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Edito

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É D I T O

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Jean-Claude Pittard

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Gabriel Tortella

Réveille- matin

Alors que tous les horlogers du monde, comme aussi tous les détaillants, sont les pieds dans les starting-blocks pour l'ouverture des salons de Bâle et de Genève, Tribune des Arts, avec ce numéro spécial, va tenter de guider ses lecteurs parmi les dizaines de milliers de montres qui seront dévoilées ce printemps. Des montres qui, pour certaines, fascinent les patrons des marques euxmêmes. Ils dévoilent, également dans ces pages, celles qui les font vraiment flasher en 2007. La tendance générale est, cette année, à des montres toujours plus grosses, plus grandes, plus lourdes avec souvent un tas de complications. Il est vrai qu'il est beaucoup plus facile de réaliser des complications dans un mouvement «king size», certains horlogers ne s'en sont donc pas privés. Mais si cela continue, on verra arriver une mode où, comme chez les sorciers africains de Tintin, on portera un réveille-matin autour du cou!
Autre tendance, mais beaucoup plus discrète, celle des montres de grand luxe ultralégères. Le gourou de l'horlogerie, Jean-Claude Biver, annonce leur venue depuis deux ans. Toutefois, c'est Audemars Piguet qui l'a faite avec une «Royal Oak» en carbone qui ne pèse quasi rien mais, série limitée oblige, dont le prix s'est alourdi.
Une montre qui fait cependant partie intégrante du vrai art horloger, celui qui permet de réaliser une classique répétition minutes dans un mouvement de 12 ou 13 lignes. Un art que pratiquent toujours les plus fameuses manufactures qui, pour l'instant, dédaignent encore les modèles extralarges. Néanmoins, les horlogers se doivent d'innover chaque année afin de satisfaire des acheteurs toujours plus difficiles, plus exigeants et qui, souvent, possèdent déjà plusieurs montres. On revient ainsi à ces montres électroniques «cinétiques », avec un système de dynamo rechargeant une batterie, qui avait été développé sans succès, il y a quelques lustres, par la marque Jean d'Eve. Mais la palme du genre est certainement détenue par cette marque qui crée des montres forcément rares avec de l'acier provenant du Titanic et repêché par les robots explorant la célèbre épave. Un mythe bien sûr, même s'il est un peu morbide, mais est-ce encore de l'horlogerie?

G. T. / J.-C. P.

Tribune des Arts - No350 - Avril 2007