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Style, complication, marché, tendance, Baselworld a été riche d'enseignements. Comment l'année 2011 se profile-t-elle? Sous quels auspices?

WORLDTEMPUS - 11 Avril 2011

David Chokron


On aurait pu craindre, à voir l'importance que le style vintage avait pris lors des présentations du SIHH et alentours, que le rétro allait nous submerger. L'incertitude économique occidentale fait du passé un lieu rassurant. Et en ces temps d'expansion asiatique, la dimension historique, des designs lisibles et les diamètres sages ont le vent en poupe. Or la déferlante n'a pas eu lieu. Certes, Zenith en a refait son fonds de commerce et Longines et Hamilton mettent l'accent sur les années 30 à 70. Mais ce n'est pas la seule carte que les marques ont jouée. Le style années 60 est un registre. Il a cohabité avec bien d'autres axes d'expression créative.Baselworld_330329_0

L'ultra-plat est genevois

La performance horlogère qui consiste à fabriquer un mouvement dont l'épaisseur passe sous la barre des 4 mm, voire des 3, semblait promise à un avenir brillant après le SIHH. Aboutissement esthétique du style vintage autant que solution d'architecture élégante, les mouvements ultrafins n'ont pas montré le bout de leur nez à Bâle. En tout cas pas sous forme de nouveauté. On y a joué dans la finesse, certes, dans l'élégance, souvent, mais dans les extrêmes de la troisième dimension, non.

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La grande complication a fini sa sieste

2009 et 2010 en ont été de pauvres millésimes. En 2011, la grande complication a fait un retour en force. Les projets mis en suspens ont été réactivés. Les modules de complications ont été empilés. Les tourbillons quantième perpétuel à sonnerie et autres ont repris la place qui était la leur. Celle d'un étendard du savoir-faire d'une maison. De sésame pour pénétrer dans le monde de l'horlogerie légitime. Au sommet, la compétition pour gagner les faveurs des amateurs les plus fortunés de ce monde a repris de plus belle.

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Les parentes pauvres

Les horlogers, à quelques exceptions près, n'arrivent pas à faire des montres féminines simples. Les pièces d'art aux sertissages complexes abondent. Mais que ces dames puissent porter des Submariner et des vintages, des 28 comme du 44 mm a déstabilisé les frontières de design. Quelle modeste moisson de nouveautés féminines cette année! Même Chanel, une des rares marques à avoir réellement séduit ces dames, cherche à reconquérir les mâles avec sa J12 Chromatic. Les maisons de couture et de mode reconverties dans l'horlogerie plus ou moins haut de gamme ont préempté ce territoire. La montre, en particulier mécanique, reste un objet d'hommes.

 

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Foule de festival

Quelle cohue! Quelle foule! Les habitués du salon avaient un peu rapidement oublié à quel point Bâle est un rendez-vous international de grande envergure. Les allées en étaient raisonnablement encombrées ces deux dernières années. Du coup, la surprise a été forte de revoir le parvis et les couloirs de la Halle 1 de ressembler à un trottoir de Manhattan. L'horlogerie a retrouvé tout son pouvoir de séduction. La montre est un objet puissant, signifiant, séduisant sur toute la planète et pour toutes les bourses. Pouvait-on espérer meilleure nouvelle?