Carl F. Bucherer dribble entre football et cinéma

Carl F. Bucherer dribbles nimbly between football and cinema - Euro 2016
A la veille du premier match de la Suisse dans l’Euro 2016, le CEO de Carl F. Bucherer, Sascha Moeri, revient sur le partenariat qui lie la marque à l'ASF, et parle aussi cinéma.

Le 25 mai dernier, Carl F. Bucherer annonçait la signature d'un partenariat avec l’Association Suisse de Football (ASF), au cours d'une journée presse à Lugano, où l'équipe suisse de football était en camp d'entraînement. L'occasion de poser quelques questions à Sascha Moeri, CEO de la marque horlogère (photo ci-dessus: Stephan Lichtsteiner, captaine de l'équipe suisse, et Sascha Moeri).

Comment est née la relation entre Carl F. Bucherer et l’équipe suisse de football ?
Tout a commencé par une relation privilégiée avec Diego Benaglio, l’ancien gardien de but de l’équipe suisse de football, qui a aussi été ambassadeur Carl F. Bucherer. Il a toujours soutenu la marque et il m’a mis en relation avec l’Association Suisse de Football (ASF). Avec elle, nous avons fait une montre, il y a deux ans, pour le Mondial au Brésil. Depuis lors, nous avons eu d’autres discussions et nous avons remarqué que nous avions beaucoup de points communs : nous travaillons à l’international, pour nous comme pour elle, les juniors - c'est-à-dire les apprentis ainsi que la formation - sont très importants aussi et en plus, nous sommes une entreprise familiale. Notre relation avec l’Association est légitime car nous avons les mêmes valeurs.

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Carl F. Bucherer est désormais chronométreur officiel de l’équipe suisse.
Oui, ce partenariat sera effectif dès le 1er juillet 2016 et pour une durée de quatre ans. Nous voulions faire quelque chose qui n’existait pas encore. Il y a des marques actives dans le football, mais, pour nous, il était clair que si nous nous engagions c’était pour être chronométreur officiel de l’équipe de Suisse. C’est ce qui était primordial à nos yeux.

Au niveau commercial, attendez-vous des retombées de ce partenariat ?
Evidemment, au niveau de la notoriété de la marque en Suisse c’est un avantage parce que tout le monde connaît le foot et le bénéfice se fera connaître à long terme. Mais il y a aussi autre chose : nous voulions également avoir des footballeuses ; c’était important pour nous parce que nous venons de lancer de nouvelles collections féminines. L’année prochaine, nous allons donc beaucoup nous engager avec les équipes féminines de foot et nous y mettons beaucoup d’espoir.

La montre officielle de l’équipe suisse de football est une Patravi ScubaTec. Que représentent les montres sportives dans les collections de la marque ?
C’est un pilier fondamental, mais cela dépend vraiment aussi des marchés. Les montres classiques comme les Manero et Adamavi, par exemple, marchent très bien en Asie et en Europe. Par contre, les montres très masculines et sportives ont plus de succès aux Etats-Unis et en Russie, et en Europe, à part égale avec les montres classiques.

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Et les montres féminines ?
Il y a six ans, quand j’ai repris la marque, Carl F. Bucherer vendait 6000 montres par année. En 2016, nous allons atteindre les 30'000 pièces, donc 5 fois plus que les années dernières. Il y a six ans, nous avions 80% de modèles pour hommes et 20% pour femmes. Avec l’augmentation des montres féminines, nous sommes aujourd’hui à 60-40 et mon but est d’arriver à 50-50. Avec son patrimoine historique, il est naturel et logique que Carl F. Bucherer fasse des montres féminines, et nous avons toutes les compétences en interne pour cela, y compris des gemmologues.

Parlez-nous de ce film avec Charlize Theron dans lequel apparaît une montre Carl F. Bucherer.
Il y avait déjà eu Fast and Furious, où l’on voyait une montre Carl F. Bucherer, et nous avons deux films qui vont sortir d’ici la fin de l’année. L’un avec Keanu Reeves, qui s’appelle John Wick 2 et The Coldest City, avec Charlize Theron. Elle porte la montre dans le film, c’est une chose, mais ce qui est beaucoup plus important, c’est que cette montre joue un rôle actif dans le film ; le film se passe à Berlin, dans la partie de l’ancienne Allemagne de l’Est, et comme dans tous les films d’espionnage, il y a des secrets. Ici le secret est caché au cœur du garde-temps. Et pendant tout le film, celui-ci a donc un rôle substantiel. A un moment donné, il faut ouvrir la montre pour récupérer le secret et son mouvement apparaît en gros plan, c’est magnifique ! C’est aussi important, pour le marché allemand, par exemple, car l’horloger à qui Charlize Theron apporte la montre pour l’ouvrir est l’acteur allemand Til Schweiger, qui est bien connu.

Trois mois après la fermeture de Baselworld, quel bilan en tirez-vous ?
Je suis très content parce que c’était une foire difficile. Avec moins de clients, moins d’Asiatiques et de Russes, et avec les actes terroristes, les élections aux Etats-Unis, le déclin de la bourse chinoise et les mesures anticorruption, le climat et l’environnement étaient difficiles mais nous avons très bien travaillé. Je pense que nous sommes vraiment dans une période où un tri va se faire entre les marques qui font bien leur travail et les autres, qui ont beaucoup de problèmes. Si vous êtes une marque comme Carl F. Bucherer, qui est encore en train de se développer, c’est plus facile peut-être que pour une marque qui a déjà atteint un très haut niveau depuis longtemps ou que pour une marque qui n’a pas de racines. Nous avons notre propre manufacture et nous allons ouvrir le 16 juin une nouvelle usine à Lengnau qui regroupera tout  - production des mouvements, assemblage, SAV – et nous avons aussi notre propre réseau de distribution et un vrai patrimoine. C’est vraiment Carl F. Bucherer qui a fondé l’entreprise en 1888, ce sont ses deux fils qui ont repris le business, et c’est leur petit-fils qui est le patron aujourd‘hui. C’est une entreprise authentique, qui a toujours fait de l’horlogerie, et je pense que nous avons tous les atouts pour être sur la bonne voie.
 

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