Rolex et les horlogers américains se mobilisent pour aider les anciens combattants d'Irak et leurs familles : même on a des carnets de commande bien remplis, il n'est pas interdit d'avoir du cœur…

INITIATIVES : les anciens combattants de l'horlogerie
Quoiqu'on pense, personnellement, de la guerre menée en Irak par les Etats-Unis, un minimum de compassion s'impose pour les soldats blessés là-bas et souvent définitivement handicapés, au moins physiquement, dans la vie quotidienne. Aux Etats-Unis, en tout cas, les « vétérans » – Vets – sont l'objet de multiples programmes de réinsertion, dans lesquels les maisons horlogères commencent à jouer un rôle non négligeable.Première marque à intervenir sur ce terrain : Rolex. On sait que les Etats-Unis sont le premier marché de Rolex, mais l'opération en cours va bien au-delà d'un réflexe commercial opportuniste, dans la mesure où il s'inscrit dans le cadre beaucoup plus large d'une réflexion de la marque sur sa « responsabilité sociétale » (un bien grand mot contemporain pour qualifier ce qui devrait être la dignité élementaire de toute marque vis-à-vis de son environnement – mais ce sentiment n'est pas si courant…). Donc, Rolex parraine le programme de la fondation Fisher House, qui consiste à aider les famille des « vétérans » blessés rapatriés aux Etats-Unis et hospitalisés. Fisher House construit des « homes awau from home », c'est-à-dire des « hôtels » pour les familles qui veulent rester près de leurs proches (hommes ou femmes) hospitalisés dans les établissements spécialisés. Rolex a ainsi permis l'ouverture de plusieurs Fisher House, récemment à Dallas (Texas) et à Los Angeles (Californie), après avoir aidé la mise en place d'autres « maisons » à Fort Campbell (Kentucky) et San Antonio (Texas).Autre initiative intéressante : l'American Watch Guild vient de lancer un programme spécialement destiné aux Vets : the Watchmaker and Technician Training Programm for Disabled War Veterans and War Veterans. Comme son nom l'indique, cette initiative vise à réintégrer dans l'univers du travail les anciens combattants, gravement handicapés ou non. Là encore, ce programme pourrait paraître opportuniste : on sait que les Etats-Unis souffrent d'une très grave pénurie d'horlogers, ne serait-ce que pour assurer le SAV des montres mécaniques en circulation. Le pays ne compte que 4 400 horlogers formés, alors qu'il en faudrait quasiment huit à dix fois plus. Les onze écoles d'horlogerie ou de formation horlogère ouvertes aux Etats-Unis – certaines bénéficient d'ailleurs du parrainage (désintéressé) de Rolex – peinent à former plus de quelques dizaines de professionnels par an, alors que les besoins se chiffrent par centaines du fait de la forte demande de montres mécaniques. Mais les horlogers n'ont pas que des clients, ils ont aussi du cœur…Donc, sous la direction de Bob Filotei (patron local de Panerai), l'AWG développe toute une campagne de sensibilisation des Vets aux carrières de l'horlogerie, particulièrement attrayantes en termes de salaire pour des personnes souvent immobilisés sur des fauteuils roulants ou contraints par leurs blessures à une mobilité plus réduite. Les écoles d'horlogerie américaines assureront le soutien logistique (outils, matériels) de ce programmes d'apprentissage et de formation technique.
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