Tribune de Genève - 11 mai 2011
Pas question de débourser plus de 10 millions pour reprendre le salon EPHJ/EPMT, aussi connu comme le salon des fournisseurs de l'horlogerie et de la joaillerie. Voilà la version du groupe MCH, propriétaire de Beaulieu Exploitation à Lausanne depuis 2010.

Un nouveau départ
«Nous sommes un des rares salons à avoir eu de la croissance, même pendant les deux dernières années. Comme il l'a confirmé, le groupe MCH a souhaité nous voir partir pour installer un salon similaire», rétorque Olivier Saenger, cofondateur avec André Colard du salon qui rassemble aujourd'hui 570 exposants et attire plus de 11 000 visiteurs professionnels. «Les chiffres ne sont pas importants», souligne Olivier Saenger, qui relève que le montant proposé par MCH pour la transaction n'est «pas du tout en ligne avec les critères usuels».
Les deux hommes s'avouent déçus de voir l'aventure, lancée en 2002, prendre une telle tournure. Sans pour autant bouder l'accueil bienvenu de Palexpo, qui augure d'un «formidable dynamisme pour l'avenir», selon Olivier Saenger. A partir de 2012, cet événement prendra donc définitivement ses quartiers à Genève. «Nous arrivons dans une ville et un espace connus dans le monde. Avec les infrastructures adéquates, des facilités d'accès et de l'espace et la possibilité de réunir les exposants sur un même niveau.»
Jean-Philippe Rochat, président de MCH Beaulieu Lausanne, admet de son côté la volonté du groupe d'organiser un salon dédié aux fournisseurs. Il confirme que Beaulieu est en plein «processus de restructuration du portefeuille de salons», découlant d'une nouvelle stratégie excluant tout partenariat dans lesquels MCH n'est pas majoritaire. «Après six mois de négociations, et dans un contexte où les relations avec les organisateurs s'étaient dégradées au fil des ans», selon Jean-Philippe Rochat, le groupe a donc mis fin au partenariat avec EPHJ/EPMT.
Proche mais pas pareil?
Mais il ne s'agit pas de faire un «Baselworld II» à Lausanne, indique-t-il. «Il n'a jamais été question de refaire un salon autour de l'horlogerie. Nous allons travailler dès le mois de juin sur un concept plus large.» A savoir ouvrir l'accès aux fournisseurs des industries, notamment le medtech et la pharmaceutique. «Nous n'allons probablement pas nous adresser aux mêmes exposants, et nous offrirons une palette de services différents», résume Jean-Philippe Rochat.
Mais voilà: EPHJ/EPMT a déjà commencé à élargir son offre de stands, en ouvrant, dès l'édition 2011, un pavillon Swiss Medical Technologies. Avec la collaboration de l'EPFL, le canton de Vaud, le cluster BioAlps, le Medical Cluster et Micronarc, la plateforme de micro-nanotechnique de Suisse occidentale. Aux yeux d'André Colard et d'Olivier Saenger, il est difficile de ne pas voir dans le projet de MCH une volonté de recopier le concept.
Heureux que de nombreux exposants aient déjà confirmé leur soutien. «Notre succès est dû à l'âme et à la convivialité de notre salon. Tout ce qui pourra être fait ne sera que de la contrefaçon», assène Olivier Saenger.
