Soixante personnes licenciées

2 minutes read
Le fabricant de mouvements horlogers de haute complication basé à Duillier rattrapé par la conjoncture.

L'Agefi - 11  novembre 2009

Bastien Buss




L'entreprise BNB Concept se restructure. La société horlogère vaudoise envisage de procéder à 60 licenciements sur l'ensemble de ses 147 employés, soit 40% des effectifs. Fabricant de mouvements horlogers de haute complication pour des tiers, l'entreprise fait les frais d'annulation de commandes de la part de certains horlogers et de factures non-payées.

BNB_326775_0

«Après avoir résisté pendant de longs mois à la crise économique qui touche de plein fouet notre secteur, nous nous voyons contraints d'envisager une restructuration importante, qui pourrait conduire au licenciement d'une soixantaine de personnes parmi les 147 employés que compte actuellement l'entreprise », a indiqué hier Catherine Perrot-Gacic, assistante du CEO Mathias Buttet. BNB Concept retrouvera ainsi ses dimensions de 2007, «tout en conservant les forces nécessaires à mener à bien l'ensemble de son activité», selon un communiqué de presse.

Ces dernières années, l'entreprise a connu une progression foudroyante, portée et grisée par l'euphorie qui régnait dans l'horlogerie. Le coup de maelström, depuis l'automne 2008, révèle aujourd'hui un développement pas entièrement maîtrisé et surtout trop rapide. «Nous étions trop grands. Il nous faut désormais retrouver un certain équilibre», corrobore Catherine Perrot-Gacic. L'entreprise a vu le jour en mai 2004 sous l'impulsion de trois associés. Ne reste aujourd'hui que Mathias Buttet (premier B du nom de la société).

A côté de son nouveau site de Duillier, l'entreprise en possède un autre à Crans-près-Céligny (galvanoplastie, terminaison de pièces entre autres). La mesure de restructuration touche les deux entités. L'entreprise compte parmi ses clients les marques Hublot, Concord, Romain Jérôme, Franc Vila, Bell & Ross, Jacob & Co ou encore HD3. BNB fabrique également ses assortiments, roues d'échappement, ancres, balanciers, etc. L'an passé, elle a produit quelque 1500 mouvements mécaniques (moteur des montres).

Pour financer son développement, le fonds d'investissement français EPF Partners était monté en juillet 2007 à hauteur de 49% du capital. Un niveau qu'il a maintenu jusqu'ici, confirme la société depuis Paris. Le solde des actions est toujours détenu par Mathias Buttet, fondateur et président du conseil d'administration. Lorsqu'on lui parlait de crise, celui-ci s'enflammait encore il y a quelques mois. «La crise? Quelle crise? Aucun de nos projets n'est gelé, bien au contraire. Notre verticalisation constitue toujours notre mot d'ordre et nous sommes en train de mettre en place les structures nécessaires pour conserver notre totale indépendance », nous disait-il.

Partie immergée et discrète de l'iceberg horloger, les fournisseurs sont violemment impactés par la récession. Les carnets de commandes restent désespérément vides et les stocks sont encore abondants. Les redimensionnements risquent de se multiplier ces prochains mois. On apprenait il y a une semaine que Fontax Technologies, spécialisé dans la fabrication de pinces brucelles pour horlogers, avait licencié tout son personnel. Douze personnes du centre de production à Bulle (FR) et trois du siège administratif à Prilly (VD) ont reçu leur congé pour la fin de l'année.

Au total, «le secteur pourrait perdre jusqu'à 10% de ses effectifs. Ce qui représente environ 5000 emplois, qu'il s'agisse de licenciements ou de poste de travail non repourvus. C'est le nombre d'emplois que nous avions gagné entre 2007 et 2008», estime pour sa part François Matile, secrétaire général de la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse (CPIH). Au sortir de la crise, les effectifs pourrait ainsi retomber à environ 48 000 personnes.

BNB_326775_1