L'édito de la semaine : un nouveau souffle

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La fin du mois de mai approche et, après un printemps particulièrement dense, le moment semble enfin venu de souffler un peu et de revenir sur les temps forts qui ont rythmé les dernières semaines : salons, ventes aux enchères et lancement de l’une des collaborations les plus attendues depuis longtemps.

La Royal POP imaginée par Audemars Piguet et Swatch a répondu à toutes les attentes, portée notamment par une campagne précédée d’un flot inédit de spéculations générées par l’IA autour du produit. Finalement, personne n’avait anticipé l’arrivée d’un concept de montre de poche unique décliné dans une palette de couleurs très actuelles. Royal POP réunit tous les ingrédients du succès et devrait raviver la passion horlogère auprès d’un large public, toutes générations confondues. Certes, certains aspects de la sortie physique méritent réflexion, mais cela ne ternit en rien l’image des marques à mes yeux. Ce qui m’interpelle davantage, c’est le comportement de certains revendeurs opportunistes, dont l’attitude a parfois rappelé celle de hooligans, gâchant une célébration qui aurait dû rester purement horlogère.

Maintenant que l’effervescence de Watches and Wonders est retombée, nous pouvons aussi prendre du recul et analyser les raisons pour lesquelles certaines pièces nous ont particulièrement marqués. Aux côtés de l’experte horlogerie et joaillerie Marie de Pimodan, rédactrice en chef de GEM-T, le nouveau média de GMT Publishing consacré à la joaillerie, et de Brice Lechevalier, fondateur et rédacteur en chef de GMT, nous avons sélectionné nos montres élégantes, compliquées et joaillières préférées. Cette sélection sera publiée ce week-end sur WorldTempus ainsi que sur nos réseaux sociaux.

Il sera également passionnant d’observer quels profils adopteront réellement ces créations, notamment parmi les jeunes générations. La génération Z apprécie le luxe, mais elle affiche rarement ses montres sur les réseaux sociaux. C’est du moins le constat dressé par CREA, école de référence à Genève et Lausanne dans les domaines de la création, du marketing, de la communication, du digital, de l’IA, du luxe et de l’événementiel. Après plusieurs enquêtes menées auprès de ses étudiants et l’analyse de rapports consacrés aux comportements de consommation, l’établissement conclut que les achats de luxe sont souvent influencés par les créateurs de contenu, avant d’être minutieusement vérifiés et étudiés avant un achat effectué en ligne, souvent le soir. Pour la majorité des clients de la génération Z, le luxe n’est toutefois pas synonyme d’ostentation. Il relève davantage d’un choix personnel partagé avec un cercle proche, une attitude liée à la recherche de discrétion et à la volonté d’éviter toute critique.

Enfin, c’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Jean-Marie Schaller, fondateur des Ateliers Louis Moinet, survenu le 16 mai. Entrepreneur fidèle à ses convictions, il représentait une véritable source d’inspiration bien au-delà du monde horloger. Dans cette épreuve, il est néanmoins réconfortant de savoir que Jean-Marie, qui avait créé la marque en 2004, a laissé des bases suffisamment solides pour permettre à son fils Nathanaël Schaller de poursuivre cette aventure, entouré d’une équipe comprenant notamment Kurt Kupper, membre du conseil d’administration et CEO par intérim.

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