... Tout l'art de la haute horlogerie à nouveau transcendé par la montre «Jules Audemars avec échappement AP».
«Comme leurs pères le leur avaient transmis, nos pères nous ont appris notre métier», disaient Jules-Louis Audemars et Edward-Auguste Piguet, les deux fondateurs de la manufacture. Ils aimaient à nous rappeler les vers de Boileau: «Hâtez-vous lentement et sans perdre courage; vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage: polissez-le sans cesse et repolissez-le; ajoutez quelquefois et souvent effacez».L'héritage transmis par leurs pères, les maîtres horlogers d'Audemars Piguet le cultivent encore aujourd'hui avec passion et détermination. Il aura en effet fallu dix ans pour développer l'échappement Audemars Piguet dévoilé en 2006, lequel équipe aujourd'hui la montre «Jules Audemars» lancée lors du dernier SIHH. Ce garde-temps classique parmi les classiques, bat désormais au rythme de l'un des calibres les plus innovants et performants de sa génération. Une petite révolution mécanique lovée dans une esthétique façonnée dans la plus pure tradition.
Composant essentiel de la montre puisqu'il assure la fonction vitale d'entretenir et de «compter» les oscillations du balancier spiral, le mécanisme d'échappement a depuis toujours fait l'objet de toutes les attentions. Et de toutes les tentatives d'innovations de la part des grands génies horlogers. Avant même que ne s'impose l'échappement à ancre suisse, Robert Robin était parvenu à mettre au point, en 1791, un échappement d'un nouveau type combinant les avantages de l'échappement à détente à ceux de l'échappement à ancre. Malgré sa capacité à concilier haut rendement et sécurité de fonctionnement accrue, son système, trop difficile à réaliser pour les moyens de l'époque et trop vulnérable aux chocs, ne connut pas l'avenir qui lui était dû. Tout du moins dans l'immédiat. Car l'échappement Audemars Piguet s'inspire en grande partie de celui de Robin.
43 200 alternances par heure! Présenté en 2006, le système Audemars Piguet tient aujourd'hui toutes ses promesses. Il fonctionne sans huile, assure un haut rendement, garantit une résistance supérieure aux chocs et une stabilité optimale à long terme. Dans son nouvel écrin au design tridimensionnel, il va même au-delà de ce que ses concepteurs auraient pu espérer lorsque leurs recherches n'en étaient qu'à leurs prémices. Ses performances techniques sont en effet doublées d'une fréquence hors normes avec pas moins de 43 200 alternances par heure! En battant deux fois plus vite que d'ordinaire, le balancier offre ainsi au mouvement une meilleure chronométrie et une fiabilité accrue.

Rendre hommage aux maîtres du passé et surpasser leurs innovations… Tout l'art de la haute horlogerie à nouveau transcendé par la montre «Jules Audemars avec échappement AP». Le choix de la manufacture d'équiper la montre «Jules Audemars» avec cet échappement ultraperformant, n'est pas anodin. Un pied dans le passé, le regard rivé vers l'avenir, Audemars Piguet rend ici hommage à la grande tradition formelle de l'horlogerie tout en lui allouant ce que la technique a de meilleur à offrir. Difficile en effet de faire plus classique que cette montre dont les flancs délicatement bombés et la forme parfaitement ronde rappellent les premières montres de poche.
Pour cette nouvelle édition aussi raffinée à l'intérieur qu'à l'extérieur, Audemars Piguet a choisi un boîtier de 46 mm en platine pour enserrer un cadran en émail blanc ponctué de chiffres romains peints en noir et animé par les indications des heures, minutes, secondes ainsi que celle des 56 heures de réserve de marche. Une belle homogénéité esthétique, sans ostentation. Un bel hommage à l'héritage de l'horlogerie tel qu'il se transmet de génération en génération et qu'auraient sans doute apprécié Jules-Louis Audemars et Edward- Auguste Piguet.
Audemars Piguet en chiffres
- 1000 employés dans le monde
- 15 filiales de distribution
- 15 boutiques
- 23 ambassadeurs
1875
Création de la manufacture par J.-L. Audemars et E.-A. Piguet, toujours entre les mains des familles fondatrices.
1892
Première montre-bracelet répétition à minutes au monde.
1915
Plus petit mouvement à répétition à 5 minutes. Record mondial encore inégalé.
1972
«Royal Oak»: première montre sport haut de gamme en acier.
1989
«Dual Time»: première montre-bracelet affichant l'heure d'un second fuseau horaire à partir d'un seul mouvement automatique.
2006
Nouvel échappement A P haut rendement, ne nécessitant pas de lubrification et résistant aux chocs.
2009
Ouverture de la nouvelle manufacture des Forges qui rassemblera l'ensemble des départements de production.
Esprits innovants
En utilisant le carbone forgé en 2007, Audemars Piguet a de nouveau démontré son incroyable capacité à innover. Un état d'esprit haute technologie cultivé aussi bien par les chercheurs que les artisans de la maison horlogère.
Une montre, c'est avant tout une conjugaison de talents humains. Celle des maîtres horlogers bien sûr, mais aussi celle des artisans, des designers ou des ingénieurs du département de recherche et développement.
Une montre ancrée dans son époque, c'est aussi le fruit de la volonté décomplexée de toute une équipe de dépasser les acquis horlogers pour surprendre et innover. Un état d'esprit cultivé par les hommes et les femmes qui prêtent leurs divers savoir-faire à la production des montres Audemars Piguet et auxquels la marque doit quelques avancées majeures dans le développement de ses collections.
Grand format et poids plume
En dévoilant, en 2007, la toute première montre dotée d'un boîtier en carbone forgé, la manufacture a de nouveau démontré sa capacité à dépasser les difficultés techniques pour atteindre des performances encore inégalées en termes de résistance et de légèreté. La «Royal Oak Offshore Alinghi Team» a ainsi fait l'objet de deux années de recherche et subi une batterie de tests avant de dévoiler au public sa carrure virile et néanmoins ultralégère. Pour parvenir à produire une montre grand format au profil aussi sportif que masculin, tout en garantissant un poids plume de seulement 100 g, Audemars Piguet a mis sur pied une petite équipe de chercheurs qui, dans le plus grand secret et avec un esprit digne d'une «start-up», ont conjugué leurs efforts pour réussir à maîtriser le travail du carbone, matériau inattendu dans l'horlogerie et connu jusqu'ici pour son utilisation dans la fabrication de pièces de grande taille dans l'industrie aéronautique. Très rapidement, en approfondissant leurs recherches, les horlogers du Brassus ont découvert un nouveau concept alliant la technologie du forgeage à la mise en oeuvre du carbone et baptisé carbone forgé.
Polissage prohibé
Grâce à ses hautes performances mécaniques, à sa très haute tenue chimique, à son excellente résistance aux chocs et à sa légèreté, le carbone forgé a été retenu comme étant le matériau le plus innovant pour habiller le chronographe «Royal Oak Offshore Alinghi Team». Une première mondiale tout à fait spectaculaire compte tenu de la complexité de sa mise en oeuvre. Impossible en effet de polir le carbone forgé. Le boîtier de ce nouveau chronographe se devait pourtant de présenter toutes les caractéristiques d'une «Royal Oak» classique.
Comment, dès lors, réaliser une boîte résistante sur tous les axes, présentant des angles vifs et un état de surface parfait? Autant de questions techniques auxquelles les horlogers d'Audemars Piguet ont su apporter des réponses. Dans un premier temps, ils ont mis au point les matrices en acier de la carrure et de la lunette, à l'intérieur desquels ils ont placé un assemblage de fils de carbone avant de les comprimer à haute température sur des pressions dépassant 300 kg/cm². Une pression phénoménale, celle généralement exercée ne dépassant pas quelques kilos par cm²!
Dans un deuxième temps, Audemars Piguet a déployé tout son savoir-faire d'usinage acquis précédemment, grâce à des années de pratique dans la fabrication de ponts et de platines de mouvements en carbone. L'intérieur du boîtier et la reprise des différents perçages ont ainsi pu être dûment terminés. De même, l'état de surface de la boîte a pu présenter un aspect satiné légèrement irisé et un toucher très doux.
Déclinaisons extrêmes
Difficile de s'arrêter en si bon chemin quand on parvient à réaliser de telles prouesses techniques. Audemars Piguet a ainsi présenté l'année suivante une nouvelle déclinaison de son savoir-faire avec le tourbillon et chronographe «Royal Oak Concept Carbone». Un nouvel exemple de l'extraordinaire capacité de la marque à innover. Cette pièce issue de la collection iconique d'Audemars Piguet, fut en effet la toute première de l'histoire horlogère à intégrer un boîtier et un mouvement en carbone. La même année, la manufacture a réitéré ses exploits en présentant un modèle ultrasportif de la «Royal Oak Offshore » produit tout spécialement pour la première édition du Grand Prix de Formule 1 à Singapour.
A l'occasion du Salon international de la haute horlogerie 2009, la maison a dévoilé ses deux dernières innovations. Un chronographe «Royal Oak Offshore» pour homme doté d'une carrure en carbone forgé. Et, pour répondre à celles qui souhaitent des montres aussi haute technologie que les hommes: un chronographe «Royal Oak Offshore» dames paré d'un boîtier associant carbone forgé, céramique, caoutchouc et diamants. Un style chic et sportif, révélateur d'un état d'esprit. Celui de l'innovation, l'une des valeurs phares cultivées depuis toujours par les horlogers du Brassus.
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La manufacture des Forges bientôt opérationnelle
C'est une page qui se tourne dans l'histoire de la manufacture Audemars Piguet. Après deux années de chantier, pour une enveloppe budgétaire de 35 millions de francs suisses, la nouvelle manufacture des Forges, construite en plein coeur du village du Brassus, sera totalement opérationnelle fin avril. Ce bâtiment de 12 200 m2 va pouvoir réunir tous les départements de production de la marque, jusqu'alors disséminés dans divers lieux, faute de place dans l'ancienne manufacture. Un véritable tournant dont les initiateurs ne sont pas peu fiers. D'autant que, par l'entremise de la Fondation Audemars Piguet qui travaille activement pour la protection de l'environnement, ce site est le premier bâtiment industriel suisse conçu selon les standards du label Minergie-Eco®. Ce dernier garantit, outre les économies de chauffage et d'électricité, la qualité et l'innocuité des matériaux de construction pour les utilisateurs et l'environnement. Un engagement en parfait accord avec les valeurs de la maison horlogère.

Tribune des Arts - Février 2009 - No 369