Tribune de Genève - 21 septembre 2011
Olivier Wurlod
Au vu de la conjoncture internationale, les statistiques mensuelles de l'Administration fédérale des douanes, démontrant que le commerce extérieur suisse commence à souffrir, ne sont pas surprenantes. Le mois d'août se boucle ainsi sur une baisse de 4,1% à 13,9 milliards de francs. Seule exception à cette détérioration des affaires helvétiques hors de nos frontières: l'horlogerie.
En affichant, une croissance de 16,4% au mois d'août, cette dernière semble définitivement planer sur son nuage. «Si la vigueur de la reprise en 2010 nous avait surpris, actuellement, cette progression des chiffres est en continuité avec nos attentes», assure pourtant Jean-Daniel Pasche, le président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH). Ce dernier, optimiste, suppose même que 2011 sera une nouvelle année record pour la branche.

Derrière cette forte croissance, le marché chinois se démarque des autres avec une croissance de 44,3%. Avec une progression de 110,5 millions de francs au mois d'août, l'Empire du Milieu apparaît comme étant le troisième débouché commercial pour l'horlogerie suisse. Bien loin derrière Hongkong (271,1 millions), mais de plus en plus proche des Etats-Unis dont les exportations ont pourtant augmenté de 21,8% (à 127,3 millions). «Aux Etats-Unis, à cause de la crise de 2008, nous nous rapprochons du niveau d'affaires de 2005. Nous y sommes donc encore dans une position de rattrapage», rajoute Jean-Daniel Pasche.
En Europe, par contre, les affaires sont moins florissantes. La France connaît même un recul au mois d'août de plus de 6%, ce qui n'était plus arrivé depuis dix-sept mois.
Selon les estimations émises par la Fédération de l'industrie horlogère suisse, le succès a essentiellement concerné les montres entre 200 et 3000 francs.
Impact concret
Mais ce boom des exportations étrangères a-t-il réellement bénéficié à la branche? «Si la force du franc a clairement eu un impact sur nos marges, contrairement à d'autres secteurs industriels comme celui des machines, notre situation reste globalement positive», explique Jean-Claude Biver, le directeur général de la marque Hublot.
Cette forte croissance doit effectivement faire saliver les autres secteurs exportateurs suisses dont le mois d'août a été des plus mauvais. Au palmarès des baisses, l'industrie du papier et des arts graphiques s'est effondrée de 24,1%, suivie par l'industrie textile (–15,7%).
Baisse généralisée
Le plus inquiétant est que géographiquement cette baisse des exportations concerne tous les continents à l'exception de l'Océanie (+21,1%). Même celles en direction de l'Asie se tassent de 4%. Si certaines régions comme l'Inde (+11,4%) ou Hongkong (+10,1%) plébiscitent de plus en plus les produits helvétiques, elles ne parviennent pas à compenser la baisse au Japon (–9,9%), à Singapour (–6,1%) et au Moyen-Orient (–11,8%).
Quant aux importations, pour le mois d'août, elles sont aussi en baisse de 6,4% à 13,1 milliards. Première victime de cette dégradation, les biens de consommation qui chutent de 11,5%.
Au final, depuis le début de l'année, le solde de la balance commerciale helvétique reste malgré tout positif avec un excédent commercial de 15,1 milliards.
En savoir plus:
Statistiques de la Fédération de l'industrie horlogère suisse
