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Radium Girls - Horological Society of New York offre une bourse horlogère féminine du nom de la figure de proue du procès des « Radium Girls »

Radium Girls Horological Society of New York offre une bourse horlogère féminine du nom de la figure de proue du procès des « Radium Girls »

Des montres avec des chiffres, des index, des aiguilles et des accents luminescents pour une meilleure lisibilité dans l’obscurité ou sous l’eau font fureur. Mais pour arriver au stade où nous en sommes aujourd’hui, de nombreuses vies ont été brisées et perdues. Aujourd’hui la HSNY rend hommage à ce difficile voyage vers la lumière avec une bourse pour les femmes horlogères qui porte le nom d’une héroïne américaine

Récemment, l’Horological Society of New York – la plus ancienne corporation horlogère des Etats-Unis – a annoncé la création d’une nouvelle bourse qui offre une aide financière aux femmes s’inscrivant à une école d’horlogerie. Avec pour but ultime de contribuer à former tous les étudiants souhaitant apprendre l’horlogerie, la HSNY a pris les devants avec de multiples bourses différentes. Celle-ci, destinée aux femmes, a cependant tellement d’aspects positifs qu’elle mérite une attention plus détaillée.

Dark Times Call For Bright Solutions: HSNY Offers Female Watchmaker Scholarship Named For the Leader of the Radium Girls Lawsuit

Bourses horlogères de la HSNY © HSNY

Pour commencer, la bourse porte le nom de Grace Fryer (la Bourse Grace Fryer pour les étudiantes en horlogerie), une figure marquante du combat pour les droits des femmes qui, dans les années 1920, appliquaient du radium sur les cadrans de montres et sont décédées ensuite de morts horribles. Connues comme les Radium Girls, ces jeunes femmes travaillaient à la peinture de cadrans dans des usines de l’Illinois et du New Jersey, effilant régulièrement la pointe de leurs pinceaux avec leurs lèvres avant de peindre chaque chiffre pour garantir une ligne bien tracée. Elles étaient loin de se douter que ce qu’on les encourageait à faire signifiait ingérer du poison aux effets secondaires épouvantables et même mortels.C’est Grace Fryer, une peintre de cadrans du New Jersey, qui a mené la longue et exigeante bataille contre la compagnie afin qu’elle reconnaisse que le radium était toxique et octroie une indemnisation à toutes les femmes victimes de ce poison. Son combat et la détresse de toutes ces femmes dans ce travail qui consistait à apporter de la lumière aux cadrans de montres est devenue une histoire nationale.

Dark Times Call For Bright Solutions: HSNY Offers Female Watchmaker Scholarship Named For the Leader of the Radium Girls Lawsuit

Grace Fryer © National Archives, Chicago

Leur courageuse lutte n’a pas seulement remporté l’action en justice contre U.S. Radium Corporation mais également, et surtout, catapulté les règles de sécurité au travail autour des matériaux radioactifs à des niveaux sans précédent. Finalement les sites des usines ont été fermés et de nouvelles règles édictées. La dernière Radium Girl, Mae Keane, avait raconté à la radio nationale publique qu’elle ne supportait pas le goût terreux du matériau, qu’elle refusait de lécher les pinceaux, et qu’elle avait quitté son travail après quelques jours seulement. Sa décision lui a sauvé la vie. Elle est morte à 107 ans, il y a environ huit ans. Aujourd’hui des films et des documentaires ont été tournés sur ces femmes qui ont tant souffert.

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Les Radium Girls à leur table de travail à la Radium Corporation aux Etats-Unis, env. 1922. Dans le domaine public © HSNY

Depuis cette époque, lorsque les scientifiques savaient qu’ingérer du radium était toxique, mais que les ouvrières (qui peignaient environ 200 cadrans par jour pour cinq centimes par cadran) l’ignoraient, l’industrie horlogère a beaucoup changé. Cette histoire qui a fait la une de la presse a touché les Américains.

L’industrie horlogère a commencé à chercher de nouveaux moyens d’illuminer les cadrans. Finalement le Super-LumiNova est apparu et a offert non seulement une luminosité non toxique, mais également un choix de couleurs aux horlogers. Il existe d’autres méthodes comme des éléments de tritium contenus dans des tubes en verre et appliqués sur les cadrans pour une luminosité extrême sous l’eau. Seules quelques marques recourent à cette méthode.

Dark Times Call For Bright Solutions: HSNY Offers Female Watchmaker Scholarship Named For the Leader of the Radium Girls Lawsuit

Charlotte Purcell en train d’effiler le pinceau avec ses lèvres © Chicago Daily Times, Sun-Times Media

En baptisant la bourse en faveur des femmes du nom de Grace Fryer, la HSNY perpétue l’histoire des Radium Girls, rendant hommage à leur détresse et offrant de la visibilité à une des époques les plus sombres de l’horlogerie américaine. Cela attire également l’attention sur le concept femmes et horlogerie, un segment grandissant de notre communauté horlogère mondiale aujourd’hui. Il ne pourrait y avoir de nom plus approprié pour ce précieux soutien financier. Les demandes de bourse sont acceptées jusqu’au 1er mars 2022.

Lecture 1 commentaire(s)

19 Février 2022
Jean-Marc Loiseau
N'oublions pas que le super luminova n'est arrivé du japon qu'en 1990 et que les aiguilles lumineuses ainsi que les cadrans ont continué a etre posés dans les montres et les réveils pendant les 60 années séparant le procès américain de l'arrivée de ce produit. surtout en Suisse et en france . aucune thèse, aucune étude n'a été réalisée sur les ouvrières européennes. personnellement, je cherche tous les témoignages et les informations sur cete saleté. Ernest LIPmann se vantait d'avoir demandé directement à marie curie de lui fournir de quoi éclairait ses montres. et A la fin de la première guerre mondiale, c'était "Lip, lip, hourra", mais pour combien de poseuses d'aiguilles abimées et contaminées, aucun chiffre! Jean-marc loiseau chroniqueur horloger.