A 1000, l'odyssée de Carl F. Bucherer

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Carl F. Bucherer a réussi sa télétransportation dans l'espace élitiste des manufactures. Avec son premier mouvement maison, la marque lucernoise satisfait son ambition de légitimité en faisant preuve d'une belle créativité.


Révolution #1 - Septembre 2008Anne-Marie BelcariCarl F. Bucherer_328487_0

Rares sont ceux qui attendaient la marque sur ce terrain. Et ce, malgré le positionnement annoncé en 2001 qui laissait paraître une réelle volonté de reconnaissance et d'émancipation vers les hautes sphères de l'horlogerie. Mais pour en toucher les étoiles, encore fallait-il un réacteur. C'est en 2007 que Carl F. Bucherer est prêt pour le décollage. En acquérant l'atelier Techniques Horlogères Appliquées (THA), un spécialiste des complications, la firme achète son billet pour la véritable horlogerie, la complication mécanique. THA change de patronyme et devient Carl F. Bucherer Technologies SA , à la fois laboratoire d'idées, centre R&D et site de production. Si la marque peut désormais concevoir, développer et manufacturer ses propres mouvements, elle ne perd pour autant pas de vue que la différenciation est une des conditions pour briller dans cette galaxie. Condition remplie. Le premier rejeton prénommé CFB A1000 est l'aboutissement d'un vrai travail de fond. Après une gestation de trois ans, l'enfant prodige est présenté au Salon Baselworld 2008. L'originalité de ce calibre automatique mérite amplement que l'on se penche sur son berceau.

 

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L'ingéniosité sur orbite

Tout d'abord, une masse oscillante périphérique : telle une bague, elle vient cercler le moteur. Cette construction en satellite, rare et de réalisation complexe, présente un avantage visuel non négligeable : dégager complètement la vue sur les rouages du mécanisme et leur finition. En règle générale, les horlogers optent pour un rotor semi-circulaire qui pivote sur toute la surface du calibre et en éclipse donc toujours le panorama. Les amateurs de belle facture apprécieront. Cette position originale permet de gagner en finesse ; de fait, le calibre ne mesure que 4,3 mm d'épaisseur. Le remontage bidirectionnel, en tirant parti du moindre mouvement du poignet, permet d'optimiser la réserve de marche pour atteindre une autonomie de 55 heures. La technicité de la pièce ne s'arrête pas là. Le rotor se déplace sur billes en céramique, donc sans lubrification. Il est protégé par le Dynamic Shock Absorption, un système d'amortisseur en cours de brevet qui lui évite de dévier de son axe ou de heurter le fond de la boîte lors de fortes secousses. Également patenté, le Central Dual Adjusting System verrouille le service après-vente en ne réservant le réglage du CFB A1000 qu'aux seuls horlogers d'entretien agréés. Une plus-value qui ajoute à l'exclusivité de la pièce

Ce calibre automatique de base indique les heures et minutes au centre et une petite seconde à 6h. Qui dit « de base » dit « fonctions additionnelles ». Carl F. Bucherer annonce en effet déjà son intention de l'étoffer. Avec, au programme, l'affichage de la date, du jour de la semaine ou encore de la réserve de marche. Les montres armées de ce moteur s'inspireront de la collection Patravi, le nerf commercial de la marque. Une affaire à suivre début 2009. Sans nul doute, un bel avenir se profile pour ce nouveau-né et son géniteur.

 

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