Ce n'est finalement pas aujourd'hui que Michel Fournier fera son « Grand Saut » avec une Bell & Ross au poignet. Rendez-vous demain à l'aube (heure locale) pour une nouvelle tentative...
Prêt à partir, mais pas aujourd'hui...
Pas encore, pas encore, mais demain... BELL & ROSS : à quelques km/h d'un bonheur contrarié par le vent…
Il s'en est fallu de très peu. Quelques kilomètres de trop dans la vitesse du vent et, plus grave, une certaine instabilité dans le régime de ces vents : sans un minimum de stabilité météo, pas question de déployer l'immense – mais fragile – ballon gonflé à l'hélium, gaz stocké pour l'occasion et impossible à recomprimer l'hélium une seconde fois en cas d'annulation de l'opération.L'équipe technique du ballon, commandée par l'intransigeant Ricardo, a donc pris la décision de ne pas gonfler l'enveloppe, et donc d'interdire toute montée du ballon…Donc, pas de « Grand Saut » ce matin, alors que le ciel du Saskatchewan était d'un bleu de premier matin du monde. Un bleu comme on en voyait dans les bons westerns qui chantaient les grandes plaines nord-américaines. Et grande déception des nombreux médias qui s'étaient mobilisés pour cet événement, avec un suivi quasiment en temps réel des télévisions et des radios locales, en plus d'un relais vers les grands réseaux américains, dont la fameuse émission Sixty Minutes.Il n'a fallu que quelques minutes pour descendre Michel Fournier de la nacelle où il avait attendu plus de deux heures, pour le ramener dans son hangar d'équipement et pour le désarnacher. Solidement accrtoché à son gant gauche par une bande auto-agrippante et un bracelet à double boucle, sa Bell & Ross BR 02 indiquait précisément 9 h 12 heure locale (huit heures de moins qu'à Paris ou Genève). Il était trempé de sueur, mais tout aussi calme que d'habitude et, en apparence, ni déçu, ni furieux de ces vents contraires. « On aura fait une répétition générale ultra-réaliste, ce qui nous aura permis d'améliorer encore certains détails et de mieux rôder nos procédures », m'a-t-il confié en retirant sa combinaison, ses équipements techniques et ses capteurs biomédicaux. « Les premières fois, il nous fallait une heure et demie pour m'équiper de pied en cap. Ce matin, l'opération était bouclée en 45 minutes. Demain matin, on fera encore mieux. Et cette tentative sera la bonne, je le sens ! »Parce que le rendez-vous est effectivement pris pour demain matin à l'aube, heure locale. Les prévisions météo restent bonnes et le vent est généralement assez faible au lever du soleil, très matinal à cette latitude subpolaire. Décision qui a provoqué une ruée de tous les médias sur les dernières chambres d'hôtel disponibles à North Battleford, ville où il faut bien avouer qu'il se passe assez rarement quelque chose…Une fois les micros débranchés et les caméras rangées, le calme est vite retombé sur cet aéroport régional, généralement troublé par le seul vol des canards et des oies sauvages. Rendez-vous donc, demain, pour un nouvel envol du ballon, si les dieux du vent des plaines qu'imploraient les grands sorciers Cris n'ont pas décidé de se venger de cet intrus en combinaison jaune, qui vient leur chatouiller les pieds avant de se jeter dans le vide pour échapper à leur colère.Grégory Pons

Sur le tableau du briefing matinal, tout était parfait : on y découvre le plan de déploiement de la voilure du ballon au sol, mais le vent en a décidé autrement...
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