De Genève à la vallée de Joux, seize passionnés ont partagé une immersion exceptionnelle dans les ateliers, les histoires et les rencontres qui font vivre l’horlogerie. Ils venaient des États-Unis, de Suède, d'Angleterre, de Singapour, de France et de Suisse. De 25 à 75 ans, entre frères, entre amis, en duo grand-père et petit-fils ou en solo, seize lecteurs ont partagé cette expérience sans équivalent organisée par GMT. Certains revenaient pour la deuxième ou troisième fois, car l'itinéraire change à chaque édition, dans le but de dévoiler toute la diversité du paysage horloger. Au fil des visites, la curiosité et les conversations ont soudé le groupe de lecteurs aux parcours très différents. Leur point commun ? Le plaisir de comprendre comment naissent les montres, de rencontrer ceux qui les fabriquent et de vivre ensemble des moments rares. Au départ des hôtels 4 étoiles Fraser Suites Geneva et Beaulac à Neuchâtel, leurs journées prévoyaient des visites de manufactures radicalement différentes tous les matins et après-midi, des lunchs en compagnie des horlogers, et des soirées également propices aux échanges avec les représentants des marques, autour d’une bonne table. Toutes les expériences comprenaient de délicieuses séances de « touch & feel », avec des plateaux de montres à admirer sous tous les angles et à passer au poignet sans modération.
Roger Dubuis : la main et la machine
À Meyrin, le CEO David Chaumet a donné le ton : avec 2 000 montres par an et 200 collaborateurs, la manufacture conjugue audace créative et exigences du Poinçon de Genève. Dans les ateliers, machines capables de travailler à quelques microns et outillage traditionnel dialoguent avec le geste humain. Anglage, poli miroir et cages de tourbillon révèlent la patience d'artisans chevronnés, tout autant que les les Chevaliers de la Table Ronde, dont les figurines de 6 mm nécessitent trois à cinq jours de sculpture. Au dernier étage, le très confidentiel Q Lab a permis de comprendre jusqu’où pouvaient aller les créations de pièces uniques, qui représentent désormais 20% du chiffre d’affaires de Roger Dubuis. Un déjeuner dans les salons VIP avec les représentants de Roger Dubuis a prolongé cet accueil remarquable.
Laurent Ferrier : l’art de transmettre
À Plan-les-Ouates, changement d'échelle: quelque 35 collaborateurs (dont 25 en production) pour moins de 200 montres par an dans les locaux flambant neufs. La jeunesse de l'équipe horlogère, autour de 30 ans en moyenne, contraste avec la tradition des finitions à la main. Guidés notamment par Valentine Matray, fille de l’un des cofondateurs de la marque, les participants ont découvert la fabrication des mouvements et les ateliers de décoration. Surtout, chacun a pu s'essayer au perlage et repartir avec sa petite rondelle d'acier décorée, parfois portée aussitôt en pendentif. Une façon concrète de mesurer la difficulté d'un geste en apparence simple.
HYT : les confidences du fondateur
À Neuchâtel, après l'installation à l'hôtel Beaulac, le dîner avec Lucien Vouillamoz a ouvert les coulisses d'HYT. Le fondateur de la technologie d'affichage fluidique est revenu sur sa genèse, les longues années de développement, les succès, les revers et le repositionnement de la marque qu’il est en train d’opérer en reprenant la direction. L'intérêt tenait autant à cette invention atypique qu'à la franchise d'un entrepreneur audacieux partageant avec les lecteurs ses réflexions stratégiques et ses émotions dans cette nouvelle aventure.
Panerai : l’innovation mise à l’épreuve
A Neuchâtel, la manufacture Panerai a impressionné par l'ampleur de sa recherche et de ses contrôles qualité sur un design iconique. Inaugurée en 2014 après une première unité de production en 2002, elle compte aujourd’hui 270 collaborateurs. Du Radiomir historique aux complications contemporaines en passant par la couronne bloquée, les équipes ont montré comment la marque réinterprète les fonctions horlogères selon ses propres codes. Des échantillons d’inventions sont affichées au Laboratorio di Idee, mais la qualité a son propre parcours. Les prototypes subissent vieillissement accéléré, chocs thermiques, brouillard salin et tests d'étanchéité. Sept ans de développement pour un calibre à 31 jours de réserve de marche, dix pour un quantième perpétuel sans correcteur : la patience fait partie du métier, et huit maîtres horlogers travaillent sur les grandes complications. Au salon VIP, le déjeuner face au lac et aux Alpes a achevé de convaincre les participants, dont certains ont pris rendez-vous dès le lendemain dans la boutique genevoise.
