les horlogers en croisade contre les imitations

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Aujourd'hui, lutter contre les faussaires relève du cauchemar. Pour venir à bout de ce fléau, l'industrie horlogère prêche l'examen de conscience collectif.
Dejan NicolicLa Tribune de Genève - 21.01.2009

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© Keystone / Chaque année, à cause du marché de la contrefaçon horlogère, le manque à gagner pour la branche s'élève à plus de 1,2 milliard de francs. La production de fausses montres est estimée à 40 millions d'unités par an.


Qui profite de la crise financière? Si vous posez aujourd'hui la question à un horloger, il vous répondra: les contrefacteurs! Une peste qui de tout temps a gangrené les milieux horlogers suisses. Mais récemment, le phénomène a gagné du terrain.Raison pour laquelle les Fondations de la haute horlogerie (FHH) et de l'industrie horlogère suisse (FHS) ont conjointement lancé lundi, dans le cadre du Salon international de la branche à Palexpo, une campagne internationale de lutte contre les fausses montres. L'objectif consiste à sensibiliser la clientèle aux ravages de cette calamité internationale. Avec pour arme, un slogan choc: «Fake watches are for fake people» (ndlr: «Les fausses montres sont pour les imposteurs»), dorénavant visible dans tous les magazines spécialisés.«La répression n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de la piraterie», souligne Franco Cologni, président de la FHH. Débusquer les réseaux de mafieux ne suffit pas à éradiquer le problème. «Dès qu'un produit sort de nos usines en Suisse, il se retrouve aussitôt copié en Chine. Il faut donc agir en amont et faire comprendre aux clients que ces actes d'achat a priori anodins sont en réalité lourds de conséquences.»Chaque année, le manque à gagner pour la branche s'élève à plus de 1,2 milliard de francs. A l'heure actuelle, la production de fausses montres est estimée à 40 millions d'unités par an.Lancé online, le trafic prend une tout autre dimension. «Le marché de la contrefaçon a depuis littéralement explosé, précise Jean-Daniel Pasche, président de la FHS. L'arrivée d'Internet l'a littéralement dopé.» Un canal de distribution formidable dont l'anonymat et les possibilités techniques offrent aux faussaires la possibilité d'éparpiller leurs activités de par le monde. Conséquence: la chasse aux pirates s'est depuis déployée sur la Toile. «Notre fondation a constitué une base de données afin d'identifier et analyser les produits incriminés. Elle permet en outre de remonter des filières et d'identifier les sites Web délictueux.»Dans un tel contexte, la crise financière fait malheureusement office de caisse de résonance. «Pour les falsificateurs, la crise est une source intarissable de diffusion et de profit», martèle Franco Cologni, président de la FHH. De plus en plus de propriétaires de montres se séparent de leurs bijoux, alimentant le juteux marché de l'occasion. «Le phénomène est d'autant plus dangereux que souvent, les montres de seconde main côtoient les contrefaçons», renchérit Jean-Daniel Pasche.Difficile donc pour le consommateur lambda de se faire une opinion sur l'authenticité des pièces convoitées, qu'elles soient commandées sur eBay ou ramenées d'Asie. «A notre niveau, nous ne pouvons contrôler que 1% du trafic de voyageurs, explique Daniel Ronney, chef du
service administratif au Bureau central du contrôle des métaux précieux à Berne. Les colis livrés sont systématiquement vérifiés. Mais il est difficile de traquer les imitations si elles sont cachées dans des DVD ou des haut-parleurs.» En moyenne, par année, 4000 fausses montres sont saisies aux douanes suisses. En juillet dernier, 29 000 d'entre elles étaient broyées à Cressier.