Mission officielle suisse en Russie

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Du 6 au 12 juillet, Doris Leuthard s‘est rendue en Russie à la tête d‘une importante délégation économique qui comprenait notamment Jean-Daniel Pasche, Président FH.
La Russie constitue l‘un de ces fameux pays dits BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), qui font partie des priorités de la politique économique suisse. Après s‘être rendue en Chine, au Brésil et en Inde, il était normal que la conseillère fédérale Doris Leuthard se rende en Russie. Malgré l‘évolution positive de ce pays, des problèmes importants subsistent, empêchant un développement plus soutenu des relations économiques bilatérales: procédures administratives lourdes et aléatoires, bureaucratie, corruption, obstacles tarifaires. Tout en espérant une amélioration prochaine de la situation, ces difficultés ont été relevées par les différents secteurs économiques suisses, qui ont également stigmatisé les problèmes de contrefaçon: la FH a entamé un programme de saisies avec l‘appui de plusieurs marques; des centaines de fausses montres suisses ont déjà été confisquées et les opérations vont se poursuivre cet automne.

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Pour l‘horlogerie suisse, le marché russe a évolué favorablement ces dernières années. La croissance des exportations, en valeur, s‘est élevée à 11,1% en 2005, à 5,3% en 2006 et à 57,4% en 2007. Par contre, après le premier semestre 2008, l‘évolution est à la baisse (-2,5%). Il n‘en demeure pas moins que ce marché reste très intéressant et que sa croissance va reprendre à moyen terme. Les obstacles au commerce, tels que les droits de douane, ont déjà fait l‘objet de négociations dans le cadre de l‘adhésion de la Russie à l‘OMC. Toutefois, le résultat de ces négociations n‘entrera en vigueur qu‘avec l‘adhésion formelle, qui tarde encore mais constitue une priorité du gouvernement. Parmi les problèmes qui subsistent, il en est un particulièrement aigu: l‘exportation temporaire de montres vers la Suisse pour réparation. Il est en effet nécessaire de rapatrier certains types de montres, notamment les garde-temps à complications, pour les réparer. Or ce qui ne devrait être qu‘une simple formalité est en Russie un véritable casse-tête: en raison d‘une bureaucratie disproportionnée, l‘autorisation de différents services relevant de l‘administration des douanes et du ministère des finances est requise. Lors des discussions officielles, ce point a pu être abordé avec Elvira Nabiullina, ministre du développement économique, et Dmitry Pankin, vice-ministre des finances, à qui un mémorandum stigmatisant ce problème a été remis. Dans un premier temps, ceux-ci ont admis que la simplification des processus administratifs était bien une priorité du gouvernement mais que les réformes prennent du temps. Espérons qu‘une réponse claire et pragmatique sera donnée prochainement à notre requête! Dans la mesure où la Russie souhaite développer son commerce et attirer des investisseurs helvétiques, nos interlocuteurs auront pu constater que ce développement passera obligatoirement par une nette amélioration des conditions cadres offertes aux dits investisseurs. Si l‘adhésion à l‘OMC se concrétisait rapidement, un bon bout du chemin sur la voie de la simplification du système russe serait fait. D‘ici là, nous allons continuer de suivre attentivement l‘évolution de ce grand marché en devenir.
Jean-Daniel Pasche, Président Source: Revue FH du 04 sept. 08/No 13