HH Magazine - Décembre 2009
Christophe Roulet
Les manufactures horlogères n'ont peut-être jamais autant mis l'accent sur les métiers d'art. Et pourtant, la gravure est aujourd'hui une activité menacée par les techniques modernes d'usinage. Point de la situation avec le CIFOM, seule école en Suisse à dispenser cet enseignement.

La Haute Horlogerie et les métiers d'art semblent vivre une lune de miel entamée il y a plusieurs années déjà. Toute manufacture qui se respecte insiste en effet sur l'importance cruciale que revêtent les artisans au sein de leur organisation, des professionnels actifs dans le sertissage, l'émaillage ou la gravure, seuls capable de personnaliser, d'embellir et de donner un caractère quasi exclusif à des pièces pourtant issues de techniques d'usinage on ne peut plus industrielles. Un seul exemple : « il y a quelque chose de sacré dans chaque garde-temps Jaeger-LeCoultre : la passion du détail, explique la Grande Maison. Cet amour qui a guidé chaque artisan tout au long de sa création et qui se poursuit jusqu'à la parure finale de la montre. »
« Les métiers d'art, fondement de notre patrimoine »
Lors d'une récente Journée d'étude de la Société Suisse de Chronométrie (SSC), placée sous le thème « L'horlogerie et ses artistes », Estelle Fallet, conservatrice du Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève, insistait sur cette indispensable approche artisanale de la profession. « Les métiers d'art constituent l'un des fondements de notre patrimoine culturel. Ils sont l'héritage de savoir-faire multiples, élaborés et transmis soigneusement au fil des siècles. Ils puisent dans leur histoire une inspiration qui les nourrit et leur permet d'épouser les courants esthétiques contemporains. En renouvelant le patrimoine, ils le protègent également, en intervenant dans les champs de la restauration. Synonymes de perfection, les métiers d'art marient gestes transmis par la tradition et technologies nouvelles, qui prolongent la main. Par eux, l'objet du quotidien devient chef d'œuvre : la matière transformée acquiert la noblesse, celle que lui confère le travail de l'artisan. Aussi, la montre, arborée comme symbole de prestige, est-elle une véritable œuvre d'art qui requiert l'association de multiples savoir-faire. » Lire la suite de l'article