Mauron Musy : la proximité comme signature
De l’autre côté du lac de Neuchâtel, dans des anciens ateliers réaménagés, Mauron Musy cultive une autre échelle : une dizaine de collaborateurs, deux horlogers et quelque 150 pièces par an. La marque défend un système d'étanchéité mécanique sans joint breveté et un réseau de fournisseurs à moins de 60 kilomètres. Mais le plus frappant reste le rapport direct aux collectionneurs : ceux-ci viennent discuter de leurs montres avec les artisans et, parfois, partager leur déjeuner. L'équipe a d'ailleurs rejoint le groupe de lecteurs le soir au Beaulac, pour prolonger les échanges. Une convivialité sans cérémonie, à l'image de cette petite manufacture en plein essor.
Longines : l’histoire et le renouveau
À Saint-Imier, c’est le directeur international Yannick Yeni qui a acceuilli les participants, évoquant tout sourire la bonne dynamique de Longines en 2026. Selon lui, elle est portée par son positionnement dans le luxe accessible et par le travail mené sur les produits, les boutiques et l'image. HydroConquest, Master Collection, Legend Diver et Spirit témoignent de ce renouvellement. Puis le musée a rappelé l'autre force de la maison fondée en 1832 : une mémoire horlogère exceptionnelle. Concours de précision, inventions, documents et archives de production ont captivé les visiteurs. Dans un restaurant de village de Saint-Imier avec les représentants de la marque, le déjeuner a permis de poursuivre les questions sans protocole.
Akhor : assister à une naissance
De retour à Genève, les participants ont découvert en avant-première la boutique presque achevée d'Akhor, rue du Rhône. Sa fondatrice a raconté comment son expérience de fabrication de composants et son envie de création l'avait conduite à lancer sa propre marque lors des Geneva Watch Days 2025. Cadran suspendu breveté et triple certification revendiquée — Poinçon de Genève, COSC et Observatoire de Genève — donnent à ses garde-temps une identité immédiatement reconnaissable. Pour beaucoup, c'était la première rencontre avec cette jeune maison, déjà tournée vers une participation à Watches and Wonders en 2027.
Frédérique Constant et Alpina : la surprise des complications
À Plan-les-Ouates, la visite du site Frédérique Constant–Alpina a changé le regard de plusieurs collectionneurs sur cette maison du luxe accessible. Ses équipes ont présenté les lignes d'assemblage, les contrôles et les ateliers dédiés aux calibres Manufacture, tourbillons et quantièmes perpétuels. La maison revendique 35 calibres développés depuis ses débuts, et une période actuellement faste pour la marque, ses représentants évoquant un mois de septembre 2026 record. Le moment le plus apprécié fut l'atelier pratique: accompagnés par un horloger, les visiteurs ont manipulé un mouvement et démonté notamment son balancier. Un déjeuner au sein de la manufacture avec les responsables commerciaux et opérationnels a prolongé la découverte d'un esprit resté familial au sein du groupe Citizen.
Reuge : sauver les gestes de la mécanique d’art
À Sainte-Croix, au milieu des alpages, les ateliers Reuge ont ouvert un autre chapitre, celui des boîtes à musique mécaniques. Dans ce lieu tourné vers la transmission, sous l'impulsion de Denis Flageollet, cofondateur de De Bethune, les lecteurs ont découvert l'influence du bois, des volumes et des réglages mécaniques sur l'acoustique. Les visiteurs ont suivi la fabrication et découvert les améliorations apportées aux machines pour fiabiliser des opérations délicates. Des stages d'un mois participent à la sauvegarde de ces métiers rares. Denis Flageollet a rejoint le groupe pour une collation et une conversation libre dans le magnifique show-room avec vue panoramique sur les montagnes.
Le GPHG : invités au premier rang
Jeudi soir, le vernissage de l'exposition du Grand Prix d'Horlogerie de Genève au Musée d'art et d'histoire a offert un autre privilège : assister à la partie officielle, découvrir les 84 montres nominées et participer au cocktail dînatoire VIP. Pour ces amateurs venus de plusieurs continents, l'impression d'être pleinement associés à l'un des grands rendez-vous horlogers de l'année était fabuleuse.
Audemars Piguet : une caverne d’Ali Baba
Au Brassus, vendredi, l'enthousiasme a éclaté dès le showroom du Musée Atelier Audemars Piguet. Quelque 160 montres de la collection courante, dont des références rarissimes, pouvaient être extraites de leur impressionnant écrin mural, essayées et photographiées au poignet. Pour plusieurs passionnés déjà propriétaires d'AP, c'était Noël avant l'heure. Puis vint l'accès exceptionnel à l'ARC, nouvelle manufacture habituellement fermée au public, qui a dévoilée les coulisses de la Maison : créations et assemblage de complications, maquettes didactiques (par exemple pour le double balancier breveté), mouvements dépassant 600 composants et gestes d'une précision extrême. Ayant à cœur de partager leur passion, certains horlogers ont donné leur truc pour ne pas trembler, notamment lorsqu’il s’agit d’assembler une cage de tourbillon pendant 8 heures. Le déjeuner à l'Hôtel des Horlogers a prolongé la délicieuse immersion.
Bvlgari : la révélation de la grande sonnerie
A quelques kilomètres de là, la manufacture horlogère Bvlgari a créé une autre surprise. Dans ce bâtiment historique, une centaine de personnes travaillent à la production, dont une vingtaine d'horlogers. Au département des grandes complications, cinq spécialistes réalisent des montres à grande sonnerie, avec quatre marteaux, quatre timbres et une mélodie propre à la maison. Les timbres comme les marteaux sont fabriqués en interne ; un mouvement associant répétition, grande sonnerie et quantième perpétuel peut réunir 1 200 composants. Chaque horloger assemble sa pièce de bout en bout, créant un lien personnel avec son futur propriétaire. Découpage des composants par électroérosion au micron, anglage, perlage et côtes de Genève ont révélé aux visiteurs une virtuosité qu'ils ne soupçonnaient pas chez Bulgari. Pour beaucoup, cette dernière journée fut la plus marquante.
Czapek boucle la boucle au Quai des Bergues
La semaine s'est achevée à Genève dans la nouvelle boutique Czapek, ouverte en septembre au Quai des Bergues (sur le lieu de naissance historique de la marque), autour d'une présentation de la marque, d'une coupe de champagne et d'une séance d'essayage des collections. Puis il a suffi de traverser le Rhône pour rejoindre la brasserie Lipp et partager le dîner de cloture avec son directeur commercial Pierre Millasson. Un dernier moment simple et chaleureux, fidèle à l'esprit du voyage : la passion des montres rapproche autant que les montres elles-mêmes.
Des lecteurs gentlemen
Clé dans la réussite d’une telle semaine passée ensemble à un rythme intensif avec de longues journées, l’ambiance dépend directement de l’état d’esprit des participants. Depuis la première édition, elle a toujours été excellente. La diversité des horizons de ces passionnés reflète celle de l’industrie. Bonne humeur, convivialité, enthousiasme et respect furent partie intégrante de nos échanges. En fin de séjour, le groupe Whatsapp du Safari sonnait à tout va, enchainant les messages amicaux et plein de gratitudes.
Pour Michael (USA), « A nouveau, vous avez réuni un formidable groupe de compagnons de voyage. Ce fut un plaisir de faire la connaissance des nouveaux venus et de retrouver ceux de la tournée de l’an dernier. Comme toujours, ce fut un voyage merveilleux. Je sais combien vous travaillez dur pour organiser l’hébergement et toute la logistique. Le fait que tout se soit déroulé sans le moindre accroc en est la preuve ! J’attends l’année prochaine avec impatience. »
Peter (Suisse) abonde dans ce sens : « Merci encore pour cette merveilleuse semaine consacrée à l’art horloger. Merci pour l’excellente organisation, les échanges passionnants et les nouvelles découvertes, et merci pour les très bons moments passés ensemble ! » Ce n’est pas Yev (Singapour) qui allait le contredire : « Je rejoins ce qu’a dit Peter ! Des moments formidables, des gens formidables, des expériences formidables ! » Sur la même longueur d’onde, Nick (Angleterre) : « Je partage entièrement ses propos. Ce fut un superbe voyage, riche en enseignements, avec des lieux passionnants à visiter… et beaucoup de bonnes tables et de bons vins. Merci aussi à mes compagnons de voyage ! » Participant de la première heure, Thierry (France) va plus loin : « Merci du fond du cœur pour cette merveilleuse semaine que vous nous avez offerte, toujours à nos côtés et entourés de toute la formidable famille du Watch Safari. Bravo pour l’organisation remarquable, l’accueil chaleureux et les échanges particulièrement enrichissants que nous avons eus lors de nos visites des manufactures. » Le mot de la fin revient à un Suisse présent pour la 2e fois, Frank : « Je tiens à remercier tout le monde pour cette semaine inoubliable. On s’est sentis comme en famille. »
FAQ
Qu’est-ce que le GMT Watch Safari ?
Le GMT Watch Safari est un voyage immersif organisé par GMT pour ses lecteurs, menant un groupe de passionnés à la découverte de manufactures horlogères suisses ; l’édition 2026 en était la troisième.
Quelles manufactures horlogères ont été visitées lors du GMT Watch Safari 2026 ?
Les seize participants ont visité Roger Dubuis, Laurent Ferrier, HYT, Panerai, Mauron Musy, Longines, Akhor, Frédérique Constant-Alpina, Reuge, Audemars Piguet, Bulgari et Czapek, entre Genève, Neuchâtel et la vallée de Joux.
Qu’est-ce que le Q Lab de Roger Dubuis ?
Le Q Lab est l’atelier confidentiel de Roger Dubuis dédié aux pièces uniques, qui représentent désormais 20% du chiffre d’affaires de la marque, situé au dernier étage de la manufacture de Meyrin.
Qu’est-ce que l’ARC d’Audemars Piguet ?
L’ARC est une nouvelle manufacture d’Audemars Piguet, habituellement fermée au public, où se créent et s’assemblent les complications de la marque, avec des mouvements dépassant parfois 600 composants.