Il promeut l'art indien contemporain

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A New Delhi, Anupam Poddar, 34 ans, vient de créer une fondation sans but lucratif. Unique.
L'art contemporain indien vole déjà de succès en succès. Occupant le devant de la scène artistique, il entre dans le circuit du luxe et fait déjà des records dans les salles de vente, en Inde, mais aussi à Londres, Paris et New York. Il y a trois ans, une peinture de Sayed Haider Raza, né en 1922 en Inde et installé en France, a été un des tout premiers tableaux à dépasser la barre symbolique du million de francs. Et Artcurial, à Paris, a organisé sa première vente d'art indien en décembre dernier. Une réussite.

 

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Le milliardaire indien Anupam Poddar possède une des plus importantes collections d'art indien; près de 7000 oeuvres.
Or, voici qu'un milliardaire indien vient de créer une fondation où il présente un panorama de l'art indien contemporain, mais sans but lucratif. Anupam Poddar, 34 ans, est le descendant de la communauté des Marwanis, au Rajasthan, dont beaucoup de ses membres ont été actifs, au cours des siècles, dans la finance et dans le prêt. Sa famille a bâti sa fortune sur l'industrie du papier, dans le sud de l'Inde. Elle exploite aussi un hôtel de luxe dans les environs d'Udaipur, le Devi Gard, au style dépouillé mais dans lequel les traditions locales sont magnifiées. Impressionnante collection Aujourd'hui, Anupam Poddar possède, avec quelque 7000 oeuvres, dont 2000 contemporaines, de l'art tribal et des textiles anciens, une des plus importantes collections d'art indien. «Ce projet est un luxe, déclare-t-il. Il arrive dans un contexte où la majorité des amateurs achètent à des fins spéculatives. » Cet ensemble représentatif de tout le sous-continent indien, y compris du Pakistan et du Sri Lanka, se veut, selon ses propres termes, une passerelle pour favoriser le dialogue entre les différentes communautés. A New Delhi, il a disposé des oeuvres et installations sur plusieurs étages de sa villa nichée au coeur de la verdure, dans le quartier de Gurgaon en plein développement économique. Ce, en compagnie de sa mère Lekkah qui avait initié la collection à la fin des années septante et que lui continue avec sa sensibilité propre et en tenant compte des mutations des goûts. Sa première acquisition personnelle, en 1999, fut une vache en taille naturelle et en fibre de verre, de Subodh Gupta. Dans la salle à manger, c'est un curieux dinosaure, constitué de 2006 pièces et courant après une Jaguar, qui vous accueille. Une oeuvre originale de Sudarshan Shetty. Vers un musée encore plus grand En août dernier, couronnement de ses rêves, Anupam Poddar a ouvert sur le site même du groupe familial, la Devi Art Foundation. Le jeune architecte Aniket Bhagwat a conçu un édifice réparti en deux ailes, tout en courbes, en briques et métal rouillé. Un des plus beaux bâtiments qui aient été construits en Inde depuis l'Indépendance pour accueillir de l'art. Cinq collaborateurs s'occupent quotidiennement de la collection et l'édifice ne suffit déjà plus à contenir l'ensemble. Rien d'étonnant donc si Anupam Poddar a en projet un musée encore plus grand, toujours à New Delhi, tandis que l'actuel deviendrait le siège administratif de la fondation. En attendant, il présente en une exposition qui sera renouvelée tous les trois mois, des photos et des vidéos sur les mutations de l'Inde contemporaine. M. B.

Subodh Gupta, la star montante
En 2007, une de ses oeuvres trônait sur le Grand Canal à Venise, devant le Palais Grassi. Il s'agissait de Very Hungry God, un crâne géant constitué d'ustensiles de cuisine assemblés, propriété de Bernard Arnault. Ce fut la plus belle des vitrines pour la star montante de l'art contemporain indien, Subodh Gupta. Né en 1964 dans l'Etat de Bihar, il vit et travaille à New Delhi, et expose dans le monde entier. Peinture, vidéo, sculpture, photographie, performance… L'artiste s'exprime à travers de nombreux moyens. Il s'approprie les avatars de la culture indienne pour questionner les notions d'identité individuelle, le fondement politique de la nation, les mutations de la société. Et le 16 septembre dernier, une de ses huiles, Steal 2, de 2007, a dépassé le million de dollars à New York, à 1,1 million, chez Christie's.

 

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Subodh Gupta, Very Hungry God, 2006. Venise, devant le Palazzo Grassi.
 
TRIBUNE DES ARTS - NOVEMBRE 2008 - No. 366