La Commission tripartite neuchâteloise va mener une enquête pour faire la lumière sur l'évolution des salaires dans l'industrie horlogère
Chargée d'observer le marché de l'emploi, la Commission tripartite neuchâteloise va mener une enquête pour faire la lumière sur l'évolution des salaires dans l'industrie horlogère. Comme le relève Raymond Spira, président de la commission, «nous connaissons les salaires d'embauche, mais nous n'avons aucune idée des salaires d'usage réellement versés dans l'industrie horlogère».
Conscient de s'attaquer à une «vache sacrée» de l'économie régionale, il constate que «lorsque la Convention patronale (CP) nous informe sur les salaires, elle fournit toujours le salaire médian, qui comprend notamment le canton de Genève et ce n'est pas, à nos yeux, représentatif de la situation neuchâteloise».
Cette enquête n'est pas du goût de la CP. «Elle se fera, mais nous restons perplexes quant à son utilité», observe son secrétaire général François Matile. En effet, poursuit-il, le rôle de cette commission tripartite est de veiller à éviter le dumping salarial. «Or, dans l'horlogerie, nous avons négocié des salaires d'embauche avec nos partenaires sociaux. Pour nous, le problème est donc réglé.»
Très remonté, il remarque qu'il n'y a que dans le canton de Neuchâtel où l'horlogerie est harcelée. «C'est un peu désobligeant envers un secteur qui a une CCT que tous les partenaires s'accordent à juger très bonne.»
Pour le président de la tripartite Raymond Spira, il s'agit surtout de tirer les choses au clair. «La CCT de l'horlogerie n'est pas étendue, et l'enquête permettra notamment de sonder des entreprises non conventionnées, ainsi que des agences de placement.» Et d'ajouter que la commission reçoit régulièrement des informations sur des abus salariaux sans réussir à prouver quoi que ce soit. «Je refuse de travailler sur la base de rumeurs. Je veux des données objectives, notamment dans l'horlogerie, qui emploie un grand nombre de travailleurs.»
Par ailleurs, la tripartite va ouvrir une enquête dans le domaine de la santé. «Je m'attends aussi à des critiques, mais notre rôle ne doit pas être confiné à des secteurs marginaux», indique Raymond Spira. Il s'avoue d'ailleurs un peu frustré par le manque de moyens d'action dont disposent les commissions mises sur pied dans toute la Suisse après l'entrée en vigueur de la libre circulation. «Nous ne pouvons même pas, comme prévu initialement, demander d'étendre une convention collective à l'ensemble d'une branche, car il faut obtenir l'accord des signataires. Le seul moyen dont nous pensions disposer pour protéger les travailleurs, on nous l'enlève...»
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