26 octobre 2009
Fabrice Eschmann
Depuis 14 ans au Contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC), dont 12 ans comme directeur, Pierre-Yves Soguel a remis sa démission avec effet immédiat et quitté l'institution à fin août dernier. Confirmée par Germain Rebetez, président du COSC, l'information n'a pas été communiquée au-delà des marques clientes. Cette séparation – à l'amiable assurent les deux parties – porte sur une divergence de vue concernant les réformes entreprises au sein du COSC. Aucun nouveau directeur n'a pour l'heure été nommé.

« Lorsque le nouveau conseil d'administration est entrée en fonction il y a deux ans, des options technologiques et organisationnelles ont été prises, explique Pierre-Yves Soguel. Or, le directeur se doit d'être en ligne avec son conseil d'administration. J'avais une perception différente, j'ai donc pris une décision. »
« Nous avons entamé une mutation importante, concernant la structure et l'orientation technologique, confirme Germain Rebetez. La technologie sur laquelle repose notre système de mesures a plus de 10 ans. Nous ne sommes pas en danger, mais nous devons nous adapter. Pierre-Yves Soguel n'était pas l'homme de la situation. »
Pour autant, les deux hommes déclarent s'être quitté d'un commun accord et en bons termes. « Pour preuve, insiste Pierre-Yves Soguel, tous les clients du COSC ont été averti de mon départ, et j'ai joint à ce message une lettre personnelle dans laquelle je prends congé d'eux. »
Aucun nouveau directeur n'a pour l'heure été nommé, Germain Rebetez assurant l'intérim. « Il n'y a pas le feu à la maison, relativise le président. Les premières auditions vont se faire prochainement. Mais nous sommes dans un processus de réformes qui a pour horizon 2012-2014. Nous avons le temps. »
Le COSC a connu ces dernières années un développement considérable, à l'image de toute l'horlogerie suisse. Entre 1990 et 2008, le nombre de montres testées est passé d'un peu plus de 600'000 à 1'600'000.
De son côté, à 57 ans, Pierre-Yves Soguel se dit « trop jeune et pas assez fortuné » pour prendre sa retraite. Ingénieur en microtechnique, « avec une forte orientation pour l'horlogerie », il assure avoir de nouveaux projets, sans vouloir en dire plus.
BIPH