1ère sortie publique pour la Marie-Antoinette

5 minutes read
A l'heure où le champagne coulait à flot au SIHH, la boutique Breguet de Genève présentait à quelques privilégiés triés sur le volet la mythique Marie-Antoinette, ou du moins sa réinterprétation par les maîtres horlogers de la manufacture. Présentée à Bâle il y a quelques jours, c'était sa première sortie publique...
Montre de poche MARIE-ANTOINETTE Grande Complication N°1160
Marie-Antoinette vouait aux montres Breguet une véritable passion. Prête à s'approprier toute nouveauté prometteuse, elle avait acquis plusieurs garde-temps, dont une montre perpétuelle garnie d'un dispositif de remontage automatique développé par Breguet. En 1783, un de ses admirateurs commande à l'atelier du Quai de l'Horloge, comme présent pour la Reine, la montre la plus spectaculaire possible, pourvue de tout le savoir-faire horloger de l'époque. L'ordre précise que l'or doit remplacer, tant que faire se peut, les autres métaux et que les complications doivent être multiples et variées. Sans limite de temps ni d'argent, Breguet, déjà fournisseur de la cour, a carte blanche. La Reine n'aura jamais l'occasion d'admirer le garde-temps : sa fabrication ne s'achèvera qu'en 1827, 34 ans après sa mort, 44 ans après sa commande et 4 ans après la mort du fondateur. La Breguet n°160, dite la « Marie-Antoinette », est entrée dans la légende dès 1783. Son extrême complexité, ses racines et son histoire, aussi fabuleuse qu'épique, ont hanté le paysage horloger et les esprits des collectionneurs durant plus de deux siècles. Plus récemment, son destin voilé de mystère - dérobée dans un musée de Jérusalem, introuvable pendant des décennies... – a écrit une nouvelle page du récit. En 2005, Nicolas G. Hayek se lance le défi de la reproduire à l'identique. Il apprend alors le sort du chêne du Château de Versailles, l'arbre favori de la Reine, destiné à être abattu, et décide de lui donner une seconde vie en taillant dans son bois l'écrin de la montre. Versailles offre l'arbre à Montres Breguet qui, en reconnaissance, s'engage pour la restauration du Domaine de Marie-Antoinette. Alors que la fabrication de la montre touche à sa fin en 2007, réapparaît soudain à Jérusalem, comme par magie, le butin du vol de 1983... La saga continue… Montres Breguet n'a, à ce jour, pas eu l'occasion de l'examiner. Breguet_320816_0 Aujourd'hui présentée pour léa première fois au public à Genève  (après sa présentation à la presse lors du salon de Bâle), la réplique de la reine des montres dévoile une myriade de complications. Des recherches effectuées à partir d'archives et de dessins originaux provenant du Musée Breguet, mais également d'autres hauts lieux de la culture tel que le Musée des Arts et Métiers de Paris, constituent la seule base d'information disponible. Des examens comparatifs de garde-temps anciens, notamment la montre du Duc de Praslin, ont apporté des éléments nouveaux sur l'esthétique et les techniques horlogères de l'époque. Ces études ont mis à jour des savoir-faire aujourd'hui disparus et permis à la Manufacture de réaliser un garde-temps en tous points fidèle à son aïeul. Reproduire et concevoir un si grand nombre de complications uniquement sur la base de documents relève de la gageure et révèle le talent des horlogers de Montres Breguet. Chaque fonction, chaque élément esthétique a été minutieusement analysé. En terme d'habillage par exemple, l'or jaune du boîtier de 63 mm de diamètre a été coulé dans un alliage particulier, plus cuivré, afin de demeurer fidèle à la nuance d'antan. Les glaces de la boîte et le cadran, conçues en cristal de roche, permettent au mouvement de déployer ses atours et ses merveilles de finition. Les travaux de recherche ont en outre mis en lumière une complication de la montre originale : les heures sautantes. Montre perpétuelle à répétition minutes sonnant à volonté les heures, les quarts et les minutes, la nouvelle Marie-Antoinette a tout d'une oeuvre d'art. Un quantième perpétuel complet affiche la date, le jour et le mois respectivement à 2h, 6h et 8h. L'équation du temps à 10h annonce la différence quotidienne entre le temps solaire et le temps civil scandé par les montres. Au centre, les heures sautantes – invention de Breguet – et les minutes accueillent une grande seconde indépendante, ancêtre du chronographe, tandis que la petite seconde s'affiche à 6h. L'indicateur de réserve de marche de 48 heures à 10h30 côtoie un thermomètre bimétallique situé à 1h30. Breguet_320816_1 Le mouvement à remontage automatique, dit perpétuel, intègre 823 composants aux finitions exceptionnelles. Les platines, les ponts, le moindre mobile de rouage de la minuterie, du quantième et de la répétition sont façonnés en or rose poli au bois. Les vis sont en acier bleui et poli ; les points de friction, trous et paliers sertis de saphirs ; le plus infime détail parfaitement exécuté et terminé à la main. Le savant mécanisme, inédit, se dote en outre d'un modèle particulier d'échappement à levées naturelles, d'un spiral cylindrique en or et d'un balancier bimétallique. Un dispositif antichoc à double « pare chute », autre invention de Breguet, vient protéger l'axe du balancier et les arbres de la masse de remontage contre les coups et les secousses. Ce chef d'oeuvre digne d'une reine repose dans un précieux écrin de plus de 3500 pièces sculptées dans le bois du chêne royal : il renferme une somptueuse marqueterie artisanale constituée de plus de mille fragments de bois qui dessinent la main de Marie-Antoinette tenant sa rose, un détail inspiré du célèbre portrait de la Reine ; l'extérieur de la boîte reproduit fidèlement le parquet du Petit Trianon. Si à l'époque Breguet a voulu faire de cette montre un monument à la gloire de l'horlogerie du XVIIIè siècle, la marque a réussi en 2008 un tour de force : rendre vie à un mythe et l'enraciner dans le XXIè siècle. DESCRIPTION DE LA MONTRE: MONTRE DE POCHE  MARIE-ANTOINETTE (REF. 1160BA/40) Boîtier de forme ronde en or d'un alliage particulier 18 carats. Glaces de lunette et de fond en cristal de roche. Diamètre 64mm. Couronne de remontoir sans clé avec armage de la répétition des heures, quarts et minutes. Cadran en cristal de roche. Heures et minutes au centre. Seconde indépendante au centre, petite seconde à 6h. Indication de réserve de marche à 10h30. Equation du temps à 10h. Quantième perpétuel avec indication du mois à 8h, indication de la date à 2h et du jour de la semaine à 6h. Thermomètre à 1h30. Tour d'heures en chiffres Romains. Aiguilles Breguet à « pomme évidée » en acier bleui. Mouvement mécanique à remontage automatique, dit perpétuel, composé de plus de 823 pièces. Platine, ponts et tous les mobiles de rouages  en or rose poli au bois. Vis en acier bleui et poli. Numéroté et signé Breguet. Réserve de marche de 48 heures. Quantième perpétuel, équation du temps, répétition minutes, quarts et heures, secondes indépendantes, heures sautantes, thermomètre. 26½ lignes. 63 rubis. Fréquence 2.5 Hz. Échappement à levées naturelles. Balancier bimétallique. Ajusté dans toutes les positions. Spiral cylindrique en or.
  
Source: communiqué Breguet, avril 08
Marque