Septième génération d'une dynastie de joailliers iraniens, ce passionné n'a qu'une idée en tête: concevoir des parures et des montres radicalement différentes des autres.
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J'exerce le plus beau métier du monde! Shapour Jahan affirme clairement sa passion. Représentant la septième génération d'une dynastie de joailliers, entouré de toute sa famille solidement unie, il se profile comme le grand créateur au parcours bien personnalisé de cette maison qui a pignon sur rue à Genève. Discret de nature, Shapour Jahan s'épanouit dans son travail. Son bureau, à l'étage, reste souvent éclairé tard dans la nuit. Dans le plus grand silence, il s'adonne à sa passion favorite: la création. C'est lui qui dessine et redessine jusqu'à la perfection, les très beaux joyaux qui deviendront, au bout du cycle créatif, les plus belles parures du monde. Tellement belles qu'elles semblent presque hors du temps et ont cette vertu de ne pas se démoder. «Nous faisons un travail béni de Dieu. Notre vocation est d'offrir des parures qui donnent de la joie et du bonheur à nos clients qui sont aussi nos amis. Quand ceux-ci contemplent et portent nos pièces, ils nous associent tout naturellement à leur bonheur». Interviennent notamment dans ce feu d'artifice, les beaux rubis et les saphirs qui infusent leur feu intérieur, mais maîtrisé, aux belles parures. Marchant sur les traces de son père, Shapour Jahan est aussi pionnier. «Ma passion est de concevoir des parures et des montres qui soient radicalement différentes de toutes les autres.
De même, il y a des milliers de parfums dans le monde, mais celui que nous venons de créer, «Jewel», est absolument unique avec son flacon qui est déjà lui-même un joyau.» Sur sa lancée, et ne se contentant pas de dessiner, Shapour Jahan a conçu il y a quelques années, une ligne de montres aussi bien pour hommes que pour dames. Des pièces de haute horlogerie, uniques elles aussi, agréables au poignet et que l'on porte avec fierté.
Dans cet exercice de style, le travail des mains est privilégié. Tout comme le sur-mesure. Et le temps n'est pas épargné. Une parure comprenant collier, bracelet et bague, ornée de vingt rubis birmans d'un rouge éclatant, a demandé deux ans d'élaboration. «Une vraie pièce de musée» qu'il n'est tout de même pas loin de considérer comme son dernier, et plus bel enfant. Dans sa jeunesse, Shapour Jahan n'avait qu'un but: marcher sur les traces de son père qu'il accompagnait dans ses déplacements, à la recherche des plus belles pierres, tout en assistant déjà aux contacts extraordinaires avec différentes personnalités, à l'occasion de commandes spéciales. Il se souvient de sa première commande réalisée uniquement par ses soins: une montre appelée Oxus, du nom de ce fleuve qui joua un rôle important dans l'histoire antique de la Perse. Mais chacune des parures qu'il a créées est aussi en soi, il le reconnaît, une oeuvre d'art. Autre souvenir: une commande particulière ordonnée par deux soeurs bénéficiant chacune d'un budget identique. Il réussit à concevoir deux parures totalement différentes, mais qui avaient les mêmes pierres et le même nombre de carats. Aujourd'hui Shapour Jahan voyage tout autant. Mais sa grande préoccupation a été le relookage de la marque Jahan. Un labeur d'autant plus absorbant que la modernisation, nécessaire mais sans devenir fashion, devait s'accompagner également du maintien du caractère classique, propre à Jahan. Deux ans plus tard, Shapour Jahan peut dire que la mission est bien accomplie. Ce nouveau look, traduit dans les faits avec la collaboration de l'architecte d'intérieur genevois Jackie Nyffeler, est bien visible à la boutique de la rue du Rhône à Genève, qui a rouvert ses portes après des années de travaux attentifs et minutieux. Et déjà Shapour Jahan s'est attaqué à l'étape suivante: l'ouverture, après Ryad et Jeddah en Arabie saoudite, de nouvelles boutiques dans le monde entier.
Michel Bonel
Tribune des Arts - No353 - Juillet-Août 2007
