Illusions parallèles

Image
Parallel illusions - Architecture
2 minutes read
Mise en perspective de la montre Arceau Le temps suspendu 38mm d’Hermès et du monument Metropol Parasol. Similitudes?



Quels points communs entre une montre qui offre à son porteur le pouvoir d’arrêter le temps et un bâtiment espagnol qui renouvelle la lecture du paysage urbain ? Quelques similitudes illusionnistes mises en lumière par l’architecte genevois Sigfrido Lezzi.

La montre : Arceau Le temps suspendu 38mm d’Hermès


Une montre qui suspend le temps, offrant un interlude bienvenu dans un quotidien régi par la notion de vitesse. Tel est l’esprit dans lequel a été conçue la montre Arceau Le temps suspendu. Son boîtier de 38mm accueille en effet un poussoir qui permet, sur une simple pression, d’immobiliser les aiguilles des heures et des minutes aux alentours de 12h. Seul témoin de la persistance de la course du temps, confirmant que la suspension de ce dernier n’est finalement qu’une illusion, une facétieuse aiguille des seconde qui poursuit inlassablement sa ronde à rebours dans un petit espace gradué sur 24. Une nouvelle pression sur le boutonpoussoir permet au temps de reprendre son cours. Un jeu poétique rendu possible par l’entremise d’un ingénieux mécanisme rétrograde à 360° des heures et des minutes protégé par deux brevets.
 

Hermes, Arceau Le temps Suspendu, 38mm

 

 

Le monument : Metropol Parasol, Séville, par J. Mayer H. Architects

Le programme de remaniement de la Plaza de la Encarnación, dans le vieux Séville, comprend un musée d’archéologie, un marché et une place couverte par une structure en bois, en lamellé-collé. Une infrastructure réalisée à une grande échelle -  Metropol Parasol fait 150 m par 70 m et a une hauteur approximative de 26 m -, dans un climat caractérisé par des températures élevées qui met à rude épreuve les matériaux utilisés.
 

Metropol Parasol Seville

 

Le projet de réaménagement de la Plaza de Encarnaciòn est une démarche singulière. A cet endroit, l’espace urbain est réinterprété et l’esplanade de cette volumétrie est recouverte, en partie, d’une toiture en bois. Laquelle confère à celle-ci une allure de grande pièce d’habitation urbaine. Le couvert projeté, inséré entre les édifices qui délimitent la place, se distingue de la géométrie carrée de la place et propose une forme aléatoire. Un jeu visuel entre les géométries mises en présence ou, encore, entre la volumétrie de ce lieu et le tamisage de lumière produit par le « parasol » est ainsi établi. Les attentions sont portées en alternance sur l’existant et l’infrastructure nouvellement créée. Une délicate insertion qui renouvelle la lecture du paysage urbain mais ne bouleverse pas les valeurs acquises au fil du temps ; créant un espace ou le « jeu subtil de la lumière » l’emporte sur la forme et transforme quotidiennement l’espace de la place en un lieu de réinterprétation de la lumière.

A l’instar de Metropol Parasol, les incrustations - cadran de la seconde notamment -qui sont disposées sur le cadran de la montre Le temps suspendu d’Hermès, de manière excentrées, nous font imaginer un ludique dessein : - celui de la confrontation établie entre le support et des éléments de la signalétique disposées librement sur ce dernier. Ou encore d’une convergence d’idées entre les deux exemples cités empreints de l’indicible présence du temps qui passe. Comme si le temps était suspendu...

Marque