L'Agefi - 16 janvier 2011
Propos recueillis par Frédéric Mamaïs
La troisième édition du salon Geneva Time Exhibition (GTE) s'est ouverte hier et se déroulera jusqu'à vendredi, à Genève. Dédiée aux marques indépendantes, la manifestation se tient en même temps que le Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH), chaque année à pareille époque à Genève. Une cinquantaine d'exposants, parmi lesquels Frédérique Constant ou Louis Erard, sont présents. Le salon a entamé un repositionnement il y a deux ans, mais souffre encore d'un manque de fidélité de la part de ses exposants. Sa directrice, Florence Noël, explique ce phénomène par des choix que sont tenus de faire les marques entre GTE et Baselworld en raison de budgets serrés. Des efforts considérables ont été menés pour améliorer et repositionner l'événement autour de ses valeurs fortes.

Frédéric Mamaïs: Dans quel climat la branche des indépendants aborde-t-elle /a-telle abordé l'ouverture du GTE?
Florence Noël: Nous sommes dans un climat d'optimisme prudent. On constate clairement que l'industrie horlogère évolue toujours à deux vitesses. Les grands groupes affichent de fortes croissances et l'ultra luxe se porte également très bien. Par contre, l'année 2012 s'annonce difficile pour les marques indépendantes qui doivent redoubler d'efforts pour convaincre des clients. C'est pourquoi GTE est important et complémentaire au SIHH et à Baselworld.
Reste que GTE semble souffrir d'un manque de fidélité de la part des exposants. Le tournus est très important d'une année à l'autre. Cela vous préoccupe-t-il?
GTE ne peut de toute façon pas rivaliser avec Bâle. Or, les exposants indépendants doivent effectuer des arbitrages en raison de budgets serrés. Face à la présence dominante des grandes marques à Bâle, certains préfèrent venir à GTE où ils bénéficieront d'une meilleure visibilité.
Que pouvez-vous faire pour améliorer tout de même la fidélité des exposants?
Nous ne pouvons pas faire grandchose. Nous avons déjà baissé nos tarifs cette année et ne pouvons pas les réduire davantage. Nous sommes victimes du manque de budget des marques. Nous développons une solution qui est de fidéliser des manufactures plus établies. Nous avons par exemple la chance d'avoir la présence de Frédérique Constant. Il s'agit d'une stratégie de repositionnement que nous avons lancée il y a deux ans, qui consiste à s'ancrer comme le salon de l'art horloger et non des petites marques. Cette stratégie à long terme reçoit des échos positifs et nous achevons cette année cette réorientation.
Allez-vous faire évoluer davantage le concept du GTE?
Le concept de GTE a déjà beaucoup évolué. Cette année, nous nous sommes installés pour la première fois à l'espace Hippomène (Charmilles), un lieu prestigieux. C'est une prise de risque. Nous avons également baissé les prix des stands.
Sur le plan commercial, cela reste à Bâle que les commandes se confirment.
En effet, ce n'est pas la vocation de GTE. Le salon est le lieu qui est choisi pour nouer des contacts et effectuer des pré-commandes. Les clients finaux, tels que des collectionneurs, apprécient également GTE. Mais ce n'est pas un salon purement commercial. Dans ce sens, nous ne sommes pas comparables au SIHH ou à Baselworld.
Quelles sont vos attentes en termes d'affluence?
Ce n'est pas une donnée prioritaire, puisque ce sont essentiellement nos exposants qui invitent leurs clients. Cette année, nous ouvrons pour la première fois le salon au public le dernier jour. Cela correspond à notre souhait de promouvoir Genève comme vitrine horlogère.
Où en est votre agence Luxeco, qui est précisément responsable de la communication du salon, dans son développement?
Nous évoluons dans le milieu de la communication qui est très cyclique. Aujourd'hui, nous souffrons de la crise comme le secteur. Nous avons diversifié notre société dans une direction qui découle de notre expérience du salon GTE. Beaucoup de collectionneurs et de grandes fortunes nous ont demandé de leur fournir des services VIP (hospitality). Nous avons alors ouvert une division dédiée à cette activité en décembre. Nous serons présents dans plusieurs domaines: un service de conciergerie, mais aussi du conseil en horlogerie, des visites de manufactures ou encore de la vente de bijoux à domicile.
Quelle clientèle ciblez-vous dans cette nouvelle activité?
Il s'agira essentiellement de la clientèle d'affaires à Genève. Les family offices peuvent aussi déléguer ce type d'activités.
