La dialectique du luxe...

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Tribune des Arts - Mai 2009


Marco Cattaneo

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C'est un tango qui se danse depuis la nuit des temps, sur la grande scène de l'humanité. Les créateurs et les mécènes, les investisseurs et les artistes, les uns enlaçant les autres, les finançant parfois pour leur talent, parfois pour leur potentiel commercial. Et ainsi va la création, toujours jaugée selon la double échelle de sa valeur artistique et de sa valeur marchande.

Le monde magique des garde-temps n'échappe évidemment pas à cette règle; à la passion d'un maître-horloger étirant ses spiraux en quête de perfection, répond la logique industrielle ou marketing des grandes marques, à l'affût des nouvelles tendances et des produits qui sauront les accompagner.

C'est sur ces deux mouvements, celui de la passion et celui du marché, que repose la dialectique du luxe, et elle n'est intelligible que si on les suit l'un et l'autre.

Crise économique aidant, on tend pourtant à n'évaluer les marques qu'en fonction de leurs performances, de leurs carnets de commandes ou de leurs restructurations. Au risque de délaisser l'autre composante de leur succès, l'imagination et la beauté de leurs produits, la part artistique sans laquelle il n'y a pas de commerce possible, et que les enchères qui s'ouvrent à Genève célèbrent si bien. C'est d'abord à cette beauté que la Tribune des Arts, dans sa nouvelle formule, souhaite aujourd'hui rendre hommage, comme un défi à la morosité ambiante.

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