Nadja Auermann, un top-modèle à Genève

3 minutes read
L' Allemande est l'ambassadrice de la dernière création de Grisogono

Fawaz Gruosi et Nadja Auermann. Le mannequin allemand a donné la priorité à sa famille. «J'ai deux enfants, je savais que je ne pourrai plus vivre comme avant…» (LAURENT GUIRAUD)  

Genève plaque tournante des people? Il y a une semaine, jour pour jour, Nicole Kidman provo­quait une mini-émeute à la rue du Rhône: elle inaugurait la boutique Omega! Hier, l'événement s'est déplacé de quelques mètres. Sur le même trottoir. Avec Fawaz Gruosi en maître de cérémonie. Et le Ladies Lunch comme toile de fond. Au coeur de la salle, une femme attire le regard: le top­modèle allemand, Nadja Auer­mann (35 ans), ambassadrice de la montre «be Eight», la dernière création de Grisogono.
Il fait une chaleur étouffante à l'étage. Et le brouhaha am­biant n'aide pas à la discussion. Assise à côté de Kirsty Berta­relli, Nadja Auermann sirote une coupe de champagne rosé. Choisit ses mignardises avec gourmandise. Il n'y a pas de garde du corps à proximité. Pas de cordon de sécurité. L' Alle­mande se laisse aborder sans chichi. A quelque part, sa pré­sence peut même paraître ana­chronique. Au coeur de ce souk au féminin où tarot, cuisine ita­lienne et glamour font ménage commun.
Car elle fait partie de cette espèce de manne­quins en voie de dis­parition. Ces top­modèles qu'on a éle­vés au rang de divi­nités. Il y avait Claudia Schiffer, Elle Mac Pherson, Cindy Crawford, Linda Evangelista et… Nadja Auer­mann! «Il reste Kate Moss, sourit-elle.
Mais la mode est un peu le miroir de la société. C'est devenu une sorte de fast-food où les gens sont tous remplaça­bles. Les marques ont aussi choisi de moins lier leur nom à des personnalités…» Si elle vit désormais à Berlin, sa ville natale, l' Allemande parle un français parfait. Souvenir de son séjour à Paris dans les an­nées 90. Nadja Auermann doit sa carrière à une rencontre for­tuite à la terrasse d'un café. Avec son regard bleu et son élégance hitch­cockienne, elle se re­trouve vite à poser pour Ellen von Unwerth, Helmut Newton ou Richard Avedon. A faire la une de Vogue et Harper's Bazaar. Ce qui plaît surtout chez elle? Ses jambes. On dit d'ailleurs qu'elle a les plus longues de la profession.
«Joséphine Baker disait que chacun avait sa singularité. Pour certaines filles, ce sont les che­veux. Ou les seins – comme Pa­mela Anderson. Moi, c'était les jambes! Et, dans certains pays, de jolies jambes sont souvent ce qu'il y a de plus important…» Nadja Auermann croque dans un macaron. Derrière elle, deux chanteuses en robe fuchsia se déhanchent. En reprenant le dernier tube de Shakira.
Lorsqu'elle débarque sur les podiums, Nadja doit affronter les réflexions. Elle est Alle­mande, elle a une année de moins qu'elle, elle devient blonde… On la compare forcé­ment à Claudia Schiffer. «Nous n'avons jamais été en compéti­tion. Nous avions chacune notre style. Notre personnalité. Le client choisissait Claudia ou moi en fonction de l'image qu'il sou­haitait donner à son produit.» En décidant de se couper les cheveux, Nadja Auermann a peut-être cherché aussi à se dis­tancer de sa compatriote.
«J'avais surtout envie de changer de tête, corrige-t-elle. Cela permettait d'aiguiser l'ins­piration des créateurs. Et puis, contrairement à ce que les fem­mes pensent, les hommes ado­rent les cheveux courts…» Aujourd'hui, Nadja Auermann a retrouvé sa longue crinière – qu'elle a montée en chignon pour l'occasion. Mais elle se fait plus rare. «Avec deux enfants (Cosima (9 ans) et Nicolas (7 ans) – réd.), je savais que je ne pourrai plus vivre comme avant. J'ai donné la priorité à ma famille: je ne travaille plus autant qu'avant, c'est vrai! Mais je n'ai que 35 ans et je ne suis qu'au début de ma vie.» L' Allemande ne sait pas en­core quel chemin prendre à l'avenir. Elle a créé un parfum à son nom. A tourné quelques films dans son pays. «J'aimerais aussi reprendre mes études», confie-t-elle. Au premier étage de la boutique, le son est monté d'un cran. Nadja Auermann at­taque un mini tiramisu. Comme si elle finissait un repas entre copines.

Tribune de Genève / JEAN-DANIEL SALLIN  / www.tdg.ch


 

Marque