Les invités arrivant à la manufacture de Vacheron Constantin au crépuscule du 17 septembre s’attendaient aux rythmes familiers d’un gala d’anniversaire : cocktails, discours, feux d’artifice, peut-être une performance musicale ou acrobatique. Au lieu de cela, ce sont les artisans eux-mêmes, vêtus de leurs blouses blanches de laboratoire, qui les ont accueillis. Des dizaines d’hommes et de femmes, habituellement à l’écart des regards, ont bordé l’entrée et les couloirs sinueux de la manufacture, transformant le site en une véritable scène.
Les artisans sous les projecteurs
Horlogers, graveurs, guillocheurs, sertisseurs, émailleurs et finisseurs — en somme tous ceux qui perpétuent le savoir-faire séculaire de la Maison — ont accueilli les invités en ligne. Certains ont descendu l’escalier en verre de l’atrium dans une procession lente et chorégraphiée, une mise en scène inattendue et envoûtante qui a surpris les participants.
Plus tard, sous un éclairage théâtral et accompagnés de musiciens en direct, les artisans ont démontré leurs gestes précis dans une nouvelle forme de performance artistique, transformant leurs ateliers en théâtre et offrant un aperçu des métiers qui façonnent Vacheron Constantin depuis sa fondation en 1755.
« Ce soir, nous rendons hommage aux véritables forces vives de la Maison, les femmes et les hommes de la manufacture », a déclaré Laurent Perves, directeur général de l’entreprise, en expliquant la mise en scène de la soirée à un large public d’invités. « Ce sont eux, les artisans. Ce sont eux, les horlogers. Ce sont eux, les innovateurs. Ce sont eux, les gardiens de notre héritage. »
Un voile levé
Le 17 septembre, exactement 270 ans après sa fondation en 1755, Vacheron Constantin a choisi de marquer l’événement en « levant le voile » sur ses artisans et en célébrant le travail collectif derrière ses créations.
Des feux d’artifice ont bien illuminé le ciel au-dessus de la manufacture ce soir-là, mais le cœur de la soirée résidait dans les artisans mis au premier plan. « Pas besoin de tous ces feux d’artifice, nous aimons déjà cette marque », a déclaré Carlos Alonso, fondateur du SIAR à Mexico, résumant parfaitement l’esprit de l’événement.
Une quête au Louvre
Les festivités d’anniversaire avaient en réalité commencé la veille, à Paris, avec la présentation de La Quête du Temps au Louvre, accompagnée d’une nouvelle montre-bracelet Métiers d’Art, soulignant ensemble l’accent mis par la Maison sur l’artisanat.
Le message était clair : si Genève a mis les artisans au centre de la scène, Paris a souligné leur rôle dans le dialogue entre l’horlogerie et la culture.
La Quête, une horloge astronomique monumentale de plus d’un mètre de haut, pesant plus de 250 kilos et composée de plus de 6 000 pièces, est animée par un impressionnant automate. Elle est visible au public au Louvre jusqu’au 12 novembre dans le cadre d’une exposition temporaire incontournable intitulée Mécaniques d’Art.
Cette pièce représente « sept années de travail ayant donné vie à une remarquable mécanique d’art qui unit l’humanité à l’univers », a expliqué Perves.
Parmi les personnes présentes lors de la présentation et créditées pour cette réalisation figuraient plusieurs spécialistes ayant contribué à rendre le projet possible : la designer Les Cabinotiers Alexia Steunou, le créateur suisse d’automates François Junod, les horlogers de L’Épée 1839 et le musicien Woodkid.
Leur présence était une manière pour la Maison de saluer ceux qui font vivre l’artisanat de Vacheron Constantin.
Comme l’a souligné Christian Selmoni, directeur Style & Héritage, la Quête est « un triomphe de précision et de vision », notant notamment qu’un artisan a passé des mois en recherche et plusieurs semaines à peindre à main levée la voûte céleste à l’intérieur de la sphère en verre — un travail sans filet, qui ne tolère aucune erreur !
« Cette pièce reflète notre quête constante d’excellence », a ajouté Sandrine Donguy, directrice Produit & Innovation de l’entreprise. « Elle réunit des maîtres de nombreux domaines, montrant non seulement la maîtrise technique et artistique, mais aussi l’élan humain vers de nouveaux horizons. »
Lors d’une table ronde consacrée au projet, Selmoni a rappelé que des techniques comme l’émaillage, la gravure ou le guillochage peuvent sembler « obsolètes » à l’ère numérique, mais qu’elles restent centrales chez Vacheron Constantin.
« Cet anniversaire célèbre la valeur durable de la main humaine », a-t-il déclaré. Après 270 ans, cette main continue de définir la Maison, et la guidera sans doute encore à l’avenir.