WORLDTEMPUS - 19 avril 2010
Propos recueillis par Anaïs Georges du Clos
Très prisé pour ses qualités intrinsèques de résistance et de légèreté, le carbone est utilisé en horlogerie pour la fabrication des boîtiers, mais également dans celle des cadrans pour des raisons purement esthétiques - notamment l'effet de volume. Mais il reste cher et la société suisse Cadoxy Christian Montavon propose aux marques des alternatives comme la frappe ou l'impression. Son délégué commercial Claude Lièvre entre dans le détail pour Worldtempus.

Anaïs Georges du Clos: Pourquoi un cadran en carbone véritable est-il cher?
Claude Lièvre: Le carbone utilisé en horlogerie n'existe pas à l'état naturel. Il s'agit d'un tissage de fibres de carbone assemblées, tressées et rendu lisse grâce à une fine couche de laque. Son prix augmente avec le nombre de fils tissés. Malheureusement, il n'existe pas de classification officielle - comme pour l'or - et on ne peut vérifier sa qualité qu'au moment de l'usinage. C'est une question de confiance envers le fournisseur – ndlr : une dizaine en Suisse - qui doit être capable de s'adapter aux exigences de l'industrie horlogère. Par ailleurs, c'est un matériau très fragile et qui se raye facilement. La fabrication d'un cadran en carbone nécessite donc un contrôle esthétique extrêmement rigoureux et le taux de mise au rebus est élevé.
Existe-il des contrefaçons?
Je préfère parler d'alternatives. Si le carbone s'avère trop cher pour nos clients, nous leur proposons un décor par frappe ou par impression sur une base de laiton ou de plastique. Bien que ces techniques ne permettent pas d'obtenir un rendu identique à celui du carbone, le résultat est proche. Elles ont également pour atout d'offrir une palette de couleurs quasi infinie tandis que le carbone ne peut être teinté.
Pouvez-vous donner des prix et des délais?
Un cadran en carbone qui comprend appliques collées ou rivées, des ouvertures et des pièces rapportées coûte environ 100 francs. Il faut compter plus de 3 mois entre l'élaboration du prototype et la livraison. L'équivalent en frappe coûte environ 50 francs et peut être livré en 2 mois et demi. Une impression coûte 10 francs et prend un mois.
Comment fait-on la différence?
Certaines frappes ou impressions sont difficilement décelables à l'œil nu. En cas de doute, le client n'a d'autre solution que de s'en remettre au détaillant ou de consulter les documents fournis par les marques, qui font foi.
