49 millions en quatre jours

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Les ventes ont dépassé toutes les espérances

A Genève, ce sont pour près de 49 millions de francs de montres qui ont été vendues aux enchères en quatre jours. Le résultat d'Antiquorum, 18,3 millions de francs pour près de 700 lots, dimanche soir à l'issue de quatre sessions, a dépassé les espérances qui n'étaient que de 14 millions environ.

Ce sont 918 900 francs qui ont été offerts pour une montre de poche Patek Philippe en or jaune et comprenant pas moins de treize complications. Une montre-bracelet, de Patek Philippe toujours, a été adjugée à 828 100 francs.

Le grand triomphateur

Même Sotheby's mardi matin a réussi à faire un score honorable. Alors que l'estimation globale haute était de 4 millions, il a atteint 5,4 millions pour 82% des 208 lots vendus. Une Breguet de 1935, calendrier perpétuel, a fait 764 800 francs, pour une estimation haute de 250 000 francs.

Mais le grand triomphateur est Christie's qui, avec 25 millions de francs, a réalisé lundi le meilleur score en montres de toute son histoire. La vedette fut un chronographe Patek Philippe en or avec calendrier perpétuel, de 1957, adjugé 2,7 millions de francs, à un client privé américain.

Christie's a enregistré quatre autres records mondiaux. Trois étaient pour Patek Philippe. Dont 832 000 francs pour une répétition minute automatique; 696 000 francs pour une double fuseau horaire; 528 000 francs enfin pour une répétition minute automatique dite «cathédrale». Le quatrième record, à 576 000 francs, a été pour un chronographe Audemars Piguet.

Les ventes en ligne, que Christie's inaugurait pour Genève, se sont révélées d'un grand secours. Ce sont en effet 105 participations provenant de 102 pays qui ont été enregistrées, tandis que les enchérisseurs par téléphone se montaient à 230. Les batailles d'enchères se sont livrées entre des clients européens (65%), asiatiques (15%) et américains (17,5%). Genève est plus que jamais la capitale des montres.

Tribune de Genève / Michel Bonel / www.tdg.ch

 

Petite cuvée mais «vintage», chez Sotheby's.

Bataille pour une belle Breguet

Est-ce l'effet de la haute conjoncture? Il règne un climat fébrile autour des montres exceptionnelles. Il s'est traduit hier par une véritable bataille entre cinq ou six enchérisseurs dans la salle, chez Sotheby's, autour d'une très rare montre-bracelet Breguet avec calendrier perpétuel et phases de lune, réalisée vers 1935. Une pièce provenant de la famille de son premier propriétaire, d'autant plus intéressante qu'on ne l'avait encore jamais vue sur le marché. Or un acquéreur privé l'a arrachée, en définitive, pour la somme rondelette de 764800 francs alors que l'estimation de départ oscillait entre 150000 et 250000 francs. Succès comparable pour la Patek Philippe de 1973, en or blanc, automatique, également pourvue d'un calendrier perpétuel, estimée entre 200000 et 300000, partie à 408000 francs.

Réduite en quantité, la vente horlogère de Sotheby's, dépassant la prévision la plus élevée (4 millions), a atteint 5,39 millions de francs. Elle proposait plusieurs montres «vintage» et d'une grande rareté, autour desquelles, actuellement, la compétition fait rage. «Les pièces «fraîches» sont de plus en plus difficiles à découvrir», rappelle Alexandre Barter, spécialiste chez Sotheby's. Les maisons de ventes prospectent intensivement et les acheteurs se tiennent sur le qui-vive.

Cependant, les prix très élevés atteints aujourd'hui ont de quoi inciter à vendre. Depuis septembre 2001, ils n'ont cessé de grimper graduellement. A côté des collectionneurs traditionnels, on voit surgir de nouveaux venus prêts à enchérir très haut, tout de suite.

Le paysage change et, même si le bassin des montres est réduit, les manufactures continuent de produire des pièces de collection. Et les montres récentes se vendent bien aussi. Le marché, selon Alexandre Barter, a de beaux jours devant lui.

Le Temps / Lorette Coen / www.letemps.ch

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