Le directeur de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne offre ses connaissances et des stages dans le cadre de la création d'une école de design dans les Emirats.
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Pierre Keller, le dynamique directeur depuis 1995 de l'ECAL (Ecole cantonale d'art de Lausanne) rentre de Dubaï. Il était l'invité de l'International Design Forum, cet important colloque réunissant tous les grands noms en matière de design qui peuvent ainsi échanger leurs expériences et bâtir parfois des projets communs. «Dubaï est une ville incroyable. Elle construit toutes sortes d'immeubles àune allure vertigineuse, dans tous les matériaux et tous les styles. Ce qui donne un sacré mélange.» L'hôtel dans lequel séjournait Pierre Keller, avait été construit en dix-huit mois, grâce au travail, jour et nuit, de 20 000 ouvriers de l'Inde, du Pakistan et de la Chine. Le plus extraordinaire étant le Burj Al Arab, la tour hôtel de 321 mètres de haut, avec ses 60 étages, ses 18 ascenseurs et sa piste d'héliport au sommet. «C'est quand même unique. Même si le kitsch n'est jamais très loin!» Mais ce qui l'a le plus impressionné, c'est l'énergie débordante que l'on sent sourdre partout, comme une source irrésistible. Bref, un essor phénoménal dans lequel le design a sa place. Car la ville de Dubaï veut créer une grande école en ce domaine. Et Pierre Keller apportera sa contribution. «Je suis passionné à l'idée de communiquer notre know-how et nos connaissances», s'enflamme-t-il. Pierre Keller a tenu une conférence sur l'incroyable success story de l'ECAL, reconnue aux quatre coins de la planète et placée dans le top des cinq écoles européennes. Pour sa part, Alexis Georgacopoulos, responsable du département design industriel et de produits, a exposé les relations qu'entretient l'ECAL avec l'industrie du luxe, ce qui lui permet de rayonner internationalement.
Vive les décisions rapides!
Finalement, ce qui motive aussi Pierre Keller, c'est que les décisions interviennent très rapidement dans ce pays. A l'inverse de l'Asie où entrent en ligne de compte de nombreuses instances intermédiaires, y compris politiques, qui peuvent freiner les réalisations. Pourtant, il sait qu'un autre grand projet d'école de design est en gestation en Corée. L'ECAL, qui compte quelque 400 élèves, s'apprête à inaugurer le 29 septembre prochain, son nouveau siège à Renens, dans une ancienne usine de bas remodelée par Bernard Tschumi et le bureau Fehlmann à Morges. L'Elysée et le centre de Bussigny seront alors abandonnés. De quoi encourager, si besoin, les étudiants du Golfe qui, en guise d'initiation, viendront suivre des cours de deux semaines dès mars prochain.
Tribune des Arts - No353 - Juillet-Août 2007
