Coq, crabe, dragon et soldat à l'arrêt

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Depuis 2002, l'automate conçu par l'artiste Jacques Monestier et situé dans le Quartier de l'Horloge, à Paris, est en panne. Le « Défenseur du Temps » compte sur la générosité d'un mécène pour reprendre vie.

WORLDTEMPUS - 23 décembre 2009

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« C'est une situation un peu triste. Je ne sais si, un jour, cette horloge pourra fonctionner à nouveau. » Il y a un peu de lassitude dans la voix de Jacques Monestier. Artiste français spécialisé dans la confection d'automates monumentaux, il sait que le temps ne joue pas vraiment en sa faveur. A la fin des années 70, à la demande de la société Cogedim qui avait construit un ensemble d'immeubles privés de 750 appartements dans le 3e arrondissement parisien, non loin du Centre Pompidou, ce sculpteur d'automates avait imaginé et façonné une horloge avant-gardiste baptisée « Le Défenseur du Temps ». Cette dernière était inaugurée le 8 octobre 1979 par Jacques Chirac, alors maire de Paris. L'automate avait même donné son nom au quartier, appelé « Quartier de l'Horloge. Seulement voilà, depuis 2002, le coq, le crabe, le dragon et le soldat en acier et laiton doré ne proposent plus les chorégraphies mécaniques qui enchantaient les riverains et les touristes de passage.

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Ligne de crédit coupée

Depuis sept ans, l'horloge ne donne plus l'heure, l'automate est cassé et nécessite une coûteuse réparation. C'est évidemment là que le bât blesse. D'abord financé par l'Association syndicale libre du quartier de l'Horloge - ASLQH -, l'entretien de cette drôle de machine à donner le temps – fonctionnant grâce à un moteur électromécanique de programmateurs de hasard à cames et de vérins pneumatiques – fut ensuite assumé par la Mairie de Paris qui a coupé la ligne de crédit il y a sept ans. Depuis, plus rien. Ou presque. « J'ai remué ciel et terre pour trouver une solution, indique Ulla Claude, présidente de l'ASLQH. J'ai frappé à toutes les portes. Connaissant son goût pour l'art, j'ai même demandé l'aide de François Pinault. Sans succès. » Plusieurs grandes marques horlogères françaises auraient aussi été approchées. En vain. En 2006, la municipalité parisienne avait mis une enveloppe de 130.000 euros sur la table pour procéder à la réparation qui avait alors été évaluée à près de 400.000 euros par un horloger suisse. L'ASLQH, qui devait compléter le budget, avait refusé d'abonder.

138'000 euros de réparations

Aujourd'hui, l'artiste Jacques Monestier a établi un nouveau devis d'environ 138.000 euros pour une remise en état totale et un changement de mécanisme. « De 1979 à 2002, je venais une fois par mois à Paris pour réaliser l'entretien du Défenseur du Temps. J'ai fabriqué cette horloge complexe et je pense être le seul à pouvoir réellement la réparer dans les règles de l'art », insiste Jacques Monestier à qui l'on doit également l'horloge monumentale à automates de l'Institut international de la marionnette à Charleville-Mézières ainsi que celle de la Chambre des métiers et de l'artisanat du Val d'Oise. D'une santé financière fragile suite à la baisse des droits de mutation immobiliers consécutive à la crise, les budgets de la municipalité parisienne sont de plus en plus serrés. « Cet automate est le symbole du Quartier de l'Horloge, concède-t-on au cabinet de la mairie annexe du 3e arrondissement. Comme tout le monde, nous aimerions vivement voir le Défenseur du Temps ressusciter mais il faut trouver les financements. » Solution de la dernière chance ? L'aide providentielle d'un mécène privé, industriel ou horloger. Tous les acteurs du dossier verraient en effet d'un bon œil l'arrivée d'un nouveau parrain financier. L'appel est lancé.

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