L’apothéose du 250e anniversaire

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© Breguet
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Deux répétition minutes et une nouvelle collection transversale de pointe viennent conclure les célébrations commémoratives, symboliquement fêtées par un grand diner de gala à Versailles.

2025 restera dans les annales de Breguet, non seulement comme l’année de son 250e anniversaire, mais également comme celle de son grand retour sur la scène de la haute horlogerie, sous la houlette de son nouveau CEO Gregory Kissling. Les membres de l’Académie du Grand Prix d’Horlogerie de Genève ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, ils lui ont remis la plus haute récompense du GPHG le mois passé, l’Aiguille d’Or, un an après sa prise de fonction tambour battant. La pièce récompensée était la Classique Souscription, le premier lancement de cette année anniversaire. Neuf au total étaient annoncées, dévoilées en autant d’étapes autour du monde et revisitant avec brio les différentes lignes de la Maison. Jusqu’au bouquet final du 1er décembre à Paris, ville d’accueil du célèbre Horloger de la Marine Royale où il avait ouvert son atelier au Quai de l’Horloge, adresse mythique éternellement associée à son nom. 

Expérimentale 1 © Breguet

Valse en trois temps

L’événement s’est déroulé en trois temps : à la boutique Breguet place Vendôme pour y dévoiler lors d’un cocktail deux nouvelles répétitions minutes de toute beauté (une série limitée de 25 montres bracelets de 39mm et une montre de proche alliant grandes complications et métiers d’art), en second lieu au Musée de la Marine afin de révéler et d’expliquer le concept de la nouvelle collection « Expérimentale », et enfin au palais du Grand Trianon (domaine du Château de Versailles) pour une visite éclairée faisant le lien entre Breguet et Marie-Antoinette, et un diner de gala réunissant une sélection de journalistes internationaux et des clients Breguet du monde entier. Un tel événement n’avait plus été organisé par la marque depuis une quinzaine d’années. Tout se tenait parfaitement, tous les participants ont salué avec une réelle satisfaction le dynamisme retrouvé de la marque mythique. Ce point d’orgue revêt une dimension particulière dans la mesure où la nouvelle collection Expérimentale affiche des ambitions à la hauteur du patrimoine de Breguet et de la passion de Gregory Kissling pour le produit. Ceci à la grande joie d’Emmanuel Breguet, descendant de la 7e génération et directeur du patrimoine de la marque, sur un petit nuage lors de l’événement.

Le Grand Trianon @Brice Lechevalier

« La science au sens large liée au design » 

La ligne Expérimentale représente bien plus qu’une nouvelle collection dans le portefeuille de Breguet : elle incarne son renouveau mais surtout l’esprit de son fondateur, profondément ancré dans la recherche et le développement. Pour Gregory Kissling, il s’agit de rendre hommage aux inventions du fondateur, à son esprit d’entreprise et à son talent pour l’innovation, tout en utilisant les techniques et le savoir d’aujourd’hui. Le nom Expérimentale est directement associé à sa démarche R&D, Abraham-Louis Breguet appelait ses prototypes des « pièces d’essai », on en retrouve certaines vendues aux enchères sous le nom d’« Expérimentale Tourbillon » par exemple. La matérialisation de cette nouvelle ligne prend les traits d’une Marine, mais elle pourra se décliner de manière transversale dans les familles Classique, Tradition, Type XX etc. « L ’objectif consiste d’ailleurs à la faire vivre chaque année, et les projets sont légion, tant les archives et les tiroirs de la marque regorgent de trésors » s’enthousiasme le dirigeant. En effet, il base sa stratégie produit sur une triple approche : recherche fondamentale, mouvements et collections.

Expérimentale 1 © Breguet

Au-delà du concept, le garde-temps inaugural de cette nouvelle ligne impose le respect, aussi bien esthétique que technique, posant même un nouveau jalon dans l’histoire de l’horlogerie tant la pièce souligne le rôle de pionnier de la marque (en retrait depuis trop longtemps). Pour Gregory Kissling, « le programme Expérimentale vise à mettre dorénavant en lumière cette R&D qui éclaire l’horlogerie de ses travaux sur les matériaux, l’électromagnétisme, la mécanique vibratoire ou l’acoustique. La science au sens large liée au design. » Il a découvert à sa prise de fonction un projet d’échappement magnétique sur lequel les équipes travaillaient depuis près de dix ans, et leur a demandé de mettre la priorité dessus : l’échappement magnétique, une percée technologique. L’Expérimentale 1 est ainsi équipée du tout premier tourbillon à échappement magnétique à haute fréquence (10 Hz), se distinguant par ailleurs par sa force constante transmise au balancier. 

Cette série limitée de 75 pièces en or Breguet réunit deux inventions brevetées de son fondateur, le tourbillon et la force constante, poussant plus loin les travaux fondamentaux et en y intégrant cette nouvelle innovation majeure de l’échappement magnétique. Cette solution trilogique répond à la quête de précision en améliorant ses trois variables : la constance de l’amplitude du balancier, l’influence de la gravité terrestre et la résistance aux chocs. 

Expérimentale 1 © Breguet

Brio et tempo

Ce système comprend deux roues d’échappement dotées chacune d’une piste magnétique, au centre desquelles bat une ancre avec palettes magnétiques également. Selon les ingénieurs de la marque, « ce nouvel échappement permet de découpler les impulsions transmises au balancier, la rotation de la roue d’échappement et donc du reste du rouage. L’inertie de la cage de tourbillon n’a presque plus aucune influence, contrairement à un mouvement à ancre suisse. » Ainsi, le tourbillon à échappement magnétique 10 Hz s’avère beaucoup plus stable et précis que la plupart des montres-bracelets contemporaines, traditionnellement cadencées à 2,5 Hz. L’Expérimentale 1 porte d’ailleurs le poinçon Breguet (qui comporte des critères esthétiques, éthiques et techniques), catégorie “Scientifique” : avec une précision de marche garantie sur 24 heures de +/- 1 seconde.

Expérimentale 1 © Breguet

La cohérence et la pertinence de ce lancement exceptionnel se vérifient en outre dans son design. Si la nouvelle ligne Expérimentale permet de se libérer de certains carcans historiques en termes de codes, elle respecte l’héritage de Breguet. A commencer par son affichage de type régulateur en clin d’œil à la référence 1747, créée en 1997 pour le 250e anniversaire de la naissance du fondateur (heures à 6 heures, minutes décentrées, secondes sur le tourbillon à midi). Mais aussi par son appartenance à la ligne Marine, plus particulièrement inspirée du premier chronomètre de marine connu de Breguet, le N°104, et finalement par la montre de poche N°3448 dont elle reprend les doubles barillets, cette fois à quatre ressorts pour en optimiser l’énergie. Le tout dans une exécution très contemporaine, encore plus stylisée de nuit grâce au Superluminova tout en rondeur cerclant le cadran, bénéficiant de finitions manuelles de haute horlogerie.

Comment concevoir 2026 après une année tellement exceptionnelle ? Il semble que trois temps forts se profilent, dont une nouvelle Expérimentale en fin d’année.

Expérimentale 1 © Breguet
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