Alors que des sous-traitants ferment, une nouvelle compagnie horlogère se crée dans la crise. Chronique d'un pari osé.
www.arcinfo.ch - 17 mars 2009
Robert Nussbaum

«On peut dire que nos douze collaborateurs sont des artistes», lance dans ce sens Manuel Thomas, le directeur général. La maison pose des cadrans et aiguilles, puis emboîte les montres, mais fait surtout de la décoration, un anglage à la main patient pour des marques haut de gamme de la vallée de Joux et des Montagnes neuchâteloises. Manuel Thomas ne tient pas à être plus précis, discrétion oblige. Mais les montres servies par la Compagnie grimpent à plus de 500 000 francs.
En fait, la CHL est née de la cuisse de Complication et Chronométrie, une Sàrl bicéphale au Locle et aux Brenets créée par Manuel Thomas en 2001 et ensuite vendue au groupe Technotime. Le carré d'horlogers de la Compagnie en reprend les activités locloises. Il entend redémarrer le montage et l'assemblage de grandes complications. «A la demande de clients nous pourrions même imaginer développer un calibre, mais c'est un peu vite», ajoute le directeur général.
Un peu vite, parce que les temps sont durs. Autour de CHL, des sous-traitants mettent la clé sous le paillasson. «Le culot qu'on a, c'est de reprendre une entreprise à ce moment-là. Mais si on n'y croyait pas, on n'aurait pas investi», lance Manuel Thomas, qui ajoute que le rachat préserve aussi des emplois.
Fort de son savoir-faire et du respect des délais qu'elle s'impose, CHL veut se faire une place maintenant que ça va mal et le faire savoir. «Je n'ai pas peur de la crise, je suis même serein, l'horlogerie de luxe a encore de beaux jours devant elle.» A quand la reprise? «On ne maîtrise pas le temps», laisse philosophiquement s'envoler le boss.
Heureusement, les clients de Complication et Chronométrie devenu Compagnie horlogère locloise sont fidèles, même si le volume a baissé. «Nous, nous avons du travail, oui, mais nous tournons au ralenti», admet Manuel Thomas. Après avoir cravaché jusqu'à la fin de l'année - les commandes accumulées pendant le boom - CHL fait de l'autoformation avec son personnel, une solution bien meilleure à ses yeux que le chômage partiel. «Nous nous entraidons et, quand la reprise sera là, nous serons fin prêts et encore meilleurs», affirme le directeur général.
Robert Nussbaum

La CHL fait de l'autoformation, une manière de redémarrer à la reprise avec du personnel très qualifié, estime Simon Duboz, responsable de la production et troisième actionnaire. (Guillaume Perret)
«Nous sommes une nouvelle entreprise horlogère. Accepteriez-vous de parler de nous?» A l'heure où les annonces de licenciements tombent comme des couperets, le coup de fil de Florent Senot a de quoi surprendre. Avec trois autres partenaires, il a fondé le 1er mars dernier la Compagnie horlogère locloise (CHL), un beau nom tiré du chapeau après un brainstorming. Un nom qui fleure la couleur sépia d'une époque héroïque de l'industrie horlogère.«On peut dire que nos douze collaborateurs sont des artistes», lance dans ce sens Manuel Thomas, le directeur général. La maison pose des cadrans et aiguilles, puis emboîte les montres, mais fait surtout de la décoration, un anglage à la main patient pour des marques haut de gamme de la vallée de Joux et des Montagnes neuchâteloises. Manuel Thomas ne tient pas à être plus précis, discrétion oblige. Mais les montres servies par la Compagnie grimpent à plus de 500 000 francs.
En fait, la CHL est née de la cuisse de Complication et Chronométrie, une Sàrl bicéphale au Locle et aux Brenets créée par Manuel Thomas en 2001 et ensuite vendue au groupe Technotime. Le carré d'horlogers de la Compagnie en reprend les activités locloises. Il entend redémarrer le montage et l'assemblage de grandes complications. «A la demande de clients nous pourrions même imaginer développer un calibre, mais c'est un peu vite», ajoute le directeur général.
Un peu vite, parce que les temps sont durs. Autour de CHL, des sous-traitants mettent la clé sous le paillasson. «Le culot qu'on a, c'est de reprendre une entreprise à ce moment-là. Mais si on n'y croyait pas, on n'aurait pas investi», lance Manuel Thomas, qui ajoute que le rachat préserve aussi des emplois.
Fort de son savoir-faire et du respect des délais qu'elle s'impose, CHL veut se faire une place maintenant que ça va mal et le faire savoir. «Je n'ai pas peur de la crise, je suis même serein, l'horlogerie de luxe a encore de beaux jours devant elle.» A quand la reprise? «On ne maîtrise pas le temps», laisse philosophiquement s'envoler le boss.
Heureusement, les clients de Complication et Chronométrie devenu Compagnie horlogère locloise sont fidèles, même si le volume a baissé. «Nous, nous avons du travail, oui, mais nous tournons au ralenti», admet Manuel Thomas. Après avoir cravaché jusqu'à la fin de l'année - les commandes accumulées pendant le boom - CHL fait de l'autoformation avec son personnel, une solution bien meilleure à ses yeux que le chômage partiel. «Nous nous entraidons et, quand la reprise sera là, nous serons fin prêts et encore meilleurs», affirme le directeur général.