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Leader des enchères

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Leader des enchères, Christie's règne sur l'immobilier de prestige romand

Acquise en 1995, l'activité immo­bilière de Christie's, leader mondial des enchères, reste en­core méconnue. La relation en­tre les secteurs de l'immobilier et de l'art pourrait même paraî­tre saugrenue.
Et pourtant. Aujourd'hui, il n'est pas rare de voir le prix d'une magnifique demeure at­teindre celui d'un tableau de grand maître. L'afflux de ri­chesse dans les pays émergents ainsi que la flambée des prix aidant, autant dire que le mar­ché de l'immobilier de prestige se veut désormais de plus en plus porteur. En témoigne la croissance du département Christie's Great Estates: actif dans plus de 25 pays à travers 650 partenaires locaux, le seg­ment immobilier de la maison britannique a vendu en 2005 de grandes propriétés dans le monde entier pour 75 milliards de dollars. Un chiffre annuel qui, un an plus tard, dépasse déjà les 100 milliards.
Gros potentiel
Une aubaine pour Christie's, «la seule maison d'enchères au monde à posséder son propre département immobilier», rap­pelle Eveline de Proyart, direc­trice de Christie's à Genève. Numéro deux du secteur mon­dial des enchères, le groupe Sotheby's s'est pour sa part séparé de cette activité, reprise il y a un peu plus de deux ans par le groupe américain Cen­dant Corporation. «Grâce à nos 600 bureaux affiliés, qui emploient quelque 22'000 per­sonnes, nous sommes le plus grand réseau d'agences immo­bilières internationales spéciali­sées dans le marché du luxe», remarque Joachim Wrang Wid­den, directeur de Christie's Great Estates.
Un réseau d'affiliés que la régie genevoise Société Privée de Gérance (SPG) a rejoint en 2005 à travers un partenariat baptisé «SPG Finest Properties» et dont le succès dépasse aujourd'hui les espérances. «Nous avons ac­tuellement 40 objets prestigieux à disposition de notre clientèle. Il s'agit effectivement d'un mar­ché de niche porteur, basé sur le principe de la confidentialité», remarque Catherine Blum, res­ponsable des ventes chez SPG Finest Properties.
Publiés à travers les différen­tes brochures éditées par Chris­tie's, les biens immobiliers d'ex­ception en Suisse romande et à Gstaad répertoriés par la SPG touchent ainsi 1 million de lec­teurs à travers quelque 300'000 magazines dans le monde en­tier. «La tendance à investir dans un bien immobilier rési­dentiel à l'étranger a sérieuse­ment décollé ces dix dernières années et connaît une crois­sance durable», confirme Joa­chim Wrang Widden. Et un potentiel réel pour l'immobilier prestigieux romand, région de choix pour la clientèle euro­péenne fortunée dont le budget pour une résidence secondaire varie entre 10 et 15 millions. «L'attente du marché pour une approche spécialisée dans la propriété résidentielle de luxe est réelle et dépasse les frontiè­res cantonales. Peu importe pour l'acheteur qu'une rési­dence de qualité soit située à Genève ou dans le canton de Vaud. Ce qui prime, c'est l'exclu­sivité et le cachet» ajoutait ré­cemment dans un communiqué Thierry Barbier-Mueller, admi­nistrateur- délégué du Groupe SPG
Un ranch à 55 millions de dollars
Qui dit exclusivité dit forcé­ment hors de prix. Chez Chris­tie's Great Estates, le prix moyen d'un bien immobilier commercialisé par le biais du réseau d'affiliés atteint 5,2 mil­lions dollars. Avec, à l'instar des ventes aux enchères réalisées par la maison mère, quelques records pour des demeures ex­ceptionnelles. En 2006, le ranch Little Jennie, 1220 hectares si­tués dans le Wyoming aux Etats-Unis, a ainsi été cédé pour la coquette somme de 55 mil­lions de dollars. L'une des plus importantes ventes jamais réa­lisées par des agents immobi­liers du réseau Christie's Great Estates. Citons également les 260 hectares du ranch Manda­lay à Aspen, ancienne propriété du producteur hollywoodien Peter Gruber, vendus pour 47 millions de dollars. Ou en­core le Duke-Semans Mansion, un hôtel particulier en ville de New York, dont le prix s'est affiché à 40 millions de dollars. Des sommes faramineuses qui ne font pas envier la Suisse romande. «Le prix des objets que nous proposons sur le terri­toire lémanique et dans diver­ses stations de ski suisses varie entre 4 et 40 millions de francs», note Catherine Blum. On en veut pour preuve l'une des dernières «acquisitions» genevoise de SPG Finest Pro­perties, une somptueuse pro­priété située sur les quais dans un parc de 10'000 m2, pile en face du lac Léman. Prix de­mandé: 27 millions de francs.

Tribune de Genève / Florence Noël / www.tdg.ch