Hommage à la marque

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«On peut déjà voir une petite crise toucher les classes moyennes, lesquelles ralentissent leur consommation. Ce qui se répercute déjà un peu sur l'horlogerie de moyen de gamme, même pour certains groupes de luxe qui possèdent aussi des marques de ce secteur. Personnellement, je ne ressens rien. Au contraire, de plus en plus de commandes affluent. Je n'arrive même pas à toutes les satisfaire, alors qu'il me reste encore beaucoup de marchés à couvrir. J'ai donc pas mal de réserve géographique pour faire face à une éventuelle crise qui, j'en suis sûr, ne touchera de toute façon pas le haut de gamme dans lequel je me situe. Les milliardaires spéculeront toujours autant. Quant aux fonds souverains, la question n'est pas de savoir si on en a peur ou pas. Le problème est que l'on n'aura pas beaucoup le choix. D'autant que les banques n'ont plus confiance les unes envers les autres. »

Richard Mille, directeur général de Richard Mille.

Le temps à portée de main
Après quatre siècles de bons et loyaux services, la «montre de poche » a été proprement éliminée par la montre-bracelet au début du XXe siècle. Elle n'en avait pas moins été un puissant instrument de libération des hommes, qui disposaient ainsi d'un temps personnel, qui n'était plus celui des clochers, ni des beffrois. Un temps que les horlogers ont mis quatre siècles à apprivoiser dans des mouvements mécaniques toujours plus précis et plus fiables. Richard Mille a voulu rendre un hommage à l'âge d'or de la montre de poche: son tourbillon «RM 020» devrait changer le regard que nous portons sur elles – et peut-être relancer la mode de ces montres qui nous permettent vraiment de «prendre en main» notre temps.

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Dans la poche

 

Titane et carbone
Très attendue des collectionneurs, la «Richard Mille de poche» est la première montre de poche à proposer une platine de mouvement non métallique, à base de nanofibres de carbone (utilisées à l'origine dans les avions de l'US Air Force). Ce matériau isotopique (les fibres sont moulées sous haute pression à la température de 2000°C) est d'une parfaite stabilité mécanique, physique et chimique, dans toutes les conditions et à toutes les températures usuelles. Le mouvement de la «RM 020» est un tourbillon à double barillet qui assure une dizaine de jours de réserve de marche. La chaîne en titane est dotée d'un mécanisme d'attache rapide: une fois enlevée, elle permet de transformer la montre en pendulette de bureau. Reprenant le style de la «RM 016», premier boîtier «carré cambré» de Richard Mille, le grand boîtier en titane de la «RM 020» (62 mm x 52 mm) peut recevoir différentes lunettes et différents fonds (or rouge, or blanc, titane).

Pour la beauté du geste
«J'aime l'élégance et la belle ampleur du mouvement qui permet de prendre la montre dans sa poche pour lire l'heure», explique Richard Mille. «Lire l'heure devient un plaisir moins automatique et répétitif que la simple consultation d'une montre-bracelet. Cette interprétation moderne de la montre de poche n'est pas une copie de ce qui a été fait dans le passé. Cette «RM 020» est une montre contemporaine, compliquée, aussi technologique que mes montres précédentes par ses matériaux, son architecture et son design. Elle est pour moi une passerelle entre les valeurs horlogères du XVIIIe siècle et les beaux-arts de la montre au XXIe siècle».

De précurseur à précurseur

A première vue, Richard Mille, le «gourou» de la nouvelle créativité horlogère, n'a pas grand-chose à voir avec Boucheron, la plus ancienne maison de la place Vendôme, à Paris. Mais en y regardant de plus près, la montre «Hommage à Boucheron» procède d'une logique imparable. C'est d'abord l'hommage d'un précurseur – celui qui a repensé la haute horlogerie – à un autre précurseur, Frédéric Boucheron, qui avait à sa manière repensé la haute joaillerie. Entre les deux manufactures, l'une consacrée au temps, l'autre aux parures, les liens ne manquent pas, et d'abord le goût des créations exceptionnelles: des boîtiers et des mouvements qui marient le titane, les alliages hightech, l'or rouge ou le carbone pour Richard Mille, des assortiments de pierres uniques au monde pour Boucheron, qui a paré les plus belles femmes du monde. Il était impensable que ces deux maisons ne se rencontrent pas et ce ne pouvait être qu'autour d'une montre, univers dans lequel on devine Boucheron impatient de se (re)faire une place au soleil.

Un concentré génétique
Pour sa «RM 018», Richard Mille a choisi un boîtier tonneau désormais emblématique de sa collection, en y logeant un tourbillon comme il n'en a jamais existé. Les principaux rouages de ce mouvement sont réalisés en pierres fines ou même en pierres précieuses (il y aura un exemplaire unique à rouages en diamant, ce qui sera une première mondiale!). La haute joaillerie vient ainsi féconder la joaillerie, pour une prouesse technique qui était un véritable défi tant horloger que joaillier. Il n'y aura que 30 montres dans cette référence «RM 018 Hommage à Boucheron», mais chacune sera unique par la couleur des pierres choisies. Une platine en verre saphir permettant d'admirer ces rouages joailliers, déclinés dans une dizaine de teintes et de pierres (lapis-lazuli, malachite, onyx, etc.). Techniquement, cette «RM018» prouve à la fois l'inventivité des horlogers de l'équipe Richard Mille et le savoir-faire unique au monde de l'équipe Boucheron

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2, place Vendôme
Dans quelques semaines, Richard Mille ouvrira sa propre boutique – la première en Europe – au 2, de la place Vendôme, à portée de voix de l'immeuble historique occupé par Boucheron, sur l'autre côté de la plus célèbre place du monde. Un rendez-vous pour tous les admirateurs de la marque, qui pourront enfin voir de plus près des montres que les amateurs internationaux s'arrachent généralement dès qu'elles arrivent en vitrine. Richard Mille, qui ne produit que moins de deux mille montres par an, a promis d'en réserver quelques-unes à sa boutique française…

 

Tribune des Arts - No360 - Avril 2008

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