Jusqu'à 30% moins cher

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Le temps est au gris, non seulement à cause de la saison, mais aussi parce que les temps deviennent plus difficiles, en raison de la crise.
La crise affecte tous les secteurs, y compris les maisons de ventes aux enchères qui n'arrivent plus à écouler tous leurs lots, comme récemment à Dubaï où la moitié des bijoux n'ont pas trouvé preneur. François Curiel, le PDG de Christie's, peut se faire bien du souci. Mais il n'a pas perdu de temps. De retour à Genève, il a téléphoné à ses clients pour qu'ils baissent leur prix de réserve. En Russie, les milliardaires ont fondu comme neige au soleil, selon le magazine Forbes. D'une cinquantaine au départ, ils ne seraient plus que vingt-cinq. Roman Abramovitch a même différé son mariage pour consolider son empire. Economie_324491_0Osvaldo Patrizzi L'horlogerie est aussi touchée. Elle est en pleine phase d'observation. Je suis persuadé que les grandes entreprises horlogères s'en sortiront car il y aura toujours des amateurs de belles mécaniques et de grandes complications. Une chose me frappe cependant, c'est le nombre de montres - près de 2450! - proposées à Genève, toutes maisons confondues, lors de la traditionnelle semaine de ventes aux enchères à la mi-novembre. Un nombre que je trouve grandement exagéré pour une qualité qui n'est pas toujours au rendez-vous. Je pense aussi qu'Antiquorum a des estimations parfois excessives comme pour cette collection de montres émaillées faites pour le marché chinois, et qui a été refusée par plusieurs maisons de vente, car le propriétaire demandait trop. D'une façon générale, le choix de montres est certes là, mais je suis loin de croire que tout se vendra. Heureusement qu'il y a Patek Philippe qui fait plus que jamais le bonheur des acheteurs. Mais le plus habile est incontestablement Osvaldo Patrizzi. Dans les montres depuis plus de trente ans, il a senti le vent tourner et a anticipé des changements qui sont inévitables. A la tête de sa nouvelle société Patrizzi & Co Auctioneers, il présente des estimations qui ne sont pas du tout exagérées et, surtout, il a renoncé à la commission acheteur qui pouvait se monter jusqu'à 30%. Une Patek Philippe à 120?000 francs, frais compris, ne coûterait plus ainsi qu'environ 95?000 francs. Le monde entier attend cette innovation qui renouvellera radicalement le visage des ventes. Car je suis persuadé que les autres maisons devront s'aligner sur cette façon de faire. Osvaldo Patrizzi aura le mérite d'avoir fait bouger le monde des enchères. Bien que d'origine italienne, il a une trempe toute germanique, croyez-moi. Mon seul souci, je le répète, est que les collectionneurs soient encore assez nombreux au rendez-vous genevois. Je ne manquerai pas de vous tenir informé. Economie_324491_1 GABRIEL TORTELLA Source: Tribune de Genève - 6 novembre  2008