 juillet à Hambourg.
En l’honneur du team mené par Ernesto Bertarelli, HYT a imaginé deux modèles, la H4 Alinghi, dévoilée lors de l’annonce du partenariat en 2015, et la récente H2 Alinghi, qui nous accompagnait lors de ce voyage à Cardiff. Développé en collaboration avec l’équipage suisse et l’équipe Audemars Piguet Renaud & Papi, ce garde-temps est le tout premier de la ligne H2 à bénéficier du fluide noir présenté en début d’année. Et pour la première fois de son histoire, la marque horlogère a construit une boite en titane brut. Nouveautés encore: le calibre manuel de la H2 a été harmonisé en conséquence et est exécuté en bi-tons noir et gris ; les ponts sont en titane DLC noir et les platines sont rhodiées. L'aiguille centrale des minutes, également nouvelle, est inspirée des aiguilles maritimes. Pistons en forme de V, indicateur de position de couronne à trois positions (« H » pour heure, « N » pour neutre et « R » pour remontage), aiguille témoin de température à 9h, minute sautante, la H2 Alinghi dispose, en outre, des codes techniques emblématiques à l’origine du succès de la collection H2.

Par ailleurs, HYT et Preciflex - société sœur de HYT située à Neuchâtel et qui produit les capillaires et fluides utilisés dans les montres de la marque - ont récemment levé la somme record de CHF 23 millions. Cette levée de fonds permettra à HYT de régater sur de nouveaux marchés, avec notamment la création d’une filiale américaine dès septembre prochain. En outre, Preciflex planche actuellement sur le développement d'un projet lié à une une technologie sœur de celle utilisée par HYT visant à créer un nouveau mouvement, plus petit et plus fin qui permettrait de développer une montre d’un plus petit diamètre et plus abordable (entre CHF 25’000 et CHF 30’000). Ce projet ne sera en rien similaire à la technologie fluidique que l’on retrouve dans les montres HYT et pourra également être appliquée sur montres joaillières. Enfin, Preciflex utilisera ces fonds pour étudier les différentes possibilités d’utilisation de la technologie fluidique dans les domaines médical, automobile et cosmétique.