En déménageant dans un lieu vaste, lumineux et aéré, le salon offre l'environnement qualitatif et luxueux qui manquait. La proximité d'avec Baselworld a toutefois dissuadé des marques d'y assister. Les traverses cachent évidemment de belles découvertes.
WORLDTEMPUS – 15 janvier 2012
Louis Nardin
L'Espace Hippomène et son caractère de vaste halle industrielle parfaitement aménagée pour accueillir des manifestations était taillé pour abriter le GTE. C'est du moins l'impression que le visiteur peut avoir s'il se remémore le Centre international de conférences de Genève où le salon se tenait jusqu'alors. Fini le sentiment d'obscurité et d'encaissement, ici la lumière inonde les traverses, un architecte d'intérieur inspiré a donné un ton contemporain et classe à l'ensemble. Ouvert depuis hier matin, le GTE invite à y passer du temps malgré une diminution des marques présentes de l'ordre de 15% pour s'établir à 50. La proximité d'avec Baselworld – qui débute dans 7 semaines – a en effet obligé certaines d'entre elles à privilégier la manifestation bâloise. Un nœud dans l'agenda qui devrait se résoudre naturellement l'année prochaine. Ceci étant, la quantité de nouveautés vraiment innovantes ne correspond pas à ce qui avait été vu en 2011. Une baisse explicable, en partie et à nouveau, par l'attente du salon bâlois pour dévoiler les pièces maîtresses. Mais aussi par le fait que l'environnement commercial est devenu plus dur encore pour les indépendants ces derniers mois. Ils doivent en effet faire face à des groupes ou des marques bien installées dont la puissance à encore grandit suite à la dernière crise. Ceci étant, de très bonnes idées ont fourmillé dans l'esprit de plusieurs créateurs dont voici un aperçu.

L'art du quantième perpétuel
Rien de mieux qu'une année bissextile comme 2012 pour tester des quantièmes perpétuels. Les Ateliers de Monaco et Antoine Martin signent chacune une pièce maîtrisant le passage du 29 février, mais dans des perspectives différentes. Co-fondateur des Ateliers de Monaco, l'horloger-concepteur Pim Koeslag présente la version fiabilisée du premier quantième perpétuel de la marque. Construit sous forme de module additionnel, il met en avant un confort d'utilisation exceptionnel. Fi de correcteurs, le réglage se fait ici intégralement par la couronne intégrant un bouton-poussoir. Tirée au premier cran, elle permet ainsi de sélectionner indépendamment via le bouton la date, le jour ou le mois. Une fois le choix effectué, il suffit de la tourner dans un sens ou dans l'autre pour choisir la bonne information. A noter qu'affichage n'est pas traînant mais à saut instantané. Son prix a aussi de quoi séduire puisque la version en titane estdisponible pour 26'800 euros taxes incluses.

Le quantième perpétuel signé par Martin Braun pour Antoine Martin reprend un type de construction d'inspiration traditionnelle. Mais pour réduire au minimum les frictions et garantir une précision optimale, des rubis ont été placés à l'extrémité des doigts en contact avec des roues dentées. Un effort particulier a en outre été réalisé côté cadran pour offrir une bonne visibilité aux différentes indications.
La fonction s'intègre dans le tout nouveau calibre AM39.001 possédant plusieurs détails techniques significatifs comme, par exemple, une ancre et une roue d'ancres en silicium dont les dents affichent une légère courbe intérieure. Ce nouveau design optimise la marche de l'échappement en augmentant l'énergie transmise au balancier, donc l'amplitude. Pour contrôler l'ébat de l'ancre, Martin Braun a également placé de part et d'autre des vis excentrées. But de l'opération: rendre le plus précis possible le point d'impact entre les dents de l'ancre et celle de la roue d'ancre pour réduire les déperditions d'énergie et augmenter l'isochronisme. Enfin, le calibre AM39.001 abrite un stabilisateur d'amplitude aérodynamique sous la forme d'un doigt connecté à une came de la réserve de marche. Sans jamais le toucher, il se rapproche ou s'éloigne de l'extérieur du balancier, créant ou non des turbulences d'air qui freineront la marche. Les versions les plus précieuses de ce quantième perpétuel sont à 72'000 francs taxes comprises.

GMT et Symbolisme
Chez Heritage Watch Manufacture, la collection s'étoffe du premier GMT. Réalisé en 4 mois sur la base du calibre existant par Karsten Frasdorf, l'horloger-inventeur à l'origine de la marque, il brille par l'astucieuse façon dont on change l'heure, sautante, dans le guichet à midi. Là aussi, aucun poussoir et une couronne multifonction. Il suffit en effet de la tirer d'un cran et de faire revenir l'aiguille des heures 15 minutes avant l'heure pile pour qu'elle passe à la suivante dans le guichet et ainsi de suite jusqu'au réglage final.

Le réglage de l'heure du GMT, dans le guichet à 12h, est d'une facilité déconcertante. © Worldtempus/Louis Nardin
Cyrus confirme pour sa part sa vision horlogère symboliquement forte et focalisée sur les détails. Présentée pour la première fois en 2011, la marque développe avec soin ses gammes, comme elle structure sont outil industriel. Tirant son nom du conquérant antique fondateur de l'empire perse, la marque propose deux collections distinctes. La première, incarnée par la ligne Kuros offre des modèles en 9'000 et 15'000 francs. Plus exclusive, la seconde collection Klepcys évolue de 100'000 à 150'000 francs. Ce double positionnement joue comme un atout commercial selon son co-fondateur Laurent Lecamp qui mène en parallèle plusieurs opérations de consolidation au niveau industriel. Il vient en effet d'acquérir la majorité du capital de deux sociétés actives dans la production de composants, le prototypage et l'assemblage pour un total de 3,5 millions. «Nous voulons gagner notre indépendance et d'ici 2013, 80% des composants de nos modèles devraient être réalisés à l'interne, précise-t-il. Cette anticipation intervient également dans le domaine de la création de calibre puisque nous avons conclu un accord-cadre avec le bureau de développement Chronode portant sur les dix ans à venir.»

Partenaire du Grand prix historique de Monaco, Cyrus dévoile au GTE les modèles dédiés à la manifestation. Appartenant à la ligne Kuros, ils se distinguent par des index sous forme de doubles barres et un bracelet caoutchouc contenant de la matière issue des pneus de la Formule 3000 ayant gagné la dernière édition.
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