Des tocantes en toc détruites par milliers

2 minutes read
Ramener une Omega en toc, un faux sac Vuitton de son séjour à l'étranger, c'est fini. Depuis le 1er juillet, les contrefaçons sont saisies par les douanes. Pour sensibiliser le public, 29 000 fausses montres ont été détruites hier par la plate-forme suisse de lutte contre la contrefaçon et le piratage «Stop Piracy».
Des grincements de métaux broyés, de bris de verre, un vacarme qui devient de plus en plus assourdissant. La concasseuse entame la destruction de 29 000 contrefaçons de montres, moisson de quatre ans de saisies douanières. «A 100 fr. pièce en moyenne sur le marché, faites le calcul!» Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), ne s'en cache pas, le butin avait été soigneusement conservé pour être détruit hier, date de l'entrée en vigueur du renforcement de l'arsenal législatif contre le piratage et les contrefaçons. Quelque 28 427 contrefaçons, de marques de luxe pour la plupart, ainsi que 4130 DVD piratés ont été détruits hier dans une entreprise de recyclage de Cressier (FR). L'action a été menée conjointement par plusieurs organismes, dont la FH et la plate-forme suisse «Stop Piracy», histoire de marquer le coup et de sensibiliser le public. «Ce qui est important, c'est de faire passer le message», relève le président de la FH. Depuis le 1er juillet, plus possible de ramener de son séjour à l'étranger une fausse Patek, un polo Lacoste bidon ou un ersatz de Vuitton pour sa filleule Lætitia. Même acquises à titre privé et non dans le but de revente, les contrefaçons seront confisquées par les gabelous. Etre parodié pour un auteur, c'est un signe de reconnaissance. Pour une grande marque, «c'est un danger», observe Jean-Daniel Pasche. Qui cite l'atteinte au prestige, la perte de confiance du consommateur et les revers financiers pour l'entreprise. Une spirale qui aboutit à la suppression d'emplois d'un côté et à l'engraissement des organisations criminelles de l'autre. Le commerce mondial de produits contrefaits et piratés, sans compter les téléchargements et copies de programmes sur internet, a été estimé à 200 milliards de dollars par l'OCDE, souligne Anastasia Li, présidente de «Stop Piracy». L'économie suisse paie, elle, un tribut annuel de deux milliards de francs à la piraterie et aux faux. Alors oui, la nouvelle législation est un progrès, mais elle ne résoudra pas tout. «Il faut lutter ailleurs», convient Jean-Daniel Pasche. La FH a ainsi sensibilisé les vacanciers l'an dernier sur les plages de France, lieux forts prisés des vendeurs de pacotille et de toc. «La grande majorité des faux sont saisis à l'étranger, en Asie ou en Amérique latine. Mais si votre propre arsenal législatif n'est pas complet, cela pose un problème de crédibilité. Il importe de démontrer que la Suisse prend le problème au sérieux et fait également le ménage chez elle.» Il n'empêche. Tous les faux ne viennent pas de l'étranger. «Nous avons découvert des contrefaçons produites en Suisse d'une marque alimentaire très célèbre», indique Anastasia Li. Et dans le monde horloger, sans évoquer l'affaire de fausses vraies montres qui a défrayé les chroniques neuchâteloises au début des années 2000, la contrefaçon «existe, mais en quantité très faible», relève Jean-Daniel Pasche. Elle est cependant davantage le fait de «copies de modèles» entre marques, très ressemblants, plutôt que de véritables contrefaçons. Balayer devant sa porte, le vieil adage est toujours d'actualité. / DJY David Joly  Contrefaçon_320267_0 Jean-Daniel Pasche Un butin en attente de destruction dans les mains du président de la FH . (keystone)
SOURCE : lexpress.ch, 2 juin 2008 (cliquez sur la poignée de montres ci-dessus)...