Accusation attendue cette année

2 minutes read
Une quarantaine de personnes sont inculpées dans cette affaire
L'affaire Jaquet connaît une nouvelle étape quatre ans après l'arrestation de l'horloger déchu et d'une douzaine d'autres personnes. L'instruction est terminée. Le procureur espère prendre les prochaines décisions d'ici la fin de l'année.

Une quarantaine de personnes sont inculpées dans cette affaire de falsification de montres aux multiples ramifications, y compris un brigandage et un vol d'or, qui a secoué le monde horloger neuchâtelois en automne 2003. Avec 76 classeurs et quelques cartons de pièces annexes, le volumineux dossier rend la tâche du Ministère public lourde.


Le choix de la juridiction


Plusieurs solutions s'offrent au procureur, selon les délits qu'il retiendra finalement sur l'acte d'accusation: tribunal de police, correctionnel ou les assises. L'affaire pourrait déboucher sur plusieurs procédures. Elle pourrait aussi faire l'objet d'un énorme procès unique devant le Tribunal pénal économique, seulement composé de trois juges professionnels.
Jean-Pierre Jaquet a été arrêté en octobre 2003, soupçonné de brigandage, recel et falsification de marchandise. Il a passé 14 mois en détention préventive. On lui reproche notamment d'avoir commandité l'attaque en janvier 2002 d'un convoyeur de boîtiers en or destinés à Rolex. L'enquête a aussi porté sur le vol de 12 kilos d'or horloger.


"Vraies fausses montres"


En toile de fond de l'affaire Jaquet figure aussi la décision de Swatch Group de ne plus livrer d'ébauches aux manufactures, mais seulement des mouvements terminés. Cette stratégie était destinée, selon Swatch à lutter contre les contrefaçons.
Cela a gêné la marche des affaires de nombreux fabricants de montres à complication comme Jaquet SA. Ce serait ainsi le point de départ d'un commerce de "vraies fausses montres", à savoir de montres contrefaites à l'aide de pièces authentiques.
A l'issue de sa détention préventive, Jean-Pierre Jaquet avait déclaré à ce sujet qu'on le considérait à tort comme le point de ramification de plusieurs délits faisant l'objet d'une instruction dans le milieu horloger. Chef d'entreprise "autodidacte", il avait admis néanmoins des irrégularités dans la gestion de sa société.

Deux fois condamnés


Son avocat Fredy Rumo affirmait pour sa part que les soupçons pesant sur son client découlent de son passé d'antiquaire condamné à deux reprises pour recel. Jean-Pierre Jaquet a subi en effet deux ans de prison dans les années 80 et une année de détention au début des années 90.
En 1995, devenu horloger, il s'est allié à Ernst Thomke, ancien responsable du groupe Swatch, pour assumer une participation majoritaire au sein de l'entreprise British Maslers (BM). Les produits de cette société d'horlogerie de haut de gamme étaient fabriqués presque exclusivement par Jaquet SA.