Un peintre qui avance dans le passé

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C'est en perpétuant la tradition de l'encre de Chine que Liu Dan restera dans l'Histoire, à l'inverse de ces contemporains qui ne veulent que piéger les Occidentaux.
Art_325276_0Peintre contemporain, Liu Dan poursuit sans états d'âme, la grande tradition plus que millénaire de l'encre. Né à Nanjing, en 1958, il s'est formé à l'Académie Jiangsu de peinture chinoise. Une formation assez longue qui peut durer jusqu'à six années. Puis il a exploré le monde, séjournant à Hawaï, en Grande-Bretagne, à New York, avant de retourner à Pékin où il s'est établi depuis 2005.

Ce qui fait qu'il est très connu dans le monde anglo-saxon. Aux Etats- Unis, Liu Dan a participé à de nombreuses expositions et des créations sont présentes de façon permanente au Musée de l'Université Harvard et au Brooklyn Museum de New York. Dans le courant de l'année, c'est l'Université de Princeton qui lui ouvre ses portes. En attendant 2010 et le Musée des beaux-arts de Boston.

OEuvres inspirées de la nature Liu Dan est aussi reconnu par ses pairs, les «vrais» peintres chinois. Son inspiration, il la puise en partie dans la spiritualité de son pays et dans l'observation de la nature, ce qui se traduit par des paysages, des fleurs et même des champignons.

Observateur fin et attentif de tout ce qui l'entoure, il est aussi très réceptif à la culture occidentale. «Je me rappelle très bien de l'émotion qui s'est emparée de lui, lorsque, au cours d'un séjour à Paris, il s'est arrêté en contemplation, devant les Nymphéas de Monet à l'Orangerie. Ce qui me touche en lui, c'est que c'est un être tout à fait exceptionnel, de la même trempe que ses ancêtres, comme les lettrés et les artistes», affirme le sinologue André Kneib, un de ses apôtres en France.

Il est également parfois présent dans les ventes aux enchères. Ink Landscape II, s'est vendu 67 000 dollars chez Sotheby's New York, le 17 mars 2008, et Untitled, 250 000 dollars chez Sotheby's Hong Kong, le 9 avril 2008. Il restera dans l'Histoire Liu Dan est-il donc un peintre pour les «happy few»? D'autant plus qu'il produit très peu, pas plus de six à sept oeuvres par année. André Kneib s'insurge: «C'est l'un des plus grands artistes contemporains.

Dans deux siècles, quand on fera une anthologie de l'art chinois, Liu Dan figurera en bonne place, avec au moins une page pour représenter l'art chinois des XXe et XXIe siècles.» Tout le contraire, poursuit-il, de ces artistes contemporains «qui tournent dans leur bulle artificielle comme des hamsters dans leur cage, en présentant des sous-produits lamentables pour piéger les Occidentaux.»
M. B.


Tribune des Arts - Février 2009 - No 369