FLORENCE NOËL
Georges-Henri Meylan, patron de la manufacture horlogère Audemars Piguet. La performance extraordinaire d' Alinghi en 2002 a donné une visibilité incroyable à notre marque! (FLORIAN CELLA/2002)
Le sport comme vecteur de promotion d'une entreprise. Au Brassus, ce concept n'a rien de nouveau. Hôte de la Coupe du monde de ski pendant de nombreuses années, cette petite région de la vallée de Joux a toujours vu ses manufactures horlogères soutenir des sportifs. Aussi, lorsqu' Ernesto Bertarelli contacte Audemars Piguet pour obtenir un soutien financier de son bateau Alinghi, son patron Georges- Henri Meylan accepte le plus naturellement du monde. Un coup de maître inattendu, qui lui aura notamment permis de donner un véritable essor à la marque horlogère. Quatre ans après la victoire suisse à la Coupe de l' America, le directeur général de la manufacture prestigieuse s'en frotte encore les mains. Aujourd'hui, Audemars Piguet mise l'ensemble de sa promotion sur les prochaines régates de son team gagnant. Interview de GeorgesHenri Meylan.
Vous êtes le sponsor suisse le plus ancien de la Coupe de l' America.
Pourquoi avoir choisi la voile?
La mentalité de vainqueur et l'esprit d'équipe qui caractérise ce sport correspondent parfaitement à nos valeurs. Dans les années 90, lors d'une Coupe de l' America, nous avons observé l'impact important de cet événement sur les médias du monde entier. Il fallait alors simplement trouver une équipe suisse à soutenir.
Comment s'est passée votre rencontre avec Ernesto Bertarelli?
Etant donné que nous avions déjà une expérience de la Coupe de l' America, il nous a contactés très simplement. Je me souviens parfaitement de ce qu'il m'a dit ce jour-là: «J'ai envie de monter une équipe suisse et un jour, je descendrai de l'avion en portant la Coupe de l' America dans mes bras.» J'étais loin de me douter qu'il était si sérieux!
Un tel sponsoring comporte toutefois un engagement financier conséquent
C'est vrai, mais nous avions pressenti le fort potentiel de la Coupe de l' America comme vecteur de promotion de l'entreprise. Nous avons créé la Royal Oak, une montre en série limitée, et fourni un réel soutien, financier mais aussi en termes de présence sur place. La performance extraordinaire d' Alinghi en 2002 a donné une visibilité incroyable à notre marque!
Ressentez-vous encore les effets de la victoire d' Alinghi?
Certainement. Nous sommes associés à un team gagnant. Les retombées en termes d'image sont colossales. En termes de vente également: les différents modèles que nous avons édités de la Royal Oak constituent aujourd'hui plus de la moitié de nos affaires. Tout ceci est très motivant pour nos équipes et a contribué à l'essor de la marque.