La Panerai du président du MCG serait une fausse.
L'Agefi - 14 octobre 2009
Stéphane Gachet

Eric Stauffer a la sympathie communicative. Il lui a suffi d'un rire authentique pour balayer le premier bourdon de sa victoire. Gregory Pons, journaliste de Business Montres, le blog le plus vif de la planète horlogère, a pointé de son oeil expert le détail qui tue, ou presque: le héraut du Mouvement citoyen genevois porte une contrefaçon. L'évidence était en une du Matin. Le spécialiste est unanime: la Panerai est fausse. Le délit semble flagrant. Le sens des proportions d'Eric Stauffer aussi, qui joue de cette pique inattendue et éteint la polémique en plaidant la candeur. Il ne connaît pas la provenance de la montre, elle lui a été offerte il y a trois mois. Mais c'est promis, il livrera l'objet à l'expertise de son horloger, Pierre Kunz à Genève. Quand bien même il s'agirait d'une contrefaçon, Eric Stauffer en possède quelques autres, des vraies, des suisses. De toute façon, il est entendu que les Genevois n'ont depuis longtemps plus les moyens de s'offrir du «swiss made».
La morale n'a donc qu'à se taire. D'ailleurs, la Fédération horlogère n'a rien à déclarer et la direction de Panerai se moque bien de l'affaire, Gregory Pons dixit. Le parlementaire a sans doute raison de s'en amuser. De profiter même de cette tribune de bois pour scander son attachement aux valeurs essentielles. Exit l'éthique, bonjour l'esprit civique. La leçon est pour l'industrie. Et inutile de mettre le feu au débat en couronnant de noms une position fraisée à chaud: «L'horlogerie est un employeur de poids à Genève. Mais les grandes marques doivent aussi être cohérentes et reconnaître les avantages que leur procure leur localisation.» Un appel, en d'autres termes, à lever le pied en matière de main d'oeuvre frontalière, dada que l'on sait désormais. Retrouvant ainsi sa tranchée politique, Eric Stauffer dynamite et disperse. Pour peu, il ventilerait sur le champ le label «made in Annemasse».