Fawaz Gruosi et Nadja Auermann. Le mannequin allemand a donné la priorité à sa famille. «J'ai deux enfants, je savais que je ne pourrai plus vivre comme avant…» (LAURENT GUIRAUD)
Genève plaque tournante des people? Il y a une semaine, jour pour jour, Nicole Kidman provoquait une mini-émeute à la rue du Rhône: elle inaugurait la boutique Omega! Hier, l'événement s'est déplacé de quelques mètres. Sur le même trottoir. Avec Fawaz Gruosi en maître de cérémonie. Et le Ladies Lunch comme toile de fond. Au coeur de la salle, une femme attire le regard: le topmodèle allemand, Nadja Auermann (35 ans), ambassadrice de la montre «be Eight», la dernière création de Grisogono.
Il fait une chaleur étouffante à l'étage. Et le brouhaha ambiant n'aide pas à la discussion. Assise à côté de Kirsty Bertarelli, Nadja Auermann sirote une coupe de champagne rosé. Choisit ses mignardises avec gourmandise. Il n'y a pas de garde du corps à proximité. Pas de cordon de sécurité. L' Allemande se laisse aborder sans chichi. A quelque part, sa présence peut même paraître anachronique. Au coeur de ce souk au féminin où tarot, cuisine italienne et glamour font ménage commun.
Car elle fait partie de cette espèce de mannequins en voie de disparition. Ces topmodèles qu'on a élevés au rang de divinités. Il y avait Claudia Schiffer, Elle Mac Pherson, Cindy Crawford, Linda Evangelista et… Nadja Auermann! «Il reste Kate Moss, sourit-elle.
Mais la mode est un peu le miroir de la société. C'est devenu une sorte de fast-food où les gens sont tous remplaçables. Les marques ont aussi choisi de moins lier leur nom à des personnalités…» Si elle vit désormais à Berlin, sa ville natale, l' Allemande parle un français parfait. Souvenir de son séjour à Paris dans les années 90. Nadja Auermann doit sa carrière à une rencontre fortuite à la terrasse d'un café. Avec son regard bleu et son élégance hitchcockienne, elle se retrouve vite à poser pour Ellen von Unwerth, Helmut Newton ou Richard Avedon. A faire la une de Vogue et Harper's Bazaar. Ce qui plaît surtout chez elle? Ses jambes. On dit d'ailleurs qu'elle a les plus longues de la profession.
«Joséphine Baker disait que chacun avait sa singularité. Pour certaines filles, ce sont les cheveux. Ou les seins – comme Pamela Anderson. Moi, c'était les jambes! Et, dans certains pays, de jolies jambes sont souvent ce qu'il y a de plus important…» Nadja Auermann croque dans un macaron. Derrière elle, deux chanteuses en robe fuchsia se déhanchent. En reprenant le dernier tube de Shakira.
Lorsqu'elle débarque sur les podiums, Nadja doit affronter les réflexions. Elle est Allemande, elle a une année de moins qu'elle, elle devient blonde… On la compare forcément à Claudia Schiffer. «Nous n'avons jamais été en compétition. Nous avions chacune notre style. Notre personnalité. Le client choisissait Claudia ou moi en fonction de l'image qu'il souhaitait donner à son produit.» En décidant de se couper les cheveux, Nadja Auermann a peut-être cherché aussi à se distancer de sa compatriote.
«J'avais surtout envie de changer de tête, corrige-t-elle. Cela permettait d'aiguiser l'inspiration des créateurs. Et puis, contrairement à ce que les femmes pensent, les hommes adorent les cheveux courts…» Aujourd'hui, Nadja Auermann a retrouvé sa longue crinière – qu'elle a montée en chignon pour l'occasion. Mais elle se fait plus rare. «Avec deux enfants (Cosima (9 ans) et Nicolas (7 ans) – réd.), je savais que je ne pourrai plus vivre comme avant. J'ai donné la priorité à ma famille: je ne travaille plus autant qu'avant, c'est vrai! Mais je n'ai que 35 ans et je ne suis qu'au début de ma vie.» L' Allemande ne sait pas encore quel chemin prendre à l'avenir. Elle a créé un parfum à son nom. A tourné quelques films dans son pays. «J'aimerais aussi reprendre mes études», confie-t-elle. Au premier étage de la boutique, le son est monté d'un cran. Nadja Auermann attaque un mini tiramisu. Comme si elle finissait un repas entre copines.