Les maisons d'horlogerie helvètes ont profité en 2006 d'une progression de 10,9% de leurs exportations, pour une valeur totale atteignant 13,7 milliards de francs suisses, selon les chiffres de la FH, la Fédération de l'industrie horlogère suisse. Une croissance à deux chiffres pour la deuxième année consécutive puisqu'en 2005 la valeur des exportations avait crû de 11,5%.
En volume sur 2006, le nombre de montres et horloges exportés a connu une hausse plus modérée de 2,1% par rapport à 2005. Explication : ce sont les produits de luxe qui font office de véritable moteur. Ainsi, les montres-bracelets de plus de 3.000 francs suisses (plus de 1.800 euros pièce) ont bouclé l'année sur une progression de 27% en valeur et 34,7% en unités. En dessous de ce prix, la valeur des garde-temps exportés est restée stable, tandis que les volumes ont augmenté de 1,2%, générant un peu plus de la moitié de la hausse totale.
Les mouvements, les boîtes de montres, les cadrans et les bracelets ont vu leurs exportations augmenter. Si les boîtes et les cadrans ont affiché un taux supérieur à la moyenne de la branche, les autres produits se sont contentés d'une hausse plus modeste. Les exportations de réveils, pendules et horloges ont réalisé une progression de 5,1%.
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Horlogerie: luxe inquiétant
Les exportations horlogères ont à nouveau battu tous les records en 2006; c'est presque le septième ciel (LT du 3 février). Chacun espère que cela continue, c'est bon pour notre industrie. Mais l'horlogerie se trouve-t-elle dans un ciel sans nuage? Certainement pas.
D'abord, elle profite de l'explosion du marché du luxe dont la croissance, un jour, aura des limites. Puis, si en trente ans les exportations de montres ont sextuplé en valeur (elles ont doublé en dix ans), les quantités de montres exportées durant les mêmes trente années ont passé de 42 millions en 1976 à 25 millions en 2006 (elles étaient encore de 35 millions en 1996). Ainsi, les volumes baissent et les valeurs augmentent; le prix moyen des montres exportées était de 53 francs en 1976, de 187 francs en 1996 et de 512 francs en 2006. [...]
L'explosion du nombre de marques dans le très haut de gamme risque d'être suivie d'autres explosions lorsque le marché du luxe traversera une période moins faste. [...] Le marché du luxe est porteur et il faut en profiter, toutefois ce marché n'est pas seulement celui des prix très élevés et l'horlogerie n'est pas que l'industrie des produits de plus de 10000 francs. La progression des exportations est garantie surtout par des produits destinés à une clientèle très limitée. Cela est inquiétant, car lorsque le marché du luxe ralentira sa croissance, les premiers à souffrir seront les détaillants, et sans ces détaillants, l'horlogerie de haut de gamme manquera de débouchés.
Le Temps / Courrier des lecteurs / Eric Aubert, Le Landeron (NE), 14.2.07 / www.letemps.ch