L'Amadeo Fleurier 43mm à l'essai

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Délicieusement ronde, généreuse et nerveuse à la fois, la nouveauté 2010 de Bovet propose un retour vers le futur très séduisant.

WORLDTEMPUS – 24 juin 2010

Louis Nardin

 


«Avec ce système, Bovet redonne un sens à la montre poche», laissait entendre un horloger chantre de l'avant-garde en découvrant l'Amadeo Fleurier prêtée durant quelques jours à la rédaction de Worldtempus. Il soulignait surtout le côté pratique et ludique du nouveau système baptisé Amadeo et permettant de transformer successivement la tête de montre en montre-bracelet, montre de poche avec bélière ou montre de bureau, et cela grâce à quelques manipulations seulement. Ce passage facile d'un style de porté à un autre rend effectivement l'Amadeo Fleurier très attractive car elle s'adapte à l'humeur de celui qui la porte moyennant ce petit jeu simple qui la transforme en jouet autorisé pour adulte. Quel plaisir subtil et égoïste que d'effectuer soi-même la métamorphose, et plus encore si un curieux assiste, étonné puis convaincu, à l'opération! De fait, l'Amadeo Fleurier fonctionne comme un élégant caméléon vestimentaire taillé pour les dandys contemporains. Un rôle unique et même enviable qui repose sur plusieurs qualités.

 

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Succès chinois


Historiquement, l'histoire de Bovet fusionne avec celle de la montre de poche. Fondée en 1822 à Fleurier, la marque vit ses premières heures de gloire au 19ème siècle avec une renommée atteignant même la Chine où la société réalise l'essentiel de ses affaires.

Ce passé prestigieux, Bovet le célèbre depuis le rachat de la marque, alors exsangue, en 2001 par son actuel propriétaire, et également collectionneur horloger, Pascal Raffy. Dès lors, la montre de poche se fait plus que jamais le centre de gravité de toute nouvelle création, montres-bracelets comprises.

En début d'année, la présentation du nouveau système de convertibilité annonce le lancement d'une gamme complète «Amadeo Fleurier» avec des boîtiers, disponibles en 39 ou 43 mm de diamètre, en or gris ou rose, et des cadrans en laque, nacre, ou satinés circulaires, le tout dans plusieurs tons. Côté fonctions, ces modèles d'entrée de gamme – ce modèle vaut 34'000 francs hors taxes - proposent uniformément les heures, les minutes, les secondes ainsi que l'indication de réserve de marche – de 72 heures - grâce à un mouvement mécanique à remontage automatique signé Frédéric-Piguet.

Métamorphoses


Le modèle testé arbore un cadran en émail poli noir, un type de laque synthétique, et un boîtier en or gris de 43 mm, une taille standard et confortable. Outre son poids conséquent, la surprise des débuts vient aussi d'un petit étui en daim contenant à choix les deux tenants du bracelet ou la bélière. Il est à glisser dans une poche pour changer à l'envi de mode de porté, une option clairement appréciée pour changer discrètement d'apparence au cours d'une même journée.

 

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Le visage de l'Amadeo Fleurier mérite qu'on s'y attarde en se focalisant avant tout sur l'équilibre graphique réussi entre les lignes sobres des index et leur emplacement sur cette surface intensément brillante. Ensuite viennent les aiguilles serpentines dont les oscillations légères offrent une touche chatoyante et baroque. A six heures, le microcompteur bien visible des secondes rappelle la fonction chronométrique de cet instrument qui pourrait parfois se confondre avec un bijou à part entière.

Car l'Amadeo Fleurier change de rôle comme une comédienne de costume. A la fois objet précieux et montre, elle est aussi un coquillage de verre et de métal sensuel que l'on aime saisir entre les doigts. Mieux, elle s'adapte à tous les genres car son style ancien a été réécrit dans un esprit contemporain pour offrir en guise de conclusion un garde-temps vif et tendance. Largement admirée et appréciée par ceux qui l'ont vue, cette Amadeo Fleurier provoquait les réactions les plus enthousiastes auprès de trentenaires aux goûts affûtés et peu connaisseurs en matière horlogère. La bélière, surtout, symbole d'une époque ressuscitée, aimantait les regards en stimulant les curiosités.

Sensible interprétation

Bovet réussit ici un exercice difficile avec un garde-temps respectant son patrimoine historique, doté d'une mécanique à la hauteur – en attendant le premier calibre maison de la marque -, de finitions et d'une esthétique cohérentes, et, coup fameux, capable de parler à un public vaste et simplement sensible à cette interprétation de la beauté.

Ce compte rendu serait incomplet sans relever le choix de l'or rose pour la masse oscillante, par ailleurs intégralement gravée main. Seule touche de couleur chaude, elle trouble l'adéquation des couleurs. Toujours côté verso, le diamètre du calibre ne parvient pas à remplir complètement le fond, laissant sur les côtés une bordure de métal qu'on ne rencontre que très rarement aujourd'hui. Autre regret, l'attache surplombant la couronne a été souvent jugée trop riche, parfois même rococo. Quand à la chaîne, elle n'est pas en or blanc mais en argent rhodié. Enfin, le bouton servant à verrouiller la plaque du fond n'est pas un clip à pression et oblige à appuyer à chaque fois sur le bouton. Un détail, certes, mais qui trouble un instant seulement le plaisir de porter cette Amadeo Fleurier.


Lire aussi: Le test au porté d'Elizabeth Doerr, avec la même montre (en anglais)

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