Osvaldo Patrizzi, fondateur de la société genevoise Antiquorum
C'est une tendance encore marginale dans le secteur de l'horlogerie de luxe, mais elle est promise à un bel avenir. D'un bijou perfectionné donnant l'heure avec précision, la montre se transforme aujourd'hui en véritable placement financier. Au même titre que la pierre ou encore que des blue chips. L'horlogerie suisse seraitelle devenue une valeur aussi sûre que l'industrie pharmaceutique? «On observe ces mouvements spéculatifs depuis quelque temps déjà, concède Jérôme Lambert, directeur général de la marque Jaeger Lecoultre. On trouve d'un côté des investisseurs très au fait des valeurs du marché, et de l'autre des amoureux de belles montres qui se livrent à leur passion car ils savent qu'ils peuvent un jour la revendre avec un bénéfice ».
Une situation qui rappelle le boom du marché de l'art d'il y a quelques années mais qui détonne tout de même dans l'univers très exclusif des collectionneurs. Car après tout, l'acquisition d'une montre obéit souvent à des critères irrationnels. Difficile, ensuite, de s'en séparer. Mais Osvaldo Patrizzi, fondateur de la société genevoise Antiquorum, aujourd'hui leader mondial des enchères horlogères ne s'en formalise pas. «Nous nous situons ici sur le terrain du haut de gamme, où les garde-temps ont un prix relativement élevé. Dans ce cadre, il est évident que l'on pense à un placement», remarque-t-il.
Plus value intéressante
Et le spécialiste d'expliquer également l'engouement des investisseurs par la production limitée de certaines marques ou encore la difficulté qu'éprouvent les manufactures à répondre à la demande. Et si le prix de départ d'une montre peut paraître élevé (ndlr. entre 1000 francs et 6 millions), son capital paraît facilement monnayable.
En témoignent les récentes ventes aux enchères qui ont eu lieu ces derniers jours à Genève (lire nos éditions précédentes). Réservées aux marques de renom, les plus belles affaires ont été faites dans le secteur horloger, certaines pièces rares ayant été adjugées à plusieurs millions. «Il faut en général 5 ans pour qu'un garde-temps acquière une plus value intéressante. Le profit dépend ensuite de la marque, de la rareté et de l'état de la montre.» Entre 5 et 20% en moyenne selon les dernières statistiques. Alors que Patek Philippe et Rolex s'affichent comme les locomotives du marché, Vacheron Constantin, Audemars Piguet, Bréguet, Jaeger Lecoultre ou encore Panerai suscitent depuis quelques années de plus en plus d'intérêt. Sans oublier la marque Journe, grand prix de l'horlogerie de Genève 2006 qui, malgré son arrivée récente sur le marché, atteint des sommets lors des mises à l'encan. Autant de signaux dévoilant le potentiel important de pièces horlogères dans un portefeuille varié
Discrétion
Et une vague sur laquelle Antiquorum a décidé de surfer. Disposant déjà sur sa plateforme internet d'une base de données recensant plus de 46'000 montres vendues aux enchères, l'entreprise genevoise vient de développer un système offrant aux collectionneurs la possibilité d'estimer la valeur de leur patrimoine. Baptisé «My collection», le logiciel est relié à la base de donnée mise à jour quotidiennement. En inscrivant la typologie de ses pièces, le propriétaire obtient ainsi en temps réel une vision graphique de la valeur de sa collection. Un procédé unique au monde. «Notre base de donnée examine et compare le degré de qualité de chaque montre pour déterminer sa plus value», éclaire Osvaldo Patrizzi.
Gratuit, ce nouveau service d' Antiquorum débutera dès le printemps 2007 et sera entouré d'un maximum de discrétion. «Il s'agit de répondre aux exigences de notre clientèle -environ 35'000 collectionneurs – dont une partie peut acquérir facilement des pièces à 500'000 francs», note enfin le fondateur. Forts de ces conseils, il ne vous reste plus qu'à démarrer votre collection de montres. Dernière précision: afin de pouvoir jouer dans la cour des grands et espérer obtenir un profit à terme, les experts recommandent d'acquérir entre 100 et 200 pièces. Au minimum.
La folie Patek |
Patek Philippe ref. 2523 HU «World Time», fabriquée en 1953 et adjugée en avril dernier à 2 250 000 francs. Un record mondial pour cette référence. (ANTIQUORUM)
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Platinum Patek Philippe «Ref. 5004 P», chronographe étanche, calendrier perpétuel, adjugé 204 800 dollars chez Antiquorum New York en septembre dernier. (ANTIQUORUM)
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Platinum Patek Philippe «Ref. 5004 P», chronographe étanche, calendrier perpétuel, adjugé 204 800 dollars chez Antiquorum New York en septembre dernier. (ANTIQUORUM) |
Tribune de Genève / Florence Noël / www.tdg.ch
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