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Descendant direct de Napoléon et fondateur de la marque, Jérôme De Witt veille aujourd'hui à perpétuer l'esprit qu'il lui a insufflé. Nathalie Veysset, actuelle CEO, évoque l'actualité de l'entreprise.

WORLDTEMPUS – 30 août 2010

Propos recueillis par Louis Nardin


La démarche fière et sa chevelure poivre-sel élégamment lissée vers l'arrière, Jérôme De Witt continue de donner le ton des nouvelles collections et les pistes de recherche en technique horlogère de sa marque. Descendant direct de Napoléon, ce passionné d'art et d'horlogerie possède des liens de parenté avec nombre de monarchies européennes. Sa marque, fondée il y a huit ans, vient de faire parler d'elle en devenant chronomètreur officiel de la Queen's Cup, une compétition de polo se tenant sous la tutelle de la Reine d'Angleterre.

 

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Cet héritage noble se retrouve dans la nouvelle campagne de publicité. Décidée par Nathalie Veysset, actuelle CEO et issue du milieu bancaire, elle met en scène des tableaux de maîtres où un objet actuel a été introduit – chapeau, clés, lunettes de soleil. But de l'opération: diffuser le nouveau slogan de De Witt: Classical audacity (Audace classique).

Connue pour ses montres techniques dont le prix s'échelonne de 20'000 francs suisses à plus d'un million, De Witt emploie 70 personnes essentiellement sur son site de production de Meyrin dans les environs de Genève. Cette année, Nathalie Veysset estime que la production devrait atteindre 1'200 pièces. Depuis 2007, le bureau de recherche et développement interne s'attelle à la construction de nouveaux mouvements mécaniques dont le dernier en date, second du catalogue et disposant d'un tourbillon ainsi que d'un remontage automatique complexe, sera intégré dans des nouveautés 2011. Aujourd'hui, la marque conçoit et assemble à l'interne l'entier de ses mouvements, dispose d'une unité totalement dédiée au prototypage et d'ateliers de montage répartis par types de mouvements.
Dissimulant un caractère ancré et fort derrière un sourire radieux et une douceur naturelle, Nathalie Veysset livre un compte-rendu de son actualité.

 

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Louis Nardin: De Witt a pris très tôt des mesures pour contrer les effets de la dernière crise horlogère. Ont-elles porté leurs fruits?

Nathalie Veysset: Oui. Lors de mon arrivée en 2008, j'ai constaté un déséquilibre entre les commandes de composants qui restaient importantes, et les ventes sur laquelle j'avais de plus en plus de peine à avoir une bonne visibilité, certains détaillants refusant de transmettre l'état de leurs stocks par exemple. L'étalement des délais à laquelle nos factures étaient réglées et le silence de certains d'entre eux m'a donc incité à exiger de la transparence. En a découlé un travail important de réévaluation de tout notre réseau de distribution. Privilégiant une communication franche et ouverte, nous avons sondé nos détaillants sur la force de leur motivation à travailler avec nous et enregistrer leurs remarques et avis. Cette opération a eu un certain coût puisque parfois des stocks de pièces ont été rachetés et que des relations de travail ont été interrompues. Mais aujourd'hui, notre réseau de distribution est effectivement assaini, en adéquation avec le positionnement de la marque et efficient. Des contrats de distribution ont été annulés pour la reprendre en direct ou la confier à des agents de qualité comme John Omer  -ex Harry Winston – le nouveau vice-président de la marque aux Etats-Unis.

Comment se déroule l'approvisionnement en mouvements depuis la fermeture de BNB, principal fournisseur de calibres de la marque?
BNB avait été créé sous l'impulsion de Jérôme De Witt dont il était d'ailleurs actionnaire et nos relations commerciales ont été très fortes depuis le début. Nous recevions les mouvements sous forme de kits qui étaient ensuite montés à l'interne. Aujourd'hui, nous disposons d'un stock suffisant pour poursuivre la production et assurer le service après-vente. Toutefois, nous avons également les capacités de produire à l'interne plusieurs composants si nécessaire.

La création de nouveaux calibres représente-il un véritable axe de développement?
Absolument. Un calibre entièrement développé à l'interne est déjà sur le marché, un second le sera au printemps prochain et nous travaillons sur un mouvement de base. Des modules additionnels sont aussi à l'étude, parfois avec des partenaires externes comme Agenhor par exemple.

Quelle attention portez-vous au service après-vente?

Ce fut l'une de mes premières priorités après l'organisation de la production lors de mes débuts chez De Witt. Le service après-vente a été structuré et les processus modélisés pour raccourcir les délais d'exécution à 5 semaines au maximum dès l'acceptation du devis par le client et si l'entier des opérations peut être réalisé à l'interne. Par ailleurs, la communication est un élément central et le client est régulièrement tenu averti de l'avancement des travaux par lettre, comme le détaillant d'ailleurs. De Witt ne prend aucune commission sur les services après-vente mais autorise les détaillants à le faire. Ce montant atteint généralement entre 10 et 30% du montant de la réparation. Après 6 à 7 ans d'utilisation, le service de base est réalisé gratuitement. Inversement, pour promouvoir une culture du respect de la montre, nous nous laissons la liberté de faire payer ce service si la montre avait dû être maltraitée.

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Votre campagne actuelle a été le fruit d'un long travail de maturation et a reçu un accueil très varié. Quel message véhicule-t-elle?
Il a en effet fallu neuf mois de discussions avec Monsieur De Witt, de briefs avec l'agence de publicité et plus tâtonnements pour parvenir à un slogan qui illustre parfaitement la personnalité de De Witt. «Classical audacity» illustre en effet l'ancrage de la marque dans la tradition horlogère et un caractère courageux qui l'incite à y injecter de la nouveauté. La campagne qui met en scène des tableaux de maîtres légèrement modifiés a été voulue drôle, différente et ne représente que la première étape d'un projet de communication. Les réactions ont été très contrastées effectivement. Détestée par certains, elle a eu un succès croissant et reste très différente de ce qui se voit aujourd'hui sur le marché. La campagne a même été au centre d'une surprise de notre distributeur chinois lors de l'inauguration de notre première boutique à Pékin. Il avait costumé quatre figurants avec les habits des personnages des tableaux qui étaient présents tout au long de la cérémonie.

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Que pouvez-vous dévoiler sur les nouveautés à venir en 2011?
Il faut s'attendre à plus d'une dizaine de nouveaux modèles dont certains seront équipés de notre nouveau mouvement DW8014 à remontage automatique séquentiel par masse oscillante périphérique. D'ailleurs, nous souhaitons donner une place plus vaste aux femmes et allons présenter une collection entièrement féminine. A l'avenir, nous continuerons également de dévoiler régulièrement des montres concepts comme la X1 ou l'Antipode.

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