Le franc tue-t-il l'économie?

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Nayla Hayek, la présidente de Swatch Group, le regrette. Elle estime que de nombreuses places de travail sont menacées.


Tribune de Genève - 25  juin 2011

Roland Rossier avec ATS


La faiblesse de l'euro, toujours liée à la crise grecque, continue de renforcer, par un effet ricochet, le franc. Hier soir, un euro valait moins de 1 fr. 19 dans le marché des devises. L'industrie d'exportation helvétique, et en particulier l'horlogerie – l'une des branches économiques essentielles de Suisse romande – tire la langue.

Cette flambée du franc représente actuellement le premier sujet de préoccupation de l'industrie horlogère, selon la présidente de Swatch Group, Nayla Hayek. Le franc lourd annule les efforts entrepris, regrette-t-elle dans une interview publiée hier par le Bund et le Tages-Anzeiger.

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«Nous travaillons, nous obtenons d'excellents résultats qui sont ensuite avalés par le franc», a notamment expliqué Nayla Hayek aux deux quotidiens alémaniques. De nombreuses places de travail sont menacées en Suisse, avertit-elle. «La situation n'est plus si anodine, nous devons gentiment nous réveiller.»

La fille du créateur de Swatch Group, Nicolas Hayek, décédé il y a près d'un an, appelle notamment le ministre de l'Economie, Johann Schneider-Ammann, ancien administrateur du groupe biennois, à réagir. Tous les chefs d'entreprise de la branche horlogère ne partagent pas les critiques des dirigeants de Swatch Group.

Président de Quinting SA, une marque de luxe présente dans les cantons de Genève et Neuchâtel, Pascal Berclaz fait observer que ses employés, «et en particulier ceux qui sont frontaliers et dépensent donc dans la zone euro, sont heureux de bénéficier du franc fort». Pour cet industriel, «le franc fort représente aussi notre meilleur allié. Il contribue à la bonne image de la Suisse et, donc, l'industrie du luxe profite aussi de cette bonne image».

Pascal Berclaz ajoute un autre avantage au franc fort: «Tout ce que nous achetons à l'étranger, dans l'horlogerie comme dans les autres branches industrielles, est moins cher».

Même si le franc fort soulève des inquiétudes grandissantes, nombre d'entreprises continuent de faire preuve d'un optimisme prudent, écrit la Banque nationale suisse, habituée à ménager la chèvre et le chou, dans son dernier bulletin trimestriel.

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